La série Reflections de Sarah Bruhwiler habille parfaitement les murs des villas luxueuses de Saint-Barth ou Miami. ©DR

Saint-Barth, un tremplin artistique en or

Les peintres, sculpteurs ou photographes de l’association Artists of Saint-Barth cartonnent, même en temps de crise sanitaire et économique. Un succès dû au décor luxueux de l’île, à son image, et à ses visiteurs fortunés.

 

Les personnages en boulons inox de Jean Martin, les palmiers de Michael Doudeau, les toiles de Dominique Le Grand Philouze, la céramique d’Igor Couston ou les photographies de coquillages de Laurent Benoît. Les œuvres d’art made in Saint-Barth s’arrachent, Covid ou non. « On en vend une par jour en ce moment », confie Emmanuel Leprince, directeur de l’association Artists of Saint-Barth. Pour lui ce succès est dû à deux facteurs : « La qualité de l’artisanat et donc de l’art sur place, et l’industrie puissante de la villa à Saint-Barth ». En effet, présenter une œuvre sur le mur blanc d’une superbe villa la valorise bien plus que dans le hall d’accueil d’une MJC ou sur un rond-point, par exemple… La plupart des acquéreurs sont justement des propriétaires de villas, à Saint-Barth ou aux Etats-Unis, qui souhaitent orner leurs luxueuses habitations d’art local.


Le plus gros exportateur de l’île ?
« Aujourd’hui, avec Ligne Saint-Barth, nous sommes peut-être le plus gros exportateur de l’île. Grâce aux villas mais aussi aux hôtels qui nous ont permis, lors des Art Parties ou de la Art Week, de mettre en situation le travail des artistes. Sans oublier Pati à Saint-Jean. Ce tremplin est indispensable car c’est par la visibilité que l’on peut vendre de l’art. » Saint-Barth est en train de dessiner une sorte de courant artistique propre : les œuvres qui fonctionnent sont épurées, sobres. L’accent est mis sur la texture et le matériau, la simplicité. « On a réfléchi sur ce sujet durant le confinement, on pourrait qualifier le style Saint-Barth d’élégance brute. »  
Emmanuel Leprince voit dans ce succès « une nouvelle corde à l’arc de Saint-Barth ». Comme le défendait le président du Comité du tourisme l’année dernière, Nils Dufau, outre les plages et les restaurants, l’art peut être un vecteur supplémentaire d’attraction des visiteurs haut-de-gamme.
Pour rappel, l’association Artists of Saint-Barth vise à aider les créateurs à se développer et pouvoir un jour vivre de leur art. Elle emploie un salarié mais est à but non-lucratif. Cette année l’organisation des Art Parties, qui attirent environ 300 personnes, est compromise. Mais la troisième édition de la Art Week, une semaine d’expositions dans les hôtels de l’île, pourrait se tenir en 2021 selon l’évolution de la situation sanitaire.

Journal de Saint-Barth N°1403 du 23/12/2020

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