Les deux rêves de Renaud Nicot se réalisent

Pour la première fois, le navigateur Renaud Nicot, installé à Saint-Barthélemy depuis plusieurs années, prendra le départ de la Transat AG2R-La Mondiale, le 22 avril, avec le Breton Guillaume Farsy comme coéquipier.

Quand Renaud Nicot arrivera à Saint-Barthélemy au mois de mai, il ne sera plus le même homme. Le trentenaire aura passé une quinzaine de jours, au mieux, en pleine mer, accompagné de son co-skipper Guillaume Farsy, qui a déjà couru deux Transat AG2R-La Mondiale. Et surtout, il sera devenu père d’un petit garçon.

Traverser l’Atlantique en régate, Renaud, marin professionnel, en a toujours rêvé. Son patron Arnaud Grandclerc, de TopLoc, lui a annoncé au début de l’été qu’il le suivrait et l’aiderait à boucler son budget. C’est chose faite, une trentaine de jours avant le départ. Impossible de refuser une telle offre. « Je n’ai jamais participé à une course aussi prestigieuse », admet Renaud. Le timing est particulier : son premier enfant, Enzo, est né le 7 mars, moins de deux mois avant le départ, qui sera donné le 22 avril de Concarneau. Sa compagne Pollyanna, « une perle » dixit Renaud, a donc changé ses plans et a accouché en Bretagne, afin que le marin puisse accueillir et rencontrer son fils, avant de prendre le large.

Beaucoup d’émotions pour celui qui se dit « complètement bizu sur cette course.» Mais il a l’expérience des régates, sa passion depuis tout petit. « Je suis né à Granville, une ville de marin, et j’étais âgé de 3 semaines quand mon père m’a emmené naviguer la première fois », raconte-t-il. « J’ai débuté la voile à 5 ans. Ensuite, je séchais les cours pour participer à un maximum de courses…» Parmi ses plus récents faits d’armes, la fameuse Heineken Regatta, qu’il a remporté il y a quatre ans, et plusieurs participations aux Voiles de Saint-Barth, entre autres. Mais la Transat AG2R, c’est autre chose.

« Je pars de loin »

« Je pars de loin », admet Renaud, qui embarquera sur son Figaro Bénéteau avec Guillaume Farsy, qu’il a rencontré en arrivant en Bretagne. « Lui, c’est son métier à l’année, c’est un pro », explique-t-il. « On a un bon feeling. C’est important que ça colle entre les deux. » Arrivé au Pôle Finistère course au large le 1er mars, Renaud Nicot a un mois et demi pour s’entraîner et apprendre à connaître son coéquipier Guillaume, préparateur de bateau de métier.

Bateau solidaire

L’idée d’Arnaud Grandclerc avec ce bateau était également de marquer le coup, après l’ouragan Irma, et de souligner la solidarité entre la Bretagne et Saint-Barthélemy. La Chambre de commerce de Bretagne, ainsi que plusieurs sociétés dont Bellocq Paysages, financent 50% du budget. L’autre moitié est assurée par des entreprises de Saint-Barthélemy, sur un principe simple : plus la somme est importante, plus le logo sera écrit en gros sur la coque du Figaro. Le logo du bateau Cornouailles Solidarité Saint-Barth, justement, a été dessiné dans l’esprit post-Irma. Dans chaque lettre « O » figure l’image satellite de l’ouragan.

Pour sa première, Renaud use d’humilité. « Je ne vise pas le podium cette fois. Mon objectif, c’est de terminer la course, et de ne pas terminer dernier. Le but sera d’arriver avec le bateau entier. Mais c’est sûr que je vais donner le maximum. De toute façon, on ne peut pas faire de demi-mesure sur une telle course. » L’enthousiasme de Renaud pour rejoindre Saint-Barthélemy au plus vite sera décuplé par la présence sur l’île de son nouveau-né Enzo, rentré entre-temps avec sa maman. Quelle meilleure motivation ? « C’est sûr, je vais me dépêcher d’arriver ! »


JSB 1271

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