Crise du logement : un pansement sur une jambe de bois


La crise du logement ne se calme pas. La Collectivité vient de modifier le règlement intérieur du centre d’hébergement de Saint-Jean pour y abriter les personnels indispensables qui se retrouvent à la rue : enseignants, infirmiers...

 

Trois nouveaux baux locatifs ont été signés par le conseil exécutif la semaine dernière. Ils concernent un agent de la Collectivité fraîchement recruté et deux enseignantes de l’école primaire et maternelle de Gustavia. Ils seront logés dans des biens appartenant à la Collectivité : une maison à Shell Beach, un appartement rue Lafayette et un autre du côté de l’Ehpad.

Mais quand tous ces logements sont occupés, et qu’un enseignant ou un aide-soignant se retrouve à la porte de son habitation, c’est au centre d’hébergement de Saint-Jean qu’ils sont relogés en urgence. Cas de figure qui s’est produit plusieurs fois ces derniers mois.

 

Le centre d’hébergement solution d’urgence

Pour rester dans les clous, le règlement intérieur du centre d’hébergement a donc été modifié le 30 août par le conseil exécutif. Car l’équipement inauguré fin 2014 avait pour seule vocation d’accueillir des visiteurs dans le cadre de rencontres sportives ou de manifestations culturelles.

« Le centre d’hébergement pourra être utilisé, ponctuellement, de manière provisoire et sur autorisation spécifique du conseil exécutif, afin de loger des personnels de l’administration de l’Etat, de la Collectivité, ou à titre privé de manière provisoire, pour de très courtes durées, dans l’attente qu’ils trouvent un logement définitif », indique désormais le règlement intérieur.

Les personnes qui peuvent bénéficier de cette disposition exercent des métiers indispensables au bon fonctionnement de l’île, dans l’enseignement ou la santé. Elles bénéficient d’un tarif spécial, en général 20 euros par jour (600 euros pour un mois).

Modifier la vocation initiale du centre d’hébergement de Saint-Jean, la Collectivité n’a pas d’autre choix. Lors de cette rentrée scolaire, juste pour les écoles primaire et maternelle de Gustavia, cinq enseignants ont alerté sur leur situation de logement précaire.

 

L’encadrement des loyers reste au stade de menace

L’encadrement des loyers, s’il est « toujours sur la table » selon le Président Magras, n’est pas retenu pour l’instant. Complexe à mettre en place juridiquement, sans compter les effets secondaires non négligeables sur le marché locatif, il serait aussi très mal accueilli par bon nombre de propriétaires.

Ceux-ci continuent d’être harcelés par les entreprises qui souhaitent loger leur personnel, faisant parfois monter les prix. Avec la réouverture des grands hôtels à compter du mois d’octobre, il y a fort à parier que tous les saisonniers qui viendront travailler à Saint-Barthélemy n’arrangeront pas les choses pour les habitants locataires. Pour eux, la loi de la jungle perdure.

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L’école primaire lance un appel aux propriétaires

Micheline Jacques, vice-présidente de la Collectivité et directrice de l’école primaire de Gustavia, lance un appel aux propriétaires de l’île car trois enseignantes de l’établissement sont en situation de logement précaire. « Contrairement à ce qu’on croit les enseignants ne sont pas riches, et c’est de plus en plus compliqué », déplore-t-elle. « Si les propriétaires ont des logements qui se libèrent, ce serait bien qu’ils appellent à l’école… L’éducation est quand même un secteur prioritaire pour les enfants, et plus l’équipe pédagogique est stable, plus le travail est efficace. C’est un réel problème. » Outre l’école dirigée par Micheline Jacques, plusieurs enseignants sont aussi en difficulté de logement à l’école maternelle, ainsi qu’au collège.



JSB 1295

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