Division au CESCE sur la villa douze chambres d’Autour du Rocher

Le CESCE (sous l’ancienne mandature) a rendu un avis sur le projet de villa douze chambres à Autour du Rocher, récemment publié sur son site, qui n’a pas fait l’unanimité au sein des conseillers. Depuis, le tribunal administratif a annulé le permis de construire, un coup de frein pour ce projet controversé.


Sollicité par la Collectivité en mai, le CESCE a rendu un avis sur l’incidence sur le projet de villa 12 chambres prévu à Autour du Rocher. L’institution demande à ce que le propriétaire revoie à la baisse son projet, en accord avec la Collectivité. Mais ce dernier a déjà allégé sa copie : il avait obtenu un certificat d’urbanisme pour un hôtel de 24 bungalows en 2015, contre lequel une pétition avait réuni près de mille signataires (JSB 1222).

 

Finalement, après négociation avec Bruno Magras, qui avait pourtant autorisé la première version de l’hôtel, le pétitionnaire a présenté cette villa douze chambres avec un espace bar, spa, piscines, staff, espace d’accueil, espace plage, etc. “Le CESCE s’interroge sur l’opportunité de la réalisation d’un tel projet qui vient s’ajouter à l’offre d’hébergement touristique pléthorique”, explique l’institution dans son avis, consultable en ligne sur son site internet. “Le CESCE, tout en admettant que ce type de projet participe à renforcer l’image du très haut de gamme que véhicule notre île, prévient aussi que cela contribue à aggraver sa densification et tout ce que cela implique. D’autant plus que la description du projet et des aménagements laisse penser, selon le CESCE, qu’il s’agit plus d’une structure hôtelière…”

 

Autre interrogation, la capacité des infrastructures de l’île à accueillir encore de tels projets : “Chacun sait que la Collectivité a, de nombreuses fois, attiré l’attention sur les problèmes primordiaux de distribution d’eau et d’énergie sur l’île. Les seuils de capacité de production des réseaux se rapprochent. L’envergure de ce type de projet énergivore et gros consommateur en eau contribuera, sans conteste, à aggraver et accélérer la dérive de saturation des réseaux de l’île. En d’autres termes, ce projet est de nature à empêcher que d’autres projets plus modestes et destinés au logement ou à l’habitat familial ne voient le jour, dans l’avenir.”

Et de souligner que le pétitionnaire aurait sous-estimé les besoins, présentant une consommation de 8m3 d’eau par jour et de 100.000 kW/h, soit une moyenne de 274 kWh/jour, “ce qui correspond à une villa cinq chambres avec piscine”, sans aucun élément d’énergie renouvelable intégré.

 

Permis annulé

Cet avis a été soumis au vote de onze conseillers (Pierre Kirscher, avocat de la Collectivité, n’a pas participé pour éviter tout conflit d’intérêt). Six l’ont validé, mais trois ont préféré s’abstenir.

Entre temps, le permis de construire a été annulé par le tribunal administratif (JSB 1308), saisi par des voisins d’Autour du Rocher. Toutefois, il y a fort à parier que cette famille n’a gagné qu’un report du projet, le tribunal ayant retenu un unique point à l’encontre du pétitionnaire, qu’il aura peu de mal à réajuster pour être dans les clous de la carte d’urbanisme.

 

JSB 1333



Journal de Saint-Barth N°1333 du 04/07/2019

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