©AG2R La Mondiale

AG2R-La Mondiale quitte la voile

Menace sur la Transat reliant Concarneau et Saint-Barth. Tout le monde l’attendait, l’annonce est enfin officielle : le groupe AG2R La Mondiale se retire, après 28 ans de sponsoring,  pour se concentrer uniquement sur le cyclisme. Les organisateurs espèrent maintenir une course en 2021.

Annulée en raison du Covid-19, l’édition 2020, qui devait voir courir le duo favori de Saint-Barth, Miguel Danet et Eric Péron, a été reportée en 2021, à la même période (fin avril début mai). Mais Covid ou non, la Transat 2021 est menacée.
C’était dans les tuyaux depuis des mois voire des années. Le sponsor qui a donné son nom à la course, AG2R-La Mondiale, a confirmé officiellement qu’il se retire de la voile pour se consacrer pleinement au cyclisme. « L’engagement d’AG2R La Mondiale dans la voile restera dans nos mémoires une formidable aventure sportive et humaine », écrit le groupe.

Une course « indispensable »
L’organisateur de la course, OC Sports Pen Duick, ne compte pas abandonner pour autant. « Le circuit Figaro a deux événements majeurs qui sont la Solitaire du Figaro et la Transat en double, deux courses indispensables pour le rayonnement et la croissance de la classe. Donc, nous avons pris la décision de maintenir l’organisation de la Transat dès 2021 car on ne peut pas laisser la classe Figaro quatre ans sans grande transat », explique le directeur général au quotidien Le Télégramme (OC Sports Pen Duick est une filiale du groupe Télégramme).
Les équipes doivent donc relever le défi de trouver un nouveau sponsor principal pour remplacer AG2R, et maintenir la course dans quelques mois telle qu’elle était prévue. Si en Bretagne, les élus et partenaires sont très attachés à conserver le départ à Concarneau, à Saint-Barth, le maintien ou non de l’arrivée de cette course pourrait faire débat. Le Président de Saint-Barth Bruno Magras a plusieurs fois fait preuve de scepticisme quant à la pérennisation de cet événement. Son frère Michel Magras, ex-sénateur de Saint-Barth, en est au contraire un fervent défenseur de la régate en double.   
Fin 2019, Bruno Magras évoquait la Transat, au cours d’un aparté sur la générosité de la Collectivité et la nécessité de serrer la vis (JSB 1344) : «On a une manifestation qui coûte, l’AG2R. Les socioprofessionnels, les hôteliers en particulier, ne veulent pas même donner une chambre! Alors personnellement je commence à serrer les boulons sérieusement », disait-il. La Collectivité soutient financièrement et/ou matériellement tous les événements nautiques de Saint-Barth, à différents degrés. La Transat est l’événement le plus coûteux. Pour l’édition 2018, la Collectivité a versé 110.000 euros à OC Sport, plus une enveloppe au CTTSB pour l’organisation et l’animation du village arrivée. Or si les retombées économiques des Voiles de Saint-Barth et de la Bucket Regatta sont très visibles et touchent directement le coeur de cible touristique de Saint-Barth, c’est un peu moins le cas de  la Transat AG2R, malgré sa grande visibilité. Toutefois, l’événement participe à montrer à l’extérieur un Saint-Barth  différent, une facette sportive et populaire. Elle honore la tradition marine de l’île. Et elle est très appréciée des locaux.
Alors le Président va-t-il suivre le désengagement d’AG2R, ou en tout cas ouvrir le débat ? « Trop tôt pour répondre à votre question », répond-il. « Ceci étant, il est évident qu'il faudra faire un choix. La Collectivité ne pourra pas participer financièrement à toutes ces manifestations sans se préoccuper de l'avenir économique incertain qui pèse sur l’activité touristique de l’île. »

Journal de Saint-Barth N°1392 du 07/10/2020

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