La mobilité est au cœur de nombreuses réflexions à Saint-Barthélemy. Le 3 février, des rencontres territoriales se sont tenues en l’hôtel de la Collectivité sur ce thème, associé à la sécurité. Parallèlement à cette réunion grand public, la Chambre économique multiprofessionnelle a reçu le rapport commandé à la société Drop-972, spécialisée dans les domaines du transport. Celle-ci avait pour mission de réaliser une étude sur le transport de voyageurs à Saint-Barthélemy. Avec pour objectif de dresser un état des lieux précis du secteur, analyser les dysfonctionnements observés et formuler des propositions opérationnelles « permettant d’améliorer durablement l’efficacité, la lisibilité et la régulation du transport de personnes ».
Dans un premier temps, l’étude réalisée entre novembre 2025 et janvier 2026 se penche sur le parc de véhicules présents sur l’île. Ils sont au nombre de 18.485, dont 8.636 voitures et 6.931 scooters, quads et « micro-véhicules » (twizy, etc). Une dernière catégorie qui s’affiche à la hausse avec 724 unités supplémentaires entre 2025 et 2026. Par ailleurs, les voitures et les deux-roues représentent 84,2% du parc. Les véhicules utilitaires (camionnettes et poids lourds) constituent 14,5 % de la « ?otte ». Quant aux vingt véhicules de transport en commun, ils ne représentent que 0,1% du total.
Un réseau de bus ?
Pour conduire son étude, le cabinet indique avoir mené 73 entretiens auprès de taxis et transporteurs, d’hôteliers et de restaurateurs, d’acteurs économiques et touristiques, d’élus. L’étude remarque que « tous les acteurs convergent vers des constats partagés » avec « un manque de régulation et de coordination », «une pénurie de taxis en haute saison et la nuit », « une tarification opaque et hétérogène », « une organisation informelle reposant sur des pratiques artisanales » et « une insuffisance de transport collectif pour les salariés et les résidents ». Sur ce dernier point, il est toutefois à noter qu’il existe désormais un service de navettes entre Saint-Jean et Gustavia. Encore faut-il que les usagers l’empruntent.
Dans les propositions formulées dans l’étude, il est fait mention d’un « réseau de bus urbain ». Avec quatre à cinq lignes. Le rapport insiste aussi et surtout sur la mise en place de contrôles plus appuyés et de sanctions adaptées. Notamment à l’encontre des transporteurs professionnels qui ne respecteraient pas leur périmètre d’activité. « Le système actuel de transport de personnes présente des limites structurelles face à l’évolution des besoins de mobilité sur le territoire, est-il indiqué. La demande, fortement marquée par la saisonnalité touristique et l’augmentation des déplacements, excède aujourd’hui les capacités d’offre existantes. Dans ce contexte, une réforme du cadre réglementaire et organisationnel apparaît nécessaire. » Par quel biais ? «Renforcer la capacité de réponse du service de transport, professionnaliser et structurer durablement la filière, sécuriser juridiquement et économiquement les acteurs en place, améliorer la lisibilité et l’équité du système tarifaire pour les usagers. »
Engager une réforme
Pour les rédacteurs du rapport, les difficultés rencontrées à Saint-Barth relèvent « d’un défaut d’organisation, de gouvernance et de coordination ». Et d’ajouter : « Les points forts du secteur – qualité des véhicules, connaissance du territoire, engagement des professionnels – ne peuvent produire pleinement leurs effets sans un cadre structurant et partagé. »
L’étude invite donc, tout simplement, à engager une réforme afin de « bâtir un modèle de transport cohérent, durable et exemplaire, au service des résidents, des salariés et des visiteurs, tout en préservant l’équilibre économique et social du territoire ».
A défaut d’être une bible du changement, l’étude pourra toujours servir de base pour une réflexion plus élaborée sur l’évolution des transports sur l’île.
