Coup de frein brutal pour la saison touristique

Ce sont les annonces de Donald Trump, la semaine dernière, qui ont déclenché le départ de nombreux touristes et les annulations en cascade. La non-tenue de la Bucket Regatta, puis les mesures prises par le gouvernement, ont fini d’enfoncer le clou.

 

Lundi, alors que la France était suspendue dans l’attente des annonces d’Emmanuel Macron, il se trouvait encore quelques touristes sur l’île, essayant de profiter des vacances malgré les fermetures des restaurants, bars, équipements sportifs. Les restrictions de voyage et la déclaration du chef d’Etat français, sur le confinement général et la fermeture des frontières, ont fini d’enterrer une situation touristique déjà branlante depuis le début du mois de mars.

 

Les annulations ont commencé à tomber dans les hôtels et villas de l’île dès la semaine dernière, à la suite de la décision de Donald Trump de fermer les frontières américaines aux Européens, et d’imposer des consignes de confinement aux ressortissants américains de retour de voyage. L’aéroport Princess Juliana de Sint-Maarten a enchaîné avec des restrictions fermes pour les voyageurs européens et américains. L’annulation de la Bucket Regatta a été le coup de grâce. A ce moment là, les visiteurs craignaient surtout des complications dans leurs voyages, et notamment l’éventualité d’être confinés quelque part. Mais depuis ce week-end, c’est bien la crainte du virus lui-même qui a saisi le monde.

 

Mot d’ordre : flexibilité

Les socioprofessionnels accusent le coup. « Nous sommes restés transparents sur la situation auprès de nos clients », indique Vanessa Panza, de l’association des hôtels et villas de Saint-Barthélemy, qui regroupe 24 membres. Ces derniers se sont réunis dès vendredi 13 mars pour faire un point sur la situation. « La baisse d’activité était flagrante, pour les séjours qui vont jusqu’à mi-avril. Le mot d’ordre chez les hôteliers est la flexibilité sur les conditions de vente et d’annulation ; on propose autant que possible aux clients un report de séjour », poursuit-elle. Les hôteliers encouragent tous les professionnels du tourisme à jouer le jeu de la même manière. 

 

Chez Wimco, qui représente 385 villas à Saint-Barthélemy, 50% des touristes étaient toujours sur l’île lundi 16 mars. Mais tous avaient décidé de partir rapidement, quitte à écourter leur séjour. Pour les deux dernières semaines de mars, Stiles Bennet, président de Wimco, a vu « plus de 70% d'entre eux demander des changements de date... et d’autres demandes sont en cours. Cela dit, de nombreux clients qui devraient arriver à la mi-avril ont décidé de conserver leurs réservations, pour le moment, et il y a eu très peu de demandes de changement de date du 1er mai au 30 août. Nous continuons de recevoir des demandes de renseignements pour des voyages l’an prochain. »

 

Le plus difficile, dans tout cela, c’est l’incertitude sur l’ampleur et la durée de la crise liée au Covid-19 : la situation va-t-elle s’arranger dès avril, ou se prolonger? «Personne n’a de réponse et nous sommes tous en suspens», avoue Vanessa Panza. « On ne peut pas se projeter, ni prévoir de plan… C’est l’inconnu le plus total.»


JSB 1367

Journal de Saint-Barth N°1367 du 19/03/2020

Coronavirus et confinement
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