Matthew Totaro, Tamara Fernando, David Dain, Tom Duquesnoy et Marie-Agnès Gillot présenteront deux spectacles inédits sur le thème de l’amour vendredi et samedi accompagnés sur scène par la violoniste Tessa Lark et le bassiste Michael Thurber.

Quand amour et danse promettent deux soirées magiques

Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile et chorégraphe, accompagnée de quatre danseurs-performers et de deux musiciens ouvre avec un spectacle inédit la 37e édition du Festival de Musique de Saint-Barthélemy.

Ciel passagèrement nuageux sur Gustavia, ce lundi 4 janvier et une petite averse fine et tiède, qui transforme une interview auréolée de poésie en un ballet de tables, de chaises et de «parapluies de Cherbourg ! » comme s’en amuse la fondatrice du Festival de Musique Frances DeBroff. Quatre danseurs, performers et artistes réunis autour de Marie-Agnès Gillot et de Frances DeBroff nous convient à partager un verre de l’amitié.
Danseuse étoile du ballet de l’Opéra de Paris mais aussi chorégraphe très souvent décrite comme « la danseuse contemporaine » Marie-Agnès Gillot est le chef d’orchestre de cette petite troupe invitée par les organisateurs du Festival. Tamara Fernando, danseuse et chorégraphe, Matthew Totaro, danseur hip hop et performer, David Dain, qui a parmi tous ses talents celui de chef cuisinier, et Tom Duquesnoy spécialiste des arts martiaux MMA.

Danseurs et artistes transdisciplinaires
Arrivés dimanche, ces cinq artistes ont à peine eu cinq jours pour construire les deux spectacles de danse exceptionnels sur le thème de cette année. Après Carmen en 2020, c’est le thème de l’amour, que Frances DeBroff a choisi pour cette édition. La violoniste Tessa Lark et le bassiste Michael Thurber ont composé un livret que les danseurs ont découvert à leur arrivée. Et malgré un timing serré, un rapide tour de table suffit déjà pour décliner et partager une myriade d’interprétations sur ce thème : « les genres de l’amour », « l’amour mère-enfant », « l’amour passionnel», « les passions », « les amours inconditionnels. »… «On a perdu le contact physique les uns avec les autres, partage avec douceur Tamara Fernando, tout cela n’est que temporaire et on espère que cela fera du bien au public de voir des corps, qui se touchent et s’entremêlent. » Comme une étreinte, aussi importante dans le cœur de ces danseurs-performers que l’unité, l’harmonie et le contact physique en général.
Et comment va naître cette création ? Les artistes semblent si sereins face à ce défi. « C’est tout simple », explique Marie-Agnès Gillot non sans humour. « On se parle dans la voiture. Oh, moi, je me vois bien en pièce de bœuf sur une table ! Et David qui fait comme s’il me cuisinait. Et ainsi de suite, tout le monde rebondit. »

« Je recherche : cette magie ! »
Malgré les complications liées à la situation sanitaire internationale, Frances DeBroff tient bon la barre. Le Festival peut compter sur la détermination et la pugnacité de sa dirigeante. Pour elle, quand des artistes d’exception sont invités, tels que Marie-Agnès Gillot, il est capital de les encourager à réaliser quelque chose de créatif, qu’ils n’ont jamais fait avant. « Repousser les limites de la création est plus intéressant pour les artistes, déclare-t-elle. Et quand un soliste, un danseur, un orchestre dit « je peux le faire » et qu’il fait ce qu’il veut, alors cela devient magique. Et c’est ce que je recherche : cette magie », martèle Frances DeBroff. Le processus créatif garde une part d’inexplicable : « Une fois que l’on me donne un thème ou un cadre, c’est la musique qui va faire changer ma façon de bouger, souligne Marie-Agnès Gillot, je réagis viscéralement en fonction de ce que je ressens. » Pour créer, « on va assembler du matériel, des pièces déjà écrites que l’on remixe, assemble » complète-t-elle. De quel matériel préexistant ce spectacle made in Saint-Barth sera-t-il inspiré?

Ce ballet si attendu sur notre île promet d’être surprenant tant la palette de disciplines des artistes est multiple et les champs d’exploration artistiques des protagonistes sont étendus.
Parmi les scénettes, les artistes ont par exemple prévu d’inviter une jeune demoiselle de 4 ans originaire de l’île, à une danse-contact. La danse-contact, qui naît de l'écoute et du contact physique entre les partenaires est particulièrement adaptée aux tout-petits : souvent le duo parent/enfant explore le mouvement au travers d’acrobaties et d'exercices à deux ou en groupe : on danse, on court, on se roule par terre, on grimpe, on s'accroche, on chute, on recommence, on cherche son équilibre, on explore et on termine par un câlin !
Les enfants et les parents de l’école maternelle de Gustavia sont d’ailleurs familiers de la danse-contact puisqu’ils avaient eu l’occasion de participer en novembre 2019 à des d’ateliers, imaginés par et avec le danseur contemporain, Vincent Delétang.
Marie-Agnès Gillot s’est initiée, quant à elle à la danse contact avec son fils. Depuis, avec Tamara, Matthew et Tom, elle organise des ateliers de danse-contact avec les enfants d’un orphelinat.

Deux représentations inédites en plein air
Les deux représentations exceptionnelles ne seront pas forcément tout à fait identiques. Pour Matthew Totaro il n’y a jamais un spectacle similaire à un autre. Des paramètres tels que l’émotionnel, l’harmonie ou les sensations instillent des variations dans une performance et la rende unique. A noter qu’une jauge de 150 places, réduite de moitié par rapport aux années passées, a été mise en place pour respecter les distances de sécurité sanitaire sur les quais Général-de-Gaulle. Les masques sont obligatoires pour le public.

Le Festival se poursuit
Le Festival poursuit sa programmation avec la partie musicale du 12 au 17 janvier, mélange de musique classique, de chambre, d’opéra et de jazz. L'orchestre du festival sera plus petit cette année, pour permettre une plus grande distance entre les musiciens, ainsi qu'entre les joueurs et le public. « Nous aurons un hautbois, un basson, plutôt que deux », souligne Jill DeBroff, co-organisatrice. « Il y aura deux clarinettes mais ce sont un père et un fils. » Les premières rangées de sièges resteront vides dans les églises de l'île, où se déroulent des concerts de musique classique, d'opéra et de jazz, particulièrement importants pour l'opéra. « Les chanteurs ne porteront pas de masques, mais ils ne bougeront pas non plus beaucoup », explique Jill, soulignant que dans l'église catholique de Lorient, il y aura des coussins de siège jaunes pour indiquer où les gens pourront s'asseoir. Ils seront par groupes de trois. La participation sera limitée à 100 personnes par concert. La taille limitée du public a conduit les organisateurs à présenter deux concerts par soir, un spectacle précoce et un spectacle tardif, à 19h et 21h pour les concerts de musique et d'opéra, avec des spectacles à 17h et 19h pour le concert de jazz de clôture le dimanche 17 janvier.


Les billets sont disponibles au Comité du tourisme de Gustavia ainsi qu'à la porte de chaque représentation, ils vont de 15 € à 30 €.
Un abonnement de saison à 90 € permet l'entrée aux dix concerts.
Le programme peut être consulté en ligne sur www.stbartsmusicfestival.org

 

Journal de Saint-Barth N°1405 du 07/01/2021

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