Les soldats du feu se jettent à l’eau

La montée en puissance des sapeurs-pompiers de Saint-Barth se poursuit. Plusieurs d’entre eux se sont spécialisés dans le sauvetage nautique, à l’issue d’un stage en mer la semaine dernière. Embarquement pour une simulation de récupération d’un naufragé.

La plage de Public est vide en raison d’une alerte méduse. Pas de quoi freiner les sapeurs-pompiers de Saint-Barthélemy qui terminent, cette semaine, leur formation de sauveteur aquatique. Combinaison intégrale, palmes, casque, et c’est parti ! On traverse la baie de Public direction les Petits Saints. Le scenario choisi pour cet entraînement rappellera des souvenirs de Gonzalo à certains... Une victime s’est réfugiée sur l’îlet, il faut la récupérer mais le ressac rend l’abordage risqué. Perchée sur un rocher elle agite les bras dans notre direction. Bon, aujourd’hui la mer est calme, le zodiac Oversea des pompiers n’aurait pas de mal à se frotter à la roche. Mais on fait comme si. Deux soldats du feu se mettent en position d’assaut sur l’embarcation : couchés sur les boudins, prêts à bondir, et on fonce vers les Petits Saints. Virage serré, un pompier se jette à l’eau et monte sur l’îlet en moins de deux. Il est relié au bateau par une cordelette. La victime est mise en sécurité, ils sautent ensemble à la mer, et on les extrait de la zone dangereuse en s’éloignant des îles. Vite ramenés grâce à la cordelette, ils remontent à bord en quelques secondes, et hop, tout le monde est sauf.

Risque élevé
sur une île très peuplée

Trois formateurs (le capitaine du Sdis 34 Jean-Pierre Lavilleneuve, le sergent-chef Antoine Amilhau et l’adjudant Florian Pagès) sont venus de l’Hérault pour encadrer les pompiers de Saint-Barth désireux de devenir spécialistes en sauvetage nautique. Sept volontaires et professionnels ont passé le niveau 2 de ce diplôme (SAV 2) qui en compte trois. L’échelon le plus élevé (SAV 3) a été obtenu par Willy Maxor et Patrick Blanchard, qui pourront à leur tour former leurs homologues pompiers à l’avenir. « Ils sont très physiques, très motivés et très bien préparés ; ils nous ont épuisé sur ce stage ! » commente Jean-Pierre Lavilleneuve. « Le risque nautique est élevé ici ; chez nous, il dure deux mois, mais à Saint-Barthélemy c’est toute l’année. Sans parler de l’augmentation de la population sur l’île durant la saison touristique », poursuit le capitaine. «L’équipe de sauvetage aquatique pourra mener des opérations de secours du début à la fin, jusqu’à 300 mètres des côtes, et 24 heures sur 24 », se félicite le patron de la caserne locale, le lieutenant Christophe Laurens. Sur un petit territoire encerclé par la mer, les noyades sont régulières, les accidents nautiques aussi. Plusieurs personnes ont été secourues aux piscines naturelles, d’autres se sont blessées après un saut depuis un rocher… « En 2019 nous avons mené une quinzaine d’interventions nautiques. Et nous recevons de plus en plus d’appels pour ce type d’incident. »

Jeudi soir, les pompiers ont procédé à un autre entraînement, en lien avec la SNSM, les sauveteurs bénévoles en mer. Scenario : une annexe surchargée se retourne au large de la baie de Corossol, il faut porter secours à de multiples victimes en même temps. Des exercices conjoints que le lieutenant espère réitérer, dans une logique de complémentarité. «Nous devons réunir nos forces et travailler ensemble. »
Le bateau des pompiers, un zodiac Oversea de 2001, doté d’un moteur 40cv et équipé spécialement pour le secours, devrait être remplacé par la Collectivité. Ensuite, la professionnalisation des pompiers de Saint-Barth se poursuivra. Avec comme prochaine spécialisation, l’intervention incendie à bord des navires.

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Journal de Saint-Barth N°1398 du 18/11/2020

Recrudescence des cas de Covid
Méduses
Pompiers en mer