Chantier Emeraude Plage Saint-Jean

Le CESCE rend un nouvel avis défavorable sur L’Etoile, futur hôtel de la baie de Saint-Jean

Le futur Emeraude Plage est de retour. Un permis modificatif a été déposé pour que le projet tienne compte des critiques formulées, avec notamment une construction moins lourde côté plage, et des précisions techniques données sur le déroulement des travaux. Le CESCE a consulté la nouvelle étude d’impact de ce futur hôtel, L’Etoile, et donné un second avis défavorable.

Un permis modificatif a été déposé pour le futur Emeraude Plage, qui s’appellera L’Etoile, pour examen par le conseil exécutif. L’étude d’impact du projet a été une nouvelle fois étudiée par le Conseil économique, social, culturel et environnemental, qui a publié son avis le 1er octobre.
Le document en question souligne « la dégradation avancée de l’écosystème de la baie de Saint-Jean et du récif corallien », et note la nécessité pour L’Etoile de « soutenir la restauration des massifs coralliens pour rétablir l’écosystème ».

Erosion et affouillement
Un système d’enrochement a été ajouté, constate le CESCE, qui juge le dispositif « très léger » par rapport au risque cyclonique. Tout en admettant que l’explication très technique est difficile à interpréter pour les conseillers ; l’institution demande donc une modélisation des mouvements de sable à Saint-Jean pour « mieux appréhender les risques d’érosion de la plage». Concernant la période de fouilles pour la construction du parking souterrain sous le sable, qui inquiétait particulièrement le CESCE, le cabinet d’étude a aussi détaillé les techniques qui seront utilisées. Il s’agit d’un procédé appelé “jet grouting”, soit «l’injection sous haute pression de coulis de ciment dans des forages verticaux. Il est prévu une ceinture périmétrique de colonnes d’une hauteur de 10 mètres de haut.» Le but est de stabiliser le terrain pendant les travaux pour éviter tout risque d’affaissement des sols alentours. «Le CESCE attire l’attention de la Collectivité sur les risques de cette technique, principalement, en ce qui concerne le traitement de l’énorme volume des rejets de coulis de ciment en surface (de 5 à 50 m3 par colonne de 10m.). Cette technique prévoit l’installation d’une zone de traitement et de stockage des rejets (bassins, cuves, etc.). » L’institution souligne que « l’étude d’impact ne précise pas l’emplacement attribué à ces installations nécessitant un grand espace. Compte tenu de la surface du terrain excavée, il va sans dire que le traitement des rejets ne pourra pas être réalisé sur le terrain d’assiette du projet. »
Enfin, la question de l’évacuation des eaux d’infiltration a aussi été précisée, en ces termes : « Les eaux d’exhaure sont pompées et dirigées vers des bassins de décantation. Une fois décantées, ces eaux seront envoyées dans des fosses d’infiltration sur le terrain d’assiette du projet. La qualité de l'eau avant rejet et devant la parcelle sera contrôlée par un laboratoire. Les résultats seront mis à la disposition du public. » Malgré les détails donnés sur ces points techniques, le CESCE regrette le « peu de changement » et par conséquent il confirme son avis défavorable sur ce projet. Il conclut : « Si les études décrivent un procédé de protection intéressant, et sans doute efficace pour des aléas courants, le CESCE émet toutes réserves sur leur efficacité lors des cyclones à venir auxquels seront confrontés inévitablement les rivages de Saint-Barthélemy. Il encourage la Collectivité à demander un complément d’étude avec une modélisation informatique des effets de la mer, et lui suggère de s’entourer des conseils d’ingénieurs spécialisés. Le CESCE attire également l’attention de la Collectivité sur les conséquences des techniques de pompage nécessaires à la réalisation des terrassements et lui conseille de solliciter un complément d’informations concernant le traitement des rejets de ciment et des eaux d’exhaure, notamment leur plan d’implantation. »
L’aspect paysager est rapidement évoqué : « Si le projet modificatif ne prévoit “plus que” 3 bâtiments de 1 étage en bord de plage, il n’en demeure pas moins que ces constructions porteront atteinte à la cohérence du paysage naturel et urbain de la zone. »

Attaqué par St Barth
Essentiel et l’Eden Rock

Le permis de construire du futur hôtel Etoile a fait l’objet de plusieurs recours devant le tribunal administratif. Deux référés-suspension (procédure en urgence visant à faire stopper le chantier en raison d’irrégularités), déposés par l’association Saint-Barth Essentiel et par l’hôtel voisin, l’Eden Rock, ont été retoqués par le tribunal administratif. La validité du permis de construire est désormais examinée sur le fond par la justice, là aussi, sur deux requêtes de l’Eden Rock et de Saint-Barth Essentiel. Une pétition demandant la révision à la baisse du projet avait obtenu 2.700 signatures.

Journal de Saint-Barth N°1396 du 04/11/2020

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