Saint-Barth - Horla théatre

Festival de Théâtre : Guillaume Blanchard, de l’angoisse au ravissement

Pour la vingtième édition du Festival de Saint-Barth, les organisateurs ont eu l’excellente idée de programmer la pièce intitulée « Horla », une adaptation de la célèbre nouvelle de Guy de Maupassant. Une excellente idée car l’un des deux interprètes, Guillaume Blanchard, est originaire de Saint-Barth. Et le comédien ne s’était encore jamais produit sur les planches du Théâtre du Paradis. Une première que, très naturellement, il appréhendait. « Je suis revenu pour le Festival de musique, pour quelques narrations, mais jamais je n’étais monté sur la scène du théâtre à Gustavia, explique-t-il. C’était extrêmement stressant ! Absolument toute ma famille est venue et mes amis d’enfance aussi. A part mes parents, personne ne m’avait jamais vu jouer. C’était forcément très abstrait quand je leur disais que je faisais du théâtre. » Cette fois, ils ont donc pu apprécier de manière concrète le travail et le talent de Guillaume. Dans une pièce qui n’est pourtant pas si simple à interpréter et à recevoir.
« C’est une pièce un peu angoissante qui n’est pas facile à attraper pour le public, concède-t-il. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et, au final, l’accueil a été formidable. Donc je suis aux anges ! » On le serait à moins. D’autant plus que la pièce n’a été montée qu’en début d’année et que Guillaume Blanchard et son complice, Frédéric Gray (qui a adapté la nouvelle et s’est aussi occupé de la mise en scène), ne la jouent « que » depuis trois mois. Toutefois, « Horla » séduit à chacune de ses représentations. « Comme on a reçu un certain succès, commente modestement Guillaume, nous avons d’autres dates de programmées. Et la pièce sera reprise à la rentrée à Paris, à la Folie Théâtre. C’était un pari d’adapter un classique. Parvenir à rester extrêmement fidèle et réussir à toucher le public, à lui parler. » Une réussite, à en croire les retours dont bénéficient le comédien. « Certains sont étonnants puisque des personnes nous disent qu’elles revivent des angoisses ou des moments difficiles de leur vie, assure Guillaume. D’autres nous ont aussi dit que ça les faisait replonger dans la période du Covid. Bon, on a tous un brin de folie ! Il faut juste savoir le maîtriser. »
Conscient de « la chance extraordinaire » qui lui a été offerte de pouvoir jouer « au pays », Guillaume Blanchard ne nourrit qu’un seul regret : celui de n’avoir pu se produire pour des scolaires. Comme il l’expliquait au Journal de Saint-Barth en 2018 (JSB 1261), c’est quand il était collégien à Mireille Choisy qu’il est monté sur scène pour la première fois. «J’avais 13 ans, et je jouais Tony dans West Side Story. Je devais même embrasser ma partenaire sur scène… » Il se souvient encore du trac qui l’avait alors assailli. Une angoisse qui reste bien vivace dans les instants qui précèdent chaque entrée en scène. « Peu importe le nombre de fois que l’on joue, le trac est toujours là », assure le comédien. Avec toutefois, comme lors de ce Festival de Saint-Barth, le plaisir de voir l’angoisse se muer en ravissement à la fin de la représentation.

 

Le Festival se poursuit
La 20e édition du Festival de théâtre de Saint-Barthélemy se poursuit jusqu’au 29 mai au Théâtre du Paradis.
Christophe Delort, Henri Rizk et Sidonie Groignet joueront ce soir mercredi à 20 heures la dernière représentation de la deuxième pièce adaptée et mise en scène par Christophe Delort d’après une nouvelle de Sir Arthur Conan Doyle “Sherlock Holmes et le mystère de la vallée de Boscombe”.
Le Festival se terminera par un « seul en scène » avec le spectacle d’Edouard Deloignon qui occupera la scène du Théâtre du Paradis le jeudi 26, le vendredi 27 et le samedi 28 mai, toujours à 20 heures.
Comme à l’habitude, les places peuvent être achetées en ligne sur le site du théâtre ­(festivaldetheatredesaintbarthelemy.com) . Entrée : 25 euros.

 

 

Journal de Saint-Barth N°1474 du 25/05/2022

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