Le plan de la Com pour pallier le manque d’eau

La saison dernière a été difficile au niveau de l’eau potable : crise des bromates, coupures répétées, habitants de Vitet et Dévé à sec, production insuffisante pour répondre à la forte demande, le tout aggravé par une sécheresse record. La Collectivité prend des mesures d’urgence pour éviter de vivre la même situation cette saison. Et détaille son plan pour les années qui viennent.

 

D’abord, répondre à l’urgence. Si les averses de ces dernières semaines sont rassérénantes, on ne peut compter que sur la pluie, d’autant que des ouvertures d’hôtels sont prévues cette année et vont faire grimper la demande en eau de ville. D’ici la fin décembre, la Sidem, qui produit l’eau à Public, va installer une unité de dessalement provisoire, en complément des deux existantes. De quoi produire 800 m3 supplémentaires par jour. Aujourd’hui, les deux machines de l’entreprise filiale de Veolia peuvent produire 4.500 m3 par jour en tournant à plein régime. Mais la demande en haute saison atteint parfois 4.800 m3. Au moindre couac sur les machines, c’est la catastrophe...

Côté production toujours, le réservoir de 780 m3, en cours de construction à Public, doit être livré au mois d’avril 2020. Deux avantages : hausse de la capacité de stockage de l’eau, et lissage de la production pour les équipes de la Sidem, qui subiront moins les variations de la demande au cours de la journée et la nuit.

A plus long terme, la Collectivité prévoit d’investir dans une troisième unité de dessalement, pérenne cette fois, par évaporation. Elle remplacera l’unité provisoire en utilisant la même technique qu’aujourd’hui, c’est à dire la vapeur produite par la deuxième usine d’incinération d’à côté, Dalkia Wastenergy. L’incinérateur tout juste commandé (JSB 1348), qui doit entrer en service en septembre 2021, permettra de produire 800 m3 de plus par jour. Et à encore plus long terme, quand EDF aura installé de nouveaux moteurs à la centrale, l’unité pourra atteindre 1.200 m3 jour, avec le même système de récupération de l’énergie des moteurs thermiques. Ce qui fera au total, 5.300 puis 5.700 m3 quotidiens d’eau de ville, maximum. Cette nouvelle unité doit faire l’objet d’un avenant au contrat de DSP (délégation de service public) qui lie la Sidem et la Collectivité, et son montant est d’ores et déjà estimé à 10 millions d’euros.

Outre la forte demande, la production d’eau est régulièrement empêchée par des phénomènes de houle. Le point de captage de l’eau de mer, près de l’ancienne glissière à bœufs à l’entrée de Gustavia, doit être sécurisé. La Collectivité a intégré ce projet dans celui d’extension du port de commerce et d’aménagement de l’entrée du port. Les travaux doivent débuter fin 2020, et permettre d’éviter 90% des arrêts de production actuels.

 

La distribution aussi

Ensuite, vient la distribution de l’eau, gérée par la Saur via, là aussi, une DSP. En ce qui concerne le bromate, la situation est réglée et l’eau de nouveau consommable. Cela grâce à un procédé plus coûteux que l’ancien, qui sera forcément répercuté sur les factures des abonnés. Un local technique est en construction sous le réservoir de Colombier. Il abritera le générateur nécessaire au traitement de l’eau. La Saur en a acheté deux par sécurité, qui arriveront d’ici la fin de l’année.

A Vitet, en cas de forte consommation d’eau de ville, le réservoir reste désespérément vide. Pour cause : la conduite part du réservoir de Colombier, et tous les abonnés des quartiers traversés jusqu’à Vitet tirent l’eau de cette même conduite. D’où la pose d’une seconde conduite d’eau reliant directement Vitet à Colombier. Pour l’instant, elle existe jusqu’au pied de la côte de Camaruche. Cet hiver, elle continuera de grandir, au départ de Vitet cette fois ; et en 2020, les travaux de réfection de la route de Camaruche débuteront dans la foulée de celle de Lorient pour achever le parcours de l’eau de ville. La conduite d’eau devrait être opérationnelle fin 2020/début 2021, et grandement soulager les habitants de ces quartiers hauts. L’altitude, justement, est l’autre point faible de Vitet et Dévé pour une desserte correcte en eau de ville. Pour améliorer les choses, un “booster” sera installé à Saint-Jean sur la conduite d’eau, au niveau du parking face aux Galeries du Commerce. Il augmentera la pression pour faciliter le remplissage de Vitet. Travaux prévus à la fin de cette saison touristique.

A beaucoup plus long terme, la construction d’un nouveau réservoir est projetée à Lurin, sur un terrain tout récemment acheté par la Collectivité. Il serait alimenté directement par l’usine de production d’eau, sans passer par le réservoir de Colombier. Ce qui signifie la construction d’une conduite d’eau potable entre Public et Lurin, qui donc traverserait Gustavia. D’autres gros travaux et grosses dépenses en perspective.

 

JSB 1349



Journal de Saint-Barth N°1349 du 07/11/2019

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