Saint-Barth -

Festival de Musique : A quarante ans, une renaissance

S’il est une personne qui n’a pas ménagé ses efforts pour que la quarantième édition du Festival de Musique de Saint-Barthélemy soit une réussite, c’est sans nul doute Corinne Hennequin. Quand elle a repris le flambeau de la présidence après le départ de Frances Debroff, elle avait un objectif avoué : celui de « récréer une ambiance qui existait il y a plus d’une vingtaine d’années » quand elle a commencé à s’investir dans le Festival. Pour ce faire, il lui fallait parvenir à séduire le public local mais aussi « refédérer l’île avec l’événement et reconnecter les musiciens avec la population et l’esprit de Saint-Barth », explique-t-elle. A écouter les spectateurs de la quarantième édition ainsi que les musiciens invités, l’objectif a été atteint.

©DR

« Un défi important à relever »

De fait, pas une soirée de concert ne s’est tenue autrement qu’à guichet fermé. Grâce à l’implication des bénévoles qui font le Festival, au travail du comité artistique composé de musiciens qui connaissent l’île, mais aussi au prix des places revu à la baisse afin d’être plus accessibles. « Plein de petites choses ont été appréciées », sourit Corinne, visiblement épuisée au lendemain de la clôture du Festival. « C’était un défi important à relever, rappelle-t-elle. Il a fallu apprendre toute une partie de l’organisation que je ne connaissais pas. Comme la mise en place avant les concerts, etc. » La présidente, si elle insiste sur l’importance des bénévoles et du comité artistique, n’oublie pas de saluer « la qualité de l’aide apportée par les services techniques » lors de la mise en place des concerts.

Une soirée orchestrale enivrante à Lorient. ©DR

 

Des qualités humaines et artistiques

Les interprètes de Carmen entrent en «scène» à Lorient. ©DR

Du concert à la bougie en passant par Carmen ou l’étourdissante soirée orchestrale, chaque représentation a été accueillie avec enthousiasme et ébahissement par les spectateurs. Et que dire des musiciens ? Entre l’accueil à la fois simple et bienveillant des organisateurs qui a su instaurer un climat convivial et joyeux entre les professionnels, la qualité des espaces offerts pour exercer leur art et la réception du public, tous sont repartis enchantés de Saint-Barthélemy. Avec, déjà, l’envie de cocher sur leur calendrier le rendez-vous de la 41e édition du Festival, en 2025. « Les musiciens doivent saisir l’âme du Festival, insiste Corinne Hennequin. Leurs qualités humaines comptent autant que leurs qualités artistiques. »

Pour l’année prochaine, la présidente ne cache pas ses ambitions pour le Festival. Une troupe de danseurs de l’Opéra de Paris ? Elle y songe. Mais d’autres idées ont déjà commencé à germer dans son esprit. Néanmoins, elle le répète : « Pour exister, le Festival a besoin de tous les mécènes et sponsors. Particulièrement si l’on veut qu’il soit encore plus beau en 2025 ! » Difficile d’imaginer qu’après la réussite de la quarantième édition, la prochaine ne suscite pas l’envie de quelques amateurs de grande musique de mettre la main à la poche pour que le plateau soit tout aussi attrayant que cette année.

Après avoir conduit la soirée orchestrale d’une baguette magistrale, Delyana Lazarova a retrouvé son violon lors de l’opéra Carmen. Ici en répétition. ©DR

Journal de Saint-Barth N°1551 du 25/01/2024

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