Réunis mardi dans le Village de la Transat, les pêcheurs professionnels de Saint-Barth ont réfléchi à la création de leur Comité des pêches en présence de Bruno Magras.

La création du Comité des pêches soutenue par Bruno Magras

Réunis mardi dans le Village de la Transat en Double par la Cem afin d’échanger sur la création du Comité des pêches de Saint-Barth, les marins-pêcheurs de l’île ont reçu la visite et l’appui du président de la Collectivité.

Les marins-pêcheurs de Saint-Barth multiplient les rencontres afin de créer leur Comité des pêches. Une première pour les professionnels de l’île qui n’ont jamais bénéficié localement d’une telle structure. En effet, pendant longtemps, ils étaient affiliés au Comité de Guadeloupe. Le passage de la Collectivité en PTOM (Pays et territoire d’Outre-mer) en 2012 a entraîné de nombreuses évolutions qui permettent désormais aux pêcheurs d’envisager l’instauration d’un Comité local à la réglementation spécifique. Aussi, mardi en fin d’après-midi, une dizaine de professionnels se sont réunis dans le Village de la Transat en Double afin d’échanger sur le projet. Un débat organisé par la Chambre économique multiprofessionnelle (Cem), en présence du président de la Chambre de commerce et d’industrie de Bretagne Ouest, Jean-François Garrec. Mais également d’un invité surprise, Bruno Magras.

« Les élus ont besoin d’interlocuteurs solides »
Alors que les échanges ont débuté depuis près de 45 minutes, le président de la Collectivité fait son apparition sur la scène. Il prend place au côté de Jean-François Garrec. « La pêche est notre seule véritable production locale, déclare Bruno Magras. Donc il nous faut une organisation professionnelle. Sans cela, on ne pourra pas continuer au même rythme. La Collectivité a un rôle à jouer et elle le jouera. »
Le président de la Collectivité évoque notamment la possibilité de profiter des relations entretenues avec la CCI Bretagne pour envoyer des jeunes se former dans l’Ouest de l’Hexagone. Mais il insiste quant à la nécessité de voir naître un Comité : « Les élus, quels qu’ils soient, ont besoin d’interlocuteurs solides. Quatre ou cinq gars avec qui discuter, se comprendre, s’entendre. Après, toutes les idées sont bonnes à prendre. Mais la clef, c’est vous qui l’avez. Vous devez trouver la bonne formule, celle qui vous convient.  De son côté, la Collectivité est prête à vous écouter mais je ne souhaite pas qu’elle ait la moindre autorité dans le Comité. A vous de saisir cette opportunité, de créer une structure locale qui ne vous mette pas sous les statuts d’une autre entité nationale. »

« Valoriser notre pêche »
Par ailleurs, le président de la CCI Bretagne, Jean-François Garrec, a exposé la situation de la pêche dans sa région. Il en a dessiné les contours, soulignant à plusieurs reprises : « Je suis conscient que ce n’est pas le même fonctionnement qu’ici. » Une manière de rassurer les pêcheurs de Saint-Barth qui n’imaginent évidemment pas importer le système d’industrialisation et de commercialisation actuellement en vigueur en Bretagne.
De fait, avant que Bruno Magras ne s’immisce au sein de la « table ronde », les pêcheurs avaient lancé différentes pistes et formulé de nombreuses hypothèses sur les orientations à donner à leur filière. Des échanges souvent contradictoires, comme le veut le principe d’une telle réunion, et des réflexions qui fusent un peu dans tous les sens. « A la différence de la Guadeloupe, on est une toute petite île avec un gros plateau », souligne un jeune pêcheur. « On ne veut pas que la flotte augmente, affirme un autre. On est déjà une cinquantaine, c’est assez. Ce que l’on veut c’est avoir une structure solide pour évoluer. On ne veut pas industrialiser notre pêche mais on veut la valoriser. » La perspective d’une unité de transformation paraît donc s’inscrire dans cette optique. Même si certains se montrent sceptiques : « C’est un beau projet de quai mais j’espère que ça ne sera pas pour dans huit ans... »

« Penser pêche durable »
Une large casquette vissée sur la tête, un jeune marin avance sa conception de l’évolution de la pêche à Saint-Barth. « Le but, ça doit être de pêcher moins et de gagner plus, lance-t-il. Pour passer plus de temps en famille, ne pas se ruiner la santé sur le bateau et ne plus avoir à toujours investir dans de nouvelles machines. Il faut penser pêche durable. On pourrait imaginer la création d’un label, avec des règles strictes à respecter. » Plusieurs de ses collègues acquiescent, d’autres restent dubitatifs.
Le mercredi 16 juin, les pêcheurs vont entériner la création de leur Comité en procédant à l’élection du bureau. Avec l’aide de quelques « anciens » et, bien entendu, de la Cem. Une première étape décisive avant d’imaginer de nouvelles orientations.

 

Journal de Saint-Barth N°1426 du 03/06/2021

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