Miss, Transat et associations : Bruno Magras joue l’éteignoir

Ce qui devait être un simple tchin tchin avec les jeunes Miss s’est transformé en négociation sur la poursuite ou pas de la subvention accordée au Comité, et plus largement sur le soutien aux associations et sur le coût de la Transat AG2R.

 

«Pour être très honnête, je ne suis pas sûr que la subvention pour cette élection sera reconduite l’an prochain. » Le Président a un petit peu cassé l’ambiance vendredi matin, lors de la réception du Comité et des Miss à l’hôtel de la Collectivité.

L’élection locale, qui se tient habituellement un an sur deux, a bénéficié d’un soutien de la Collectivité à hauteur 8.000 euros. « Actuellement la poule a des œufs en or, mais avec le ralentissement économique dans certains secteurs comme le BTP, les rentrées vont être plus faibles et il y a des priorités que nous souhaitons dégager », développe Bruno Magras. « J’ai tenu personnellement à dire oui cette fois, parce que je ne voulais pas décevoir les deux jeunes qui s’étaient présentées. Mais ce n’est pas une opération que je vais encourager, je préfère vous le dire, compte tenu de la multiplicité de ce que nous souhaitons faire. »

Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, le Président décrit sa « conception politique, que je ne cache pas. Je considère que quand il faut se joindre à Saint-Martin sur des projets de mise en valeur ou de stabilité sociale, pas de problème. Mais je suis pour la mise en valeur de chaque île de manière indépendante, car nous avons des possibilités d’offrir ce que Saint-Martin ne peut pas offrir, et Saint-Martin a des possibilités de faire ce que nous ne pouvons pas faire. Je ne suis pas certain qu’il faille mettre tous les œufs dans le même panier. Tout en étant de petites îles, il y a des spécificités pour chacune. »

Cathy Vermont de Boisrolin acquiesce mais rebondit : « Ce serait dommage de continuer cette aventure en ne laissant pas la possibilité aux jeunes filles de Saint-Barth de participer. Ces trois premières années ont aussi été un gros travail de sensibilisation, maintenant, il y a un réel engouement », assure-t-elle. Bruno Magras : « Il faudrait à ce moment-là que les socioprofessionnels jouent le jeu. La Collectivité a quelques moyens, c’est vrai, mais elle a une fiscalité particulière, fluctuante en fonction de la réalité de l’activité économique. Une fois que tout ce qui est en train de se construire, se reconstruire, sera calmé, il y aura des importations en moins, qui dit importation en moins dit recettes en moins… Et nous avons d’importants projets à venir comme la délocalisation des écoles. Chaque goutte d’eau va compter ! Néanmoins je salue votre démarche, c’est une manière pour les jeunes de sortir de leur milieu, d’affronter le public. »

« On ne s’appuie pas que sur les collectivités ; on a des partenaires qui nous suivent depuis cinq ans. Le but c’est que chaque personne joue un peu sa partition », poursuit la présidente du Comité Miss France Saint-Barth Saint-Martin. « Je pense Monsieur Magras que peut-être, après le 5 octobre, on pourra essayer d’accorder nos violons et d’en reparler ! »

 

Les associations et sociopros mis en garde

« Proportionnellement parlant, je ne connais pas de commune de 10000 habitants qui a autant d’associations que Saint-Barthélemy », digresse Bruno Magras. « Une fois constituées, elles ont une idée, et appellent les services techniques pour faire. A tel point que les services techniques de la Collectivité ne peuvent répondre à toutes les demandes. Hier au conseil exécutif nous avons pris des mesures, par exemple pour les associations qui demandent des podiums ; on leur mettra deux agents pour guider techniquement, mais l’association devra elle-même effectuer le montage. Un podium à manipuler, ce sont six mains d’œuvre ! C’est trop facile... » « A Saint-Martin, on est victimes de la perte de noblesse de ce que l’on appelait à l’époque le bénévolat », commente Catherine Vermont de Boisrolin. Le Président conclut d’un dernier commentaire : « On a une manifestation qui coûte, par exemple l’AG2R. Les socioprofessionnels, les hôteliers en particulier, ne veulent pas même donner une chambre ! Alors personnellement je commence à serrer les boulons sérieusement. »

 

JSB 1344

Journal de Saint-Barth N°1344 du 03/10/2019

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