Une trentaine d’habitants de Corossol est venue à la rencontre des représentants de la Collectivité, jeudi 27 mai, lors d’une réunion publique.

A Corossol, l’enfer du trafic

Les habitants du quartier de Corossol ont profité d’une réunion publique, jeudi dernier, pour exposer leurs griefs aux représentants de la Collectivité territoriale. Le trafic, le manque de place de stationnement et de civisme sont au cœur des mécontentements.

Une semaine auparavant, les représentants de la Collectivité territoriale se frottaient à l’agacement des habitants de Flamands. Cette fois, ­toujours dans le cadre d’une réunion publique de présentation de travaux d’aménagements, ils ont pu mesurer l’exaspération de certains riverains du quartier de Corossol. Comme à ­Flamands, c’est la question du stationnement et du trafic qui génère des crispations. Avec, toutefois, quelques particularités.

Ne pas obstruer l’entrée des maisons
Contrairement à la semaine précédente, Romaric Magras n’a pas laissé s’installer le dialogue avant d’en avoir fini avec la présentation des travaux. Le conseiller territorial a déroulé le programme devant une audience de près d’une trentaine de personnes. Enfouissement des réseaux, renforcement du circuit d’eau potable, réfection de la voirie, etc. « L’objectif est de pénaliser le moins possible les entrées de maisons, insiste Romaric Magras. La circulation restera possible grâce à la mise en place d’un feu. Néanmoins, il faudra sans doute garer les voitures un peu plus haut pendant une partie des travaux. »
Par ailleurs, les camions de 7,5 tonnes qui vont et viennent pour accéder aux chantiers dans le bas de Corossol ne seront plus autorisés à circuler. « Les travaux vont durer cinq mois, est-ce que vous nous autorisez à travailler le samedi matin de huit heures à midi ? », demande l’élu. Personne ne semble y voir d’inconvénient. « De toute façon, du bruit le samedi avec les chantiers, on en a toujours », remarque un riverain. Puis survient la question du stationnement. Le débat ne dérivera plus jusqu’à la fin de la réunion.

Privilégier d’autres plages pendant cinq mois
Pour éviter les files de voitures garées le long des murs qui perturbent la circulation et empêchent les habitants de se garer, un homme propose d’interdire l’accès de la plage à toutes les personnes extérieures du quartier pendant la durée des travaux. Sophie Olivaud-Durant, directrice des services techniques de la Collectivité, répond : « On ne va pas et on ne peut pas demander sa carte d’identité à chaque personne qui vient à la plage... » Un riverain suggère alors de diffuser un communiqué qui demande à la population de « privilégier» les autres plages de l’île pendant toute la durée des travaux. « On va faire ça et si ça convainc dix personnes, ce sera déjà bien », commente Romaric Magras.
Pour un jeune habitant, c’est l’après-travaux qui importe. Il lance à travers son masque : « Est-ce que ce sera toujours un maudit bordel pour se garer et circuler ? » Romaric Magras lui répond par l’aménagement d’un parking de douze places. Pas suffisant pour changer de thème. Un homme enchaîne avec les personnes qui mettent leur bateau au mouillage dans la baie de Corossol et qui garent « parfois de cinq à huit voitures » dans le quartier. « Et il n’y a pas de civisme, », se plaint-il. La Collectivité affirme qu’elle va prendre conseil auprès de la direction du port. « S’il faut un ajustement de la loi pour les obliger à accoster à Gustavia, on verra ce que l’on peut faire », précise Romaric Magras.

Des rires pour la police de « New York »
Quelques remarques fusent sur le comportement de certains usagers des bars et de l’épicerie, tout en interrogeant la responsabilité des propriétaires. Sophie Olivaud-Durand réplique : « On n’est pas là pour faire le procès des commerces. S’il y a des problèmes, il faut appeler la police territoriale. » Cette dernière suggestion déclenche un éclat de rires général. « Quand on les appelle on a l’impression d’avoir la police de New York au bout du fil, ironise un homme. Toujours en intervention les gars ! »
La discussion autour du stationnement se poursuit. Toutefois, la directrice des services techniques se permet une remarque. « Se tourner vers la Collectivité pour qu’il y ait des places de parking, je comprends, assure-t-elle. Mais il faut aussi que les propriétaires prennent leurs responsabilités. » Plus clairement : construire, c’est bien, mais prévoir sur son propre terrain un nombre de places de stationnement qui correspond au nombre de logements, c’est encore mieux.
Après avoir évoqué la possible installation de ralentisseurs ou encore l’hypothétique pose d’une caméra devant le local à poubelle, la réunion se termine. Désormais, au-delà des travaux d’aménagement, les habitants attendent des améliorations.

 

 

Les travaux commencent à la mi-juin et leur première tranche durera cinq mois. Ils impliquent l’enfouissement des réseaux (EDF, télécommunications), le renforcement de la ligne à haute tension, la pose de fourreaux pour la fibre optique, le renouvellement de la conduite d’eau potable, la pose d’un réseau pour l’éclairage public et la réfection complète de la voirie. Le montant global des investissements n’a pas été dévoilé par la Collectivité.

 

Journal de Saint-Barth N°1426 du 03/06/2021

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