Saint-Jean : soulager l’étang tant qu’il est temps

La Collectivité, l’Eden Rock et Roman Abramovitch s’associent pour essayer de redonner vie à l’étang de Saint-Jean. Les travaux lancés en 2016 ont été compliqués par l’ouragan.

Le projet de restauration de cet étang derrière la baie de Saint-Jean a été lancé en 2016. « Il était dans un état catastrophique », rappelle Sophie Durand, directrice des services techniques de la Com. Privé des deux canaux qui le reliaient à la mer à l’origine, l’étang étouffe complètement sous les effets de la pollution. Oiseaux, poissons et végétaux dérangés, odeurs pestilentielles, eau saumâtre…

Le chantier est pris en charge par trois parties : la Collectivité s’occupe le curage de l’étang de Saint-Jean, Roman Abramovitch la végétation de la mangrove, et l’Eden Rock la mise en place d’un pipeline pour le relier à la mer.

Irma augmente la facture

Actuellement, les machines sont en train de draguer le fond, et d’extraire des boues qui sont ensuite envoyées à Saint-Martin, pour servir de remblai. Ce curage a débuté fin 2016, mais les travaux ont été retardés par des fortes pluies, puis par Irma. Le surcoût se monte à 1,2 millions d’euros pour la Collectivité, qui avait déjà budgété 2,5 millions d’euros au départ. La promenade en bois, elle, a tenu le coup.

Côté Eden Rock, l’installation du pipeline est en cours. Quatre larges tuyaux permettront aux eaux de l’étang et de la mer de communiquer. Le circuit passera par le petit canal, sous la plage de Saint-Jean, et se terminera juste au pied du rocher de l’hôtel. Mais comment être sûr que l’eau de l’étang ne pollue pas la baie de Saint-Jean plus qu’elle ne l’est déjà ? Le cabinet Pareto a été missionné pour étudier l’impact éventuel de cette connexion. Elle aurait « des effets globalement positifs sur le fonctionnement hydraulique, écologique et biologique de l’étang », indique le rapport rendu en mars 2016. Toutefois, il prévient qu’en cas de « fortes pluies ou de pollution du milieu, les données sont insuffisantes pour garantir l’absence d’impact sur le milieu marin de la baie. » La qualité de l’eau sera donc testée régulièrement. Et en cas de problème, ou encore de cyclone, la connexion étang-mer pourra être fermée par une porte-guillotine, installée puis gérée par la Collectivité.

Enfin, la plantation de nouveaux palétuviers, ces arbres hauts sur racines typiques de la mangrove, permettra de filtrer l’eau. C’est la partie financée par Roman Abramovitch. 

Si cette opération devrait permettre à l’étang de Saint-Jean de mieux respirer, il continuera d’absorber toute la pollution des routes et surtout les sédiments venant des systèmes d’assainissement du bassin versant. En mai 2016, parallèlement aux explications sur l’aménagement de l’étang de Saint-Jean, le conseil territorial validait l’achat d’une parcelle de 980 m2 située à l’embouchure du canal, avec l’idée, à terme, d’y construire une station d’épuration pour le quartier Saint-Jean. Est-ce toujours d’actualité ? « Non, cette parcelle devrait faire l’objet d’un échange avec une autre », pour un aménagement de voirie, répond Sophie Durand. Mais un projet d’assainissement collectif est-il toujours envisagé pour Saint-Jean ? L’idée est là, mais entre la question du foncier, du paysage, des nuisances… « Pour construire la station d’épuration de Gustavia (achevée en 2013, ndlr), le schéma directeur a été lancé en 2001 », rappelle la directrice des services techniques. Point de projet, donc, « mais la problématique est là, c’est certain. »

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