Saint-Barth -

La sénatrice Micheline Jacques et des élus de Saint-Barth d’Abord sont allés le lundi 26 janvier à la rencontre des habitants de Corossol.

A Corossol, des problèmes qui perdurent

Stationnements gênants, incivilités et nuisances venues de l’extérieur, débarquements d’annexes de yacht au ponton des pêcheurs… Les problèmes soulevés par des habitants du quartier de Corossol lors d’une rencontre initiée par la sénatrice Micheline Jacques, le lundi 26 janvier dans le local d’ALC, sont nombreux. Et pas vraiment nouveaux. « Vous avez déjà tout dans le sondage qui a été fait il y a deux ans, remarque une habitante. On est dans la même situation. » Avec quelques problématiques qui sont venues s’ajouter depuis à la vie du quartier.
Une quinzaine de personnes a répondu à l’invitation de la sénatrice. Pour s’entretenir avec les habitants, la parlementaire est accompagnée de trois conseillers territoriaux du groupe Saint-Barth d’Abord : Alexandra Questel, Diana Bourel et Sylvère Gréaux. Un représentant de la gendarmerie est aussi présent. La discussion s’engage en évoquant l’écoulement d’eau constaté depuis quelques semaines et qui, depuis s’est arrêté (JSB 1649). Une « fuite » qui revient à intervalle régulier après de longs épisodes de pluie. Selon Jeannot Danet, l’écoulement provient du morne et serait la conséquence des travaux de construction du nouveau parking. « Avant, ça ne coulait pas à cet endroit », soutient l’ancien conseiller territorial. Une théorie qui reste toutefois à vérifier. Quoi qu’il en soit, les échanges se portent rapidement sur d’autres problèmes. Comme la fréquentation du «coin parking et poubelles ».


« Verbaliser tous les jours »
La question de l’insécurité est posée. « Je parlerais plutôt de gène », explique un habitant. Une voisine lui répond : « Certains soirs, ça chauffe et il y a des bouteilles en verre qui volent. Donc oui, ce n’est pas très sûr. » Quant au fait qu’il s’agisse d’un « point de deal » de stupéfiants, pour une habitante, cela ne fait aucun doute. « Ils ne se cachent même pas », affirme-t-elle. Le représentant de la gendarmerie estime qu’il s’agit certainement de personnes qui ont déjà été contrôlées et verbalisées ailleurs sur l’île. « A Gustavia, ils en ont eu marre que l’on passe tout le temps et ils ont changé de quartier, constate-t-il. Nous sommes passés samedi mais le gars a eu le temps de nous voir arriver et nous est passé devant à scooter. » Pour Micheline Jacques, une action doit être menée. « Il ne faut pas que l’on laisse une telle situation s’installer dans le quartier », déclare-t-elle. « Ce n’est pas compliqué, il suffit de passer et de verbaliser tous les jours, comme pour les véhicules mal garés et qui gênent la circulation », renchérit un habitant. Le sujet du stationnement est alors naturellement lancé.
« Ça dure depuis dix ans, peste un résident. S’ils prennent une amende de 35 euros tous les jours, les gens iront ailleurs. » La gendarmerie souligne le fait que la mise en place des procès-verbaux électronique et la mise en route de la fourrière territoriale « va permettre d’évoluer ». Alexandra Questel ajoute : « Aujourd’hui, la priorité serait peut-être de construire un parking. » Elle évoque pour cela le terrain de 1.093 mètres carrés appartenant à la Collectivité. « Il existait un projet de parking et de logements sous l’ancienne présidence, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui », indique l’élue. Toutefois, l’une des principales difficultés est liée aux véhicules garés le long de la voie. Parfois de chaque côté. « Il ne faut pas oublier que les anciennes maisons ont été construites à une époque où il n’était pas obligatoire d’avoir un parking », rappelle une habitante. Verbaliser tous les véhicules, sauf à distinguer ceux des résidents, pourrait donc s’avérer improductif.
L’utilisation du ponton, au bout de la plage, fait aussi l’objet de griefs. « De plus en plus d’annexes de yachts viennent débarquer leurs clients à Corossol », soutient une habitante. « Ils n’ont pas le droit de le faire », réplique le gendarme. « Sauf que ça arrive tout le temps, confirme une autre résidente. Il suffit de venir passer une journée pour s’en rendre compte. » Des débarquements qui s’accompagnent d’une invasion de véhicules qui viennent récupérer cette clientèle. Pour une habitante, il devient « crucial » de « clarifier le statut d’utilisation du ponton ». Tout comme ceux des navires au mouillage qui sont habités mais dépourvus de surveillance ou de maintenance. « Il faut repenser le quartier », glisse un intervenant. Reste désormais à établir les contours des éventuelles modifications à entreprendre.
 

 

Journal de Saint-Barth N°1650 du 29/01/2026

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