La tribu d’Hoboki

Hoboki expose ses œuvres dans la mini-galerie de Pati, accolée à la boutique Saint-Barth French West Indies à Saint-Jean, jusqu’à début mai. Un original.


Une chose ressort du discours d’Hoboki : l’école classique de l’art, qui l’a formé, il en a par dessus la tête. Les règles de symétrie du visage, de perspective, le réalisme, très peu pour lui. « Faire un portrait, aujourd’hui, ça ne m’intéresse plus. » Pour se détacher des nomenclatures artistiques, il lui a fallu du temps et une rencontre. Avec les arts premiers chers à Jacques Chirac, au musée parisien du quai Branly. Résultat dans l’atelier d’Hoboki : quaelques toiles, une galerie de personnages sculptés aussi gais qu’inquiétants, et les « îles », ces tableaux en trois dimensions faits de morceaux de traverses de chemin de fer.

La récup’, c’est le point numéro 1 de l’art d’Hoboki. Particulièrement visible dans ses sculptures faites de chutes de bois, de morceaux de palmiers et de lataniers. Mais une fois sa galerie de personnages terminée, du juge au vieillard, en passant par la danseuse, il manquait quelque chose… Hoboki a alors imaginé une petite histoire, rédigé une fiction mettant en scène chaque individu. Il entraîne le visiteur dans le récit d’un explorateur imaginaire, l’Italien Domenico Fontanarossa, qui serait tombé sur toutes ces personnalités en découvrant l’île de Saint-Barthélemy, quelques siècles plus tôt… Avocat de profession, Hoboki n’oublie pas les détails qui tuent. « L’homme au chien ne s’exprime que par métaphores. Ce qui doit être assez agaçant », explique-t-il, désignant un petit bonhomme coiffé de feuilles de palmiers séchées. Il raconte à la manière d’un enfant qui inventerait un scenario pour jouer avec ses figurines. « Oui, peut-être… La spontanéité de l’enfant est très difficile à retrouver. » Libéré du carcan du réalisme, c’est comme s’il s’élançait sur la piste de danse après des mois passés à s’exercer à la barre.

Lui qui renâcle à se qualifier d’artiste, craignant un excès de pédanterie, aime entendre les commentaires des visiteurs sur son travail, même –surtout ?- quand ils sont éloignés de ce qu’il en pense. Il fait preuve de la même simplicité quand on l’interroge sur l’origine de ce nom japonisant, Hoboki. « Un ami me l’avait suggéré quand je cherchais un pseudonyme. Je lui ai répondu : “mais d’où tu sors ça ?” Il m’a dit : “Je sais pas”. Mais ça m’a plu. » Parfois, ce n’est pas plus compliqué que ça.


> Exposition “Islanders” à voir dans la Pati’s galerie à Saint-Jean jusqu’à début mai. Visite en compagnie de l’artiste sur demande à artistsofstbarth@gmail.com.

Journal de Saint-Barth N°1323 du 11/04/2019

Hissez les Voiles
Justice
François Baroin
Permis de construire
Arthur roman photo
Hoboki

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