Le Figaro 3, plus dur et plus stratégique

Photo > Bravo Rico ! Eric Peron, partenaire privilégié de Miguel Danet dans la Transat AG2R (2008-2018), a remporté la quatrième et dernière étape de la Solitaire Urgo Le Figaro. C’est Yoann Richomme, également un habitué de l’AG2R, qui s’impose au classement général et remporte l’épreuve. © Alexis Courcoux

 

La Solitaire Urgo Le Figaro, première grande course du nouveau bateau Figaro 3, s’est terminée avec une victoire d’étape pour Eric Péron et a été remportée au général par Yoann Richomme. A terre, les marins donnent leurs impressions sur le dernier né de Bénéteau.

 

La course, fréquentée pour cette première du Figaro 3 par les étoiles montantes de la voile comme par les vieux loups de mer, aura été riche en rebondissements. Et en enseignements sur ce nouveau navire, qui traversera l’Atlantique jusqu’à nous en 2020. La classe Figaro a débriefé au terme de la Solitaire sur les anicroches constatées au fil de la course dans la Manche : “Une des grandes questions qui reste en suspens est de solutionner les problèmes d’algues qui restent accrochés dans le long voile de quille dont la verticalité rend inopérante les cordes à nœuds. Sur la dernière étape, la direction de course a dû interrompre à la VHF les séances de plongée (les skippers avertissent lorsqu’ils se mettent à l’eau pour dégager les algues) tellement les appels étaient nombreux…”


Un côté bourrin

Les skippers décrivent un bateau éprouvant à la manœuvre. Damien Cloarec, 28e au général, raconte : « Il y a du travail pour qu’il soit moins sollicitant parce que tu dépenses une énergie folle pour faire des trucs habituels : régler la bordure, c’est dur, border la grand-voile, c’est dur, reprendre une écoute de gennaker, c’est dur. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir l’état des mains des concurrents ! On avait les mains en vrac avant aussi, mais pas à ce niveau. Et puis il y a des problèmes de dos : d’abord à cause de la position très basse pour régler les voiles, ensuite parce que le Figaro Bénéteau 3 tape beaucoup dans la mer à cause de ses formes d’étrave. Même dans le petit temps. C’est un bateau “traumatisant”, dans le sens où on se fait mal physiquement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur où c’est mal agencé pour “matosser” par exemple. Il va falloir trouver des solutions pour amener le matériel en avant de la cloison de mât : on ne va pas porter tout le temps des genouillères et un casque ! »

« Moi qui viens du circuit Mini 650, où le fait d’être une femme ne change rien, en Figaro 3, c’est une autre histoire. C’est beaucoup plus dur. On a plus de voiles, qu’on change plus souvent. On manœuvre donc plus et le plan de pont, où tout n’est pas démultiplié, rend l’exercice plus physique. ça a parfois un côté bourrin », explique la navigatrice Clarisse Crémer au Télégramme. Son homologue Justine Mettraux renchérit sur la difficulté particulière posée aux navigatrices : « Tous les coureurs, même ceux qui ont un gros gabarit, disent que le Figaro 3 est plus physique. C’est dommage si les femmes rechignent à venir sur le circuit à cause de cette barrière. Moi, j’ai la chance d’avoir un grand gabarit, donc je le paie moins que les autres femmes. Cela dit, on peut adapter le bateau pour le rendre plus accessible aux femmes. Maintenant que je suis à la Classe Figaro, je vais consulter toutes les filles. J’ai déjà des idées pour nous simplifier la vie, réduire les efforts ici ou là ».

 

Les cartes rebattues

Une épreuve plus physique et une stratégie remise à plat selon Loïck Peyron, 60 ans, 24e au classement général, qui s’est dit « cramé » à l’issue de la Solitaire : « Avec l’ancien bateau (Figaro 2) la course était tout autant disputée, mais c’était celle du petit pécule de temps. Parfois cela se jouait à une dizaine de secondes. Or, on parle en heures cette année. Avec l’ancien bateau on capitalisait à l’ancienne, à l’économie. Bien sûr les “coups” existaient : ils étaient le fait de “desperados” qui savaient que, de toute façon, ils ne pouvaient pas perdre davantage et tentaient des bords inouïs, parfois payants », détaille-t-il au Monde. « Aujourd’hui la singularité me semble plus développée. Les portes sont plus ouvertes. Le caractère grégaire, comme les éléphants de Babar qui se suivaient, en guettant l’erreur de celui qui vous devance pour le passer et grappiller du temps au général, n’est pas forcément la stratégie gagnante. » On a hâte de voir ça sur la Transat AG2R 2020. 


JSB 1333




Journal de Saint-Barth N°1333 du 04/07/2019

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