« L’idée est d’arriver, dans cinq ans, à une reconnaissance internationale du festival de jazz »

Coup d’envoi aujourd’hui du Festival Livre & Jazz de Saint-Barthélemy, premier des trois rendez-vous du Printemps de la Culture. L’association Saint-B’Art a concocté un programme chargé, et invité sur l’île dix-huit musiciens et auteurs. Rencontre avec son président Christian Hardelay.


Il semble qu’en une seule édition, le festival du jazz a supplanté celui dédié au livre… Comment l’expliquez-vous ?
Cela fait 17 ans que l’association Saint-B’Art existe, or 90% des gens sur l’île ignorent son existence. A part quelques profs –et encore, le turn-over est important-, personne ne connaît l’association et ce qu’elle fait ! Pourtant, on a fait venir des auteurs renommés, Philippe Besson, Yann Arthus Bertrand… Avec une belle reconnaissance de nos actions, notamment par le Rectorat, avec qui nous prévoyons de signer une convention pour officialiser notre partenariat. Ce déficit de notoriété vient du fait que la majorité de nos actions sur le livre et l’écriture sont tournées vers le milieu scolaire. Les concerts de jazz sont davantage grand public. C’est vrai que nous avons seize invités pour le jazz et deux pour le livre…

La partie livre ne peut-elle pas être elle aussi grand public ?
Le Festival du livre n’est pas dédié exclusivement aux scolaires. Il y aura deux ateliers publics, samedi matin, pour les enfants comme les adultes, et animés par les invités, l’illustratrice Natali Fortier et l’écrivain Hicham Nazzal. Dimanche, il y aura également la bourse d’échange de livres. Pour la première fois, nous partons avec zéro stock puisqu’après Irma, nous avons envoyé tous nos livres à Saint-Martin, en collaboration avec le Rotary qui s’est chargé de les distribuer aux bibliothèques et aux établissements scolaires. Donc ce sera la grande surprise sur la quantité d’ouvrages que l’on pourra trouver sur le quai d’honneur ! La matinée sera animée par une fanfare New Orleans. Natali Fortier donnera une lecture musicale des contes et nouvelles du concours d’écriture (à lire en fin de journal, ndlr), dont les lauréats seront récompensés à 11 heures.

Pourquoi avoir créé un festival de jazz, et pourquoi ce style musical en particulier ?
Cela fait dix ans que voulais organiser un festival de jazz. C’était une envie très personnelle, et les adhérents de l’association se sont tous montrés enthousiastes. Je voulais être sûr que ce soit une réussite. Je le savais grâce à l’expérience, et aussi parce que c’était une demande de la population. Je crois que les habitants de Saint-Barth ont une envie de retour à des choses essentielles, comme le partage, qui plus est en musique. Le festival de jazz répondait à une vive attente. C’est l’une des musiques qui relie toutes les civilisations. Elle a des racines africaines, venant des noirs d’Amérique, puis a été reprise par les musiciens américains blancs, avant d’arriver en Europe. On y retrouve le tempo de la musique caribéenne, de la bossa brésilienne… L’idée est d’arriver, dans cinq ans, à une reconnaissance internationale pour le festival de jazz de Saint-Barth, au même titre que celui de Marciac ou de la Nouvelle-Orléans. C’est l’objectif.

Peut-on danser sur du jazz ?
Oui ! J’invite tout le monde à le vérifier, notamment au jazz guinguette, samedi soir à l’école maternelle…

Ce style musical est étiqueté comme une musique d’experts, difficile d’accès pour les néophytes…
Le jazz est complexe pour les musiciens. C’est une musique de connaisseurs pour ceux qui en jouent, mais pas pour ceux qui écoutent. Par exemple, Nougaro faisait du jazz… Beaucoup de gens écoutent du jazz sans le savoir.

Parmi les 16 musiciens invités, huit étaient déjà là pour la première, l’an dernier. Cela signifie qu’ils ont aimé l’événement ? D’ailleurs, comment logez-vous tout ce monde ?
Nous avons huit chambres d’hôtel prêtées, et le reste est dispatché chez des particuliers. S’ils reviennent, c’est que le festival leur a plu. Ils ont trouvé ça extraordinaire l’an dernier et avaient tous envie de revenir.

Les lieux qui accueillent des concerts ne sont pas les mêmes que l’an dernier. L’Ehpad participera aussi avec une lecture musicale…
Les lieux sont quasiment tous nouveaux, hormis l’Esprit, le Manapany et le Sélect/L’Oubli. Le rendez-vous à l’Ehpad est effectivement inédit. Cette année, le thème du concours d’écriture et d’art postal, c’est « sans frontières ». Je suis contre les frontières ! Notamment les frontières générationnelles et de milieu social.

Le programme de la semaine est chargé. Quelle soirée recommanderiez-vous à un mélomane, connaisseur en jazz ?
Le Manapany. Il accueille deux concerts lundi 8 avril. Le premier, c’est du jazz dans ce qu’il a de meilleur au niveau musical, et le second, un concert très vocal, avec un chanteur et une chanteuse.

Question inverse : si je n’y connais rien, quel concert me plaira à coup sûr ?
Je dirai le Barthélemy (mercredi 10 avril, ndlr), car s’y croiseront les musiciens qui partent et ceux qui arrivent. Tous les artistes seront là, donc ce sera le répertoire le plus complet. Ou alors, le jazz guinguette à l’école maternelle, très abordable et très dansant.

Dans votre texte de présentation qui précède le programme du Festival Livre & Jazz, vous écrivez que les associations culturelles “contribuent au maintien du lien social et au développement humain des citoyens au même titre que les entités politiques, éducatives et économiques de l’île. Pour respecter l’équilibre, elles doivent bénéficier d’un soutien identique aux secteurs politiques et économiques afin d’assurer leurs missions dans de bonnes conditions”. Est-ce une façon de dire que vous ne vous sentez pas assez soutenu ?
C’est une façon de souligner un soutien insuffisant. Je pense qu’il y a un malentendu et une mauvaise compréhension de la part de certains élus et socioprofessionnels sur le rôle des associations comme la notre, notamment en matière de lien social. Il faut prendre conscience de l’attrait économique que représente ce type d’événements, qui sont organisés gratuitement par des bénévoles, et qui contribuent fortement à la belle image de Saint-Barthélemy.


PROGRAMME


Côté livre

Du jeudi 4 avril au vendredi 12 avril
Chaque jour, les écoles et le collège accueillent des ateliers autour du livre, de l’écriture et/ou de la musique, animés par les invités.

Samedi 6 avril
- Ateliers avec Natali Fortier (à partir de 6 ans, venir avec un gros caillou ou des galets, feuilles A3 et A4, de l’encre de Chine, pinceaux, feutres et crayons de couleurs. Inscription par SMS au 0690.35.24.03). A l’école maternelle de 9 heures à 11 heures.
- Atelier d’écriture pour tous avec Hicham Nazzal au collège Mireille-Choisy de 10 heures à 12 heures. Sans inscriptions.

Dimanche 7 avril
- Bourse aux livres de 9 heures à 13 heures, en musique
- Lecture des nouvelles et contes primés par Natali Fortier, et remise des prix du concours d’écriture à 11 h

> Sur le quai d’honneur


Côté jazz

Jeudi 4 avril
A l’Esprit de 19 heures à 22 heures – Concert d’ouverture

Vendredi 5 avril
Au Sélect de 19 heures à 22 heures – Brooklyn Swing All Stars

Samedi 6 avril
A l’école maternelle de 20 heures à 23 heures – Jazz Guinguette avec le Groovy Five and Guest et le Bitin Brass Band

Lundi 8 avril
Au Manapany de 19 heures à 20 heures : Django Reinhardt NY Spirit
De 21 heures à 22 heures : le Swing Time Vocal Duet, « Tribute to Ella and Louis »

Mardi 9 avril
A l’église anglicane à 19 heures – Gospel avec Gilda Solve

Mercredi 10 avril
Au Barthélemy de 20 heures à 22 heures - Paris New York Hot Swing and the Buchwick Cats

Jeudi 11 avril
A Villa Marie de 20 heures à 22 heures – Claude Hall Bossa

Vendredi 12 avril
Au Toiny de 20 heures à 22 heures – Concert de clôture avec le Claude Hall Swing Quartet

Pour les musiciens locaux
Deux « jazz masterclass » sont prévues, l’objectif étant de mixer les musiciens professionnels aux musiciens locaux. Samedi 6 avril à l’école maternelle de Gustavia, de 14 heures à 16 heures. Et dimanche 7 avril, sur le quai d’honneur, de 11 h 30 à 13 heures.

> Concerts et ateliers gratuits. Programme détaillé sur la page Facebook « Association Saint B’Art ».

Journal de Saint-Barth N°1322 du 04/04/2019

Festival Livre & Jazz
La Confiance
Conseil territorial
Anniversaire du marché
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