Géraldine Danon rapporte le monde entier dans son port d’attache

Dans le cadre du Saint-Barth Photo Festival, Géraldine Danon expose le long de laéroport des portraits rapportés de dix ans de voyage autour du monde à bord du voilier familial, Fleur Australe. Samedi, elle dédicacera son dernier livre, et le documentaire Une Fleur Australe sur les traces de Shackleton sera projeté sur le parvis du musée Wall House.

Une exposition, un livre et un film-documentaire : cette semaine, second volet du Saint-Barth Photo Festival avec Géraldine Danon, réalisatrice, comédienne, auteure, photographe. Avec quelques jours de retard sur l’ouverture du festival, des visages photographiés tout autour du monde seront accrochés sur les barrières qui bordent l’aéroport. Une trentaine de portraits de Pakistanais, Fidjiens, Haïtiens, Ni-Vanuatu, etc. regarderont passer les habitants et touristes de Saint-Barthélemy. « Je me suis attachée à sélectionner des photos archi-colorées, avec un regard fort », explique Géraldine Danon. «Le portrait, c’est l’échange d’un instant qu’il faut saisir. Un instant de vie, de rencontre, de profondeur. Je souhaitais restituer ces beaux moments. » De fugaces échanges entre le photographe et le photographié, qui seront à voir jusqu’au 25 août. Et ce week-end, le public est invité à découvrir en film et en livre l’expédition de Géraldine Danon, Philippe Poupon et leurs enfants dans l’Antarctique.

 

L’expédition d’Ernest Shackleton

« Avant l’appareil photo, c’est avec la caméra que j’aborde les gens », rappelle la réalisatrice. De ces années passées en famille à bord de Fleur Australe, à voguer autour du monde, elle a déjà tiré plusieurs documentaires diffusés en télévision. Au mois de juin, TF1 a consacré un épisode de son magazine Grands Reportages à l’expédition de Fleur Australe dans l’océan Indien. Samedi 27 juillet, c’est le film “Une Fleur Australe sur les traces de Shackleton” qui sera projeté sur le parvis du musée territorial. Une séance de cinéma qui rafraîchira l’atmosphère estivale de Saint-Barthélemy : le documentaire retrace le voyage de la famille Danon-Poupon dans l’Antarctique, un trajet calqué sur celui de l’Irlandais Ernest Shackleton au début du XXe siècle, sur L’Endurance. «C’est lui qui m’a donné envie de visiter cette région, et j’avais envie de raconter le voyage de la même manière que lui, comme un récit d’aventures qui tient en haleine. » Départ d’Ushuaia, mer de Weddel, mer de Ross, et bien sûr la mythique île de l’Eléphant. Sur les traces de ces marins de l’Endurance, qui ont dérivé longuement sur leur navire pris dans les glaces en 1915, et ont erré pendant des mois dans des températures approchant -45°C… «On voit toute l’espérance, tout l’instinct de survie des hommes », admire Géraldine Danon.

 

« Un huis-clos familial exacerbé »

Pour parfaire son récit, elle signe un nouveau livre intitulé “La nuit n’est jamais aussi noire qu’avant l’aube”, qui raconte les pérégrinations de la famille dans le froid, mais aussi ses réflexions sur cette existence si éloignée de la routine d’une famille plus traditionnelle, ainsi qu’une forme d’introspection très personnelle. « Un livre, c’est toujours un questionnement. A travers cette expédition radicale, on vit une confrontation avec la nature, mais aussi un huis clos familial exacerbé. Mais cela reste un livre d’aventures. »

 

Et après ? Le prochain ouvrage est déjà sur les rails. Intitulé “Fille à papa”, il sera publié au mois d’octobre. Ensuite, Géraldine Danon retournera un temps à ses premières amours, la comédie. Elle sera seule en scène à l’affiche d’une pièce jouée à Paris, “Groenland”, écrite par Pauline Sales et mise en scène par Pierre Pradinas. Mais loin d’elle le désir de quitter la vie de nomade. « Si on a vécu comme ça pendant dix ans, c’est bien parce que l’on a horreur de la sédentarité. Nous recherchons constamment à réinventer notre vie. Après le théâtre, on repartira en mer, le voyage est loin d’être terminé. Le bateau nous attend en Alaska. »

 

« Mon ancrage, ma force »

De nouvelles aventures qui seront forcément parsemées d’escales à Saint-Barthélemy, « port d’attache » de la famille Danon-Poupon. « On a eu l’occasion d’aller dans de nombreuses îles supposées les plus belles au monde ; mais Saint-Barth est vraiment notre port d’attache. J’en ai les poils qui se hérissent », expliquait-elle avec émotion lors de la soirée d’ouverture du Photo Festival, vendredi au musée territorial. « Ici, c’est mon ancrage, ma force, mon soleil. »


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Journal de Saint-Barth N°1336 du 25/07/2019

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