L’île espère une mini-saison touristique cet été

La plupart des hôtels cinq étoiles gardent portes closes jusqu’à l’automne. L’activité se fera, cet été, dans les villas et les plus petites structures hôtelières. Les restaurants locomotives de Saint-Barthélemy jouent le jeu et préparent aussi leur réouverture.

Eden Rock, Cheval Blanc, Christopher, Sereno, Barthélemy, Villa Marie, Carl Gustaf : réouverture en octobre ou novembre pour ces grosses machines. Côté 5 étoiles, seuls le Manapany et le Toiny accueilleront des clients cet été. « Remettre un hôtel en route, ça coûte beaucoup d’argent », explique Anne Dentel, présidente de l’association des hôteliers de Saint-Barthélemy. « Il faut un certain taux de remplissage pour que ce soit rentable. Chacun a fait son calcul ; si le bilan avait été à zéro, les gros hôtels auraient rouvert, tout le monde a bien sûr envie de reprendre l’activité. Mais là, ils perdraient de l’argent. »

Tous ont hésité jusqu’à la dernière minute. L’annonce de la réouverture de Saint-Barthélemy le 22 juin a été faite tardivement ; longtemps, le calendrier donné par le gouvernement n’offrait aucune perspective précise, il était donc impossible d’ouvrir aux réservations. D’ailleurs, la Collectivité est sortie de la voie gouvernementale en ouvrant l’île à tous les visiteurs, quelle que soit la nationalité, sans mesure de quarantaine.

Maintenant, c’est fait, et si les grosses unités restent fermées, les plus petits hôtels répondent présents : le Pearl Beach, le Village, Baie des Anges, L’Auberge de la Petite Anse ou encore les Îlets de la Plage sont opérationnels. C’est donc vers ces derniers, et bien sûr vers les villas de location, que seront orientés les touristes cet été.

Plus d’Américains
que d’Européens
« On ne va pas faire la saison prévue, mais on va s’enlever une grosse épine du pied », indique Anne Dentel. « On reçoit pas mal d’Américains, alors que d’habitude les deux mois d’été sont plutôt tournés vers les Européens. » Côté tests de dépistage, « ils montrent tous patte blanche », assure-t-elle. Ils veulent voyager l’esprit tranquille, et venir oublier toute cette crise et ces contraintes durant leurs vacances à Saint-Barthélemy. « Le fait d’être en villa les rassure d’un point de vue sanitaire », indique Anne Dentel. « Mais de toute façon Saint-Barthélemy rassure par ses petits volumes de touristes, sur des espaces ouverts, des bungalows individuels ou villas. » A noter, «on reçoit des demandes pour des séjours plus longs que d’habitude. » Autre point fort, les annonces des établissements locomotives qui se succèdent : Shellona est déjà ouvert, le Bonito rouvrira le 2 juillet, comme Bagatelle, Nikki Beach le 4 juillet, La Guérite le 8 juillet…

D’un autre côté, « on a toujours des clients qui annulent parce qu’ils ont peur de voyager, qu’on vient de découvrir un cluster près de chez eux », indique Anne Dentel. Et aussi des annulations liées aux contraintes sanitaires. « Les Britanniques et les Norvégiens, par exemple, doivent faire une quatorzaine chez eux au retour des vacances. On a eu de grosses annulations à cause de ça, alors qu’ils voulaient venir. »

Avec la crise sanitaire qui bat son plein sur le continent américain, les contraintes de voyage et de dépistage qui diffèrent selon les pays et les aéroports, la situation reste instable en ce mois de juin. Des décisions prises au dernier moment, ou changeantes, ont fortement compliqué le travail des professionnels du tourisme.

« On commence à avoir des demandes pour la saison prochaine », positive Anne Dentel. Mais c’est encore loin, «les clients veulent venir mais veulent des garanties sur les conditions d’annulation, si jamais la crise devait empêcher leur venue. » Et d’ajouter en aparté : « Drôle de période… »

 

Journal de Saint-Barth N°1381 du 24/06/2020

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