Saint-Barth - Danse danseurs Opera garnier

Hannah O’Neill, danseuse étoile : « Danser en plein air, c’est toujours une merveille »

Danseuse étoile au sein du corps de ballet de l’Opéra de Paris, Hannah O’Neill va se produire vendredi et samedi à 19h30 avec sept autres danseurs sur le plateau de l’Ajoe, à Lorient, dans le cadre de la 42e édition du Festival de Musique. Pour des moments de grâce et d’élégance qui s’annoncent d’ores et déjà magiques. Entretien.

Quel souvenir gardez-vous de votre venue et de vos prestations en 2025 ?
C’était une première fois. C’est une destination de spectacle que tout le monde connaît à Paris. Entre les danseurs, c’est le gala que tout le monde veut faire. Donc j’étais reconnaissante et excitée à l’idée de venir. On est extrêmement bien accueilli. L’île est magnifique. En plus, pour moi qui viens d’une autre île, la Nouvelle-Zélande, retrouver cet esprit de communauté, où les gens se connaissent, ça m’a beaucoup touchée.
Pour le spectacle, c’était super. J’ai senti que tout le monde était très attentif, il y a eu un vrai échange entre le public et les danseurs. Danser en plein air, c’est toujours une merveille, très agréable. On a pu proposer un spectacle authentique, en mixant ce que l’on fait à l’Opéra de Paris depuis très longtemps.

Ce mélange entre des scènes très classiques et d’autres plus contemporaines est encore au programme cette année ?
Oui. Yvon Demol est notre directeur artistique. Il a fait une programmation bien équilibrée entre des pièces très classiques que tout le monde connaît, par l’histoire ou la musique, ce sont des ballets auxquels on songe quand on pense “musique classique”, et puis des pièces plus contemporaines, des créations. Ça devrait être une très belle soirée avec des scènes un peu pour tout le monde.

Danser en plein air est un exercice singulier. Comment l’abordez-vous ?
C’est plutôt rare, en effet. Mais c’est une sensation très agréable, très particulière. Les conditions ne sont pas toujours évidentes pour nous. Que ce soit la météo, l’humidité avec la scène qui parfois peut être glissante, le fait qu’il fasse chaud, qu’il fasse froid… Ce ne sont pas les conditions habituelles mais il y a quelque chose en plus, quelque chose de magique qui fait que l’on oublie le confort auquel on est habitué. Sentir le vent, l’air, toucher la nature en dansant… Il faut s’adapter, bien sûr, mais nous y sommes habitués, cela fait partie de notre métier. 

Passer brutalement de l’hiver parisien au climat antillais, est-ce difficile pour vous ?
Évidemment, c’est un facteur pour notre corps. Mais je dois dire qu’avec la chaleur, pour moi en tout cas, c’est plus facile ! Le corps est plus souple, les douleurs que j’avais accumulées jusqu’au mois de décembre disparaissent. La seule chose qui peut me faire un peu peur, c’est de chausser les pointes quand les pieds gonflent ! Mais de manière générale, le plus difficile, c’est le voyage. 

Un voyage qui n’a d’ailleurs pas été simple à cause des perturbations du trafic aérien (liées à l’attaque militaire des Etats-Unis au Venezuela) ?
Cela a été compliqué, en effet ! Mais l’arrivée au port de Saint-Barth a été comme une petite victoire. Je me suis dit : « Oh, ça y est ! ». Quand j’ai aperçu mes amis danseurs déjà arrivés, j’ai eu l’impression que je ne les avais pas vus depuis des années (rires). Maintenant, on a hâte de partager notre spectacle avec tout le monde à Saint-Barth.

Qu’est-ce qui distingue le Festival de Musique de Saint-Barth d’autres festivals ?
Déjà, c’est super qu’il existe. Il y a une richesse de la culture, de la musique, de la danse. Tout ça est si important. Que des gens sur cette île fassent que ce soit accessible à tout le monde, je trouve cela génial. Que l’on nous permette de partager notre art, de faire des rencontres, ce qui est toujours enrichissant pour nous. Et je pense que le festival ajoute une petite touche de magie supplémentaire à l’île de Saint-Barth. Se dire que même sur une petite île, éloignée, il y a un festival d’art qui existe depuis plus de quarante ans, que ça continue, c’est formidable.

 

La billetterie est accessible en ligne sur le site du St Barth Music Festival . Les billets sont envoyés par courriel.

Hannah O’Neill, la ballerine aux trois cultures
Née à Tokyo (Japon) d’une mère japonaise passionnée de danse et d’un père néo-zélandais joueur de rugby international, Hannah O’Neill porte en elle une multitude de cultures. Après avoir débuté la danse à l’âge de trois ans au Kishibe Ballet Studio, à Tokyo, elle poursuite son apprentissage à l’Australian Ballet School, à Melbourne. A 18 ans, elle rejoint le ballet de l’Opéra de Paris. Elle est promue Coryphée en 2014, Sujet en 2015, première danseuse en 2016 pour enfin accéder au statut d’Etoile en mars 2023. En mars 2025, elle déclare dans Le Figaro : « J’ai besoin du mélange de mes trois cultures : la magnifique nature de la Nouvelle-Zélande, la politesse du Japon et l’effervescence culturelle de la France. »

Trois étoiles pour illuminer Saint-Barth
Pour sa 42e édition, le Festival de Musique accueille trois danseurs étoiles du corps de ballet de l’Opéra de Paris. Hannah O’Neill, Amandine Albisson et Marc Moreau. Ils seront accompagnés de Letizia Galloni et Daniel Stokes (Sujets) ainsi que de Jennifer Visocchi, Yvon Demol et Milo Avêque (Coryphées).

 

 

Programme du 42e Festival de musique (9 -19 janvier 2026)


Vendredi 9 janvier et samedi 10 janvier
19h30 – sur le plateau de l’Ajoe, Lorient
Soirée danse avec les danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris. Billet : 25 euros.

Lundi 12 janvier 
18h30 - Église Catholique, Gustavia 
Concert pour les enfants. « Le Rossignol et ­l’Empereur de Chine », conte écrit par Hans Cristian Handerse d’Andersen, adapté et mis en musique par Kevin Lau . Participation par donation.

Mardi 13 janvier 
19h30 - Église anglicane, Gustavia 
Concert à la bougie 
Quatuor de Violons, Violoncelle, Alto, Flûte et Piano Billet : 35 euros.

Mercredi 14 janvier
19h30 - Église de Lorient
Soirée orchestrale sous la direction de la cheffe ­d’orchestre Delyana Lazarova Billet : 40 euros.

Jeudi 15 janvier 
19h30 - Église Catholique, Gustavia
Récital de piano, soirée Chopin. Avec le pianiste Alexej Gorlatch, Laura Fraustchi et Christopher Wu aux violons, Francis Gouton au violoncelle, Nina Bernat à la contrebasse et Rebecca Young à l’alto. Billet : 30 euros.

Vendredi 16 janvier 
20h - Église de Lorient
Soirée Opéra. « Madame Butterfly », sous la direction de la cheffe d’orchestre Mimma Campanale. Billet : 50 euros.

Samedi 17 janvier 
19h30 - Église anglicane, Gustavia 
Concert jazz avec Angela Grey Quintet. Billet : 30 euros. 

Dimanche 18 janvier 
18h - Église anglicane, Gustavia 
Concert jazz avec Angela Grey Quintet. Billet : 30 euros. 

Lundi 19 janvier 
19h30 - Église anglicane, Gustavia 
Soirée Brésilienne avec le guitariste Will Santt. Billet : 25 euros.

Journal de Saint-Barth N°1647 du 08/01/2026

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