Une sculpture du “Cucaracha”, l’avion fétiche de Rémy De Haenen, installée à Saint-Jean

A loccasion dune exposition qui se tiendra dans quelques mois au musée territorial, la Collectivité investit dans la conception dune sculpture représentant le Cucaracha, avion de Rémy de Haenen.

 

L’Arawak, son lambi, l’iguane et le pélican du rond-point de la Tourmente sont devenus incontournables des photos souvenirs de Saint-Barthélemy. Dans la même lignée, une nouvelle œuvre d’art va être installée de façon permanente, près de l’aéroport à Saint-Jean.

 

La Collectivité investit dans la réalisation d’une sculpture représentant le Cucaracha, l’avion emblématique de Remy de Haenen. Elle sera installée près de l’aéroport, du côté du petit parking où stationnent les voitures en vente, en face des Galeries du Commerce. Le conseil exécutif a déjà validé l’achat du matériel nécessaire à la confection de la sculpture pour 15.600 euros. L’artiste Silvio Dias, qui a notamment réalisé l’oeuvre qui trône au milieu du hall de la Collectivité, fait don de son savoir faire. La Collectivité compte ainsi « mettre en lumière un symbole fort dans l’esprit populaire, l’aviation », et remémorer «le premier atterrissage sur l’île et le début du désenclavement de Saint-Barthélemy par les airs ». L’œuvre d’environ 2 mètres sur 2 mètres doit être inaugurée en décembre, parallèlement à la fin des travaux du parvis du Wall House et à une exposition temporaire au musée, intitulée “A la découverte de Saint-Barth par la mer et par le ciel”.

 

Acheté 2.500 dollars à Porto Rico en 1944

Le Cucaracha était le premier avion de Rémy de Haenen, acheté en 1944 à Porto Rico. Le jeune pilote a alors 28 ans, et son commerce maritime fonctionne à plein régime. Cet avion biplace, un Rearwin Sportster qu’il acquiert auprès de la distillerie Brugal Rum avec un second appareil récupéré pour ses pièces détachées, lui coûte 2.500 dollars. « Sa particularité tenait au fait qu’il était propulsé par un moteur de cinq cylindres en étoile de licence française Leblond de 85 chevaux fabriqué en Amérique. Son propriétaire originaire de Saint-Domingue l’avait peint en rouge et appelé Cucaracha, nom qu’il gardera par la suite », raconte Tristan de Haenen, petit-fils de l’ancien maire, dans “The Flying gentleman” (*). Le Cucaracha est le premier avion à se poser à Saint-Barthélemy, début février 1945. « Après avoir demandé l’autorisation à monsieur Hippolyte Lédée, le propriétaire de cette savane, je vais me présenter sans prévenir personne au Col de la Tourmente quelques jours plus tard. Sunny est avec moi installé à l’arrière de Cucaracha pour compenser le poids du moteur à l’avant. Après deux passages pour faire fuir les moutons, je me suis posé tout à fait normalement comme si j’avais fait ça toute ma vie. Je vais recommencer plusieurs fois les jours suivants histoire de perfectionner le style »… Un an plus tard, Rémy de Haenen fonde la CAA, Compagnie Aérienne Antillaise, basée sur l’île sauvage de Tintamarre qu’il a fait défricher pour construire une piste d’atterrissage. Cet isolement choisi lui permet de passer outre pas mal de contraintes administratives. Il invente un système d’immatriculation fictif pour ses avions. Le Cucaracha est siglé FWIAA, sans que cela n’ait aucune valeur officielle. Il vole néanmoins, la CAA achète d’autres avions et se développe entre Tintamarre, Saint-Barth, Saint-Martin, Saint-Eustache, Saba et la Guadeloupe.

 

En 1947, alors que De Haenen est absent, un pilote de la CAA rate son décollage à Saint-Kitts et abîme le Cucaracha. Malgré les consignes, un autre pilote, Gérard Saintonge, reprend l’avion fétiche du patron de la CAA peu de temps après pour s’adonner à quelques acrobaties, qui se terminent mal. C’est la fin pour le Rearwin Sportster, hors d’usage –mais pas encore celle des aventures hasardeuses de la compagnie aérienne de l’ancien maire de Saint-Barth, décédé en 2008 à l’âge de 92 ans.

 

 

(*) “The Flying Gentleman, l’histoire du dernier aventurier des Caraïbes”, Tristan de Haenen et Philippe Esnos, Bartolomeo Editions, 419 pages, 24 euros. 

 

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La première de trois œuvres permanentes

Le Cucaracha sera la première sculpture d’une série de trois, installées dans différents quartiers. Dans le cadre d’un projet appelé « Saint-Barth au fil de l’art », il s’agit selon Elodie Laplace, présidente de la commission culture, de clins d’œil « à l’identité de chaque quartier, sans remplir l’île de pièces artistiques dénuées de sens. » Ainsi, après le Cucaracha, une œuvre de l’ébéniste Gaylord Dessomme ornera le quartier de Lorient. Elle représentera une planche de surf déstructurée. Son lieu d’implantation n’est pas encore connu. Enfin, une dernière sculpture sera mise en place à Grand Fond, en lien avec le côté sauvage du lieu. L’artiste et le sujet n’ont pas encore été définis.




Journal de Saint-Barth N°1341 du 12/09/2019

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