Poumon économique de l’île, le port de commerce poursuit sa mue avec des travaux d’agrandissement de sa plateforme logistique. Un chantier à plus de dix millions d’euros indispensable pour faire face à la hausse du trafic et des marchandises.
Amarré sur le quai principal du terminal du port de commerce, un cargo se vide progressivement de sa marchandise. Le ballet des camions qui déchargent les conteneurs et celui des engins qui transbordent les pallettes est incessant. Une matinée comme une autre sur la plateforme portuaire de Saint-Barthélemy, sur laquelle circuler demande une attention et une dextérité de tous les instants. En raison de l’affluence, mais aussi de l’espace, modifié en raison des travaux d’agrandissement entamés en mai 2025 et qui ont bien avancé.

Ernest Brin, directeur du port de Saint-Barthélemy.
Un nouveau terminal pétrolier
Le comblement de la darse, qui va permettre de gagner près de 2.200 mètres carrés, est achevé. Une opération d’ampleur qui n’a toutefois pas trop perturbé l’activité du port. « Grâce au groupement d’entreprises Bachy Balineau et Arc qui nous a permis d’avoir une grande partie du terre-plein pour stocker les conteneurs, rappelle Ernest Brin, le directeur du port. Sans cela, le port de commerce aurait été bloqué dès le 17 décembre. » Les travaux en cours vont notamment permettre de fermer complètement le terminal pétrolier.
Ernest Brin explique : « L’ancienne partie de la darse intérieure était au carré. En la comblant on a gagné de la surface à exploiter pour le stationnement des conteneurs, la manutention des marchandises, et ainsi travailler dans des conditions de sécurité maximum. » Fermer la darse, très bien, mais intelligemment. « Il ne fallait pas perdre de poste d’accostage, notamment pour les petits bateaux, souligne le directeur. Maintenant, sur le même poste, on peut accueillir deux bateaux au lieu d’un. Cela fluidifie et libère de l’espace. »
Parallèlement, une chambre a été créée pour accueillir le nouveau terminal pétrolier. Avec un dispositif flambant neuf et plus imposant qui permettra de dépoter les pétroliers et de transférer le carburant plus rapidement vers Rubi et la centrale EDF.
Une station marine opérationnelle
Les travaux ont aussi permis de doter le port d’une nouvelle station marine qui a été mise en service dès le mois de décembre 2025. Elle englobe la station de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer), un local de dépôt des déchets et une pompe à carburant. « L’objectif depuis des années était de chercher à évacuer tout l’afflux de déchets sur le quai du Général de Gaulle, indique Ernest Brin. On en a profité pour créer un local plus grand. A certaines périodes de l’année on se retrouvait avec un stock de poubelles énorme. On a déjà vu l’efficacité de ce nouveau dispositif. L’information est passée, aussi bien auprès des bateaux de passage et de ceux au mouillage. C’est un investissement qui est 100% opérationnel et 100% productif. »
La Collectivité territoriale a investi environ dix millions d’euros dans le chantier. Une opération devenue indispensable face à l’augmentation constante du trafic et du nombre de marchandises importées à Saint-Barth. Pour mémoire, chaque marchandise débarquée sur le port est soumise à une taxe de 5%. Le droit de quai rapporte plus de vingt millions d’euros à la Collectivité chaque année.
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Une « énorme » avancée » pour la SNSM
La vie des bénévoles de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) a radicalement changé. Depuis que leurs deux bateaux sont amarrés au quai de la nouvelle station marine et qu’ils disposent d’une station opérationnelle, les contraintes se sont évanouies. « C’est la chose qui nous manquait, affirme le patron, Julien Lestin. La station, c’est la pierre angulaire des interventions de sauvetage. Grâce à Ernest, on a trouvé une solution. » L’équipage dispose désormais d’un local pour se préparer avant chaque intervention, et d’espace pour stocker le matériel. « Et le fait d’être à la sortie du port favorise le délai d’intervention, explique le patron. Là, on est déjà presque à l’entrée du chenal. En cumulant tous les avantages, on gagne plus d’une demi-heure sur notre délai d’intervention. » Quant au local, il est presque parfait, assure Julien Lestin. « Pour le moment c’est un petit peu brut mais on va attaquer les aménagements, sourit-il. Ce n’est pas une maison de vacances, il fallait que ce soit pratique, ce qui est le cas. Il ne nous manque que l’eau qui arrivera courant février. C’est une énorme avancée. » |

