taekwondo eric gréaux ©DR

Le taekwondo pieds et poings liés

Vingt-cinq ans. Il y a un quart de siècle désormais, Chantal et Eric Gréaux jetaient les bases de l’actuel club de taekwondo de Saint Barthélémy. Une longévité qui force le respect, et fournit l’occasion de parler de leur association, leurs objectifs ainsi que leurs craintes concernant l’année à venir. Ils résistent, mettant en relief les préceptes de cet art martial coréen : la discipline et la force mentale.

La rentrée s’est-elle bien passée ? Les habitués reviennent-ils et qu’en est-il des nouveaux arrivants?
Chantal Gréaux : Très bien. Cette année est bien sûr spéciale et la reprise est plus éreintante, avec toutes les contraintes nous obligeant à modifier un peu nos habitudes. Mais bon nombre de nos licenciés sont revenus. Comme chaque année, les trois quarts des élèves de l’an passé renouvellent leur adhésion, le reste est régénéré car nous avons pas mal de demandes ; et souvent, ceux venant pour un essai apprécient et adhèrent au club. On doit, aujourd’hui, être à 80 élèves, avec Eric pour seul professeur agrégé au sein de l’association. Cela va certainement nous pousser à limiter le nombre d’inscriptions. Nous sommes déjà quasiment complets en ce qui concerne les groupes adultes, d’autant plus du fait des protocoles drastiques imposés.

Justement, comment se passe une séance type dans ce contexte si particulier ?
Eric Gréaux : Pour nous, la principale problématique, qui n’en était pas forcément une avant la crise sanitaire, c’est la nécessité d’avoir un matériel de protection. Malgré le coût assez élevé (une centaine d’euros) de ce matériel et son importation, nous nous engagions à le prêter lors des entraînements. Désormais il faut être bien plus attentif à la désinfection du matériel, avant et après chaque utilisation. C’est plus stressant pour nous, mais le fait d’avoir de petits groupes d’une vingtaine d’individus maximum nous permet de bien gérer ces contraintes finalement. Sur le plan technique, le travail s’effectue en binôme ou en solo grâce à ce que l’on nomme les « poumsés » qui sont des enchaînements de mouvements spécifiques. Ces méthodes permettent de limiter les échanges au sein de chaque groupe.

CG : Même les plus petits, dès 3 et 4 ans, ont compris que nous étions là pour les accompagner mais ils gardent leurs distances, au moins avec nous qui sommes plus âgés. Ce sont de bien belles valeurs assimilées par un si jeune public et nous sommes très fiers d’eux.

Quels sont les projets pour les mois à venir ?
EG : La chance que l’on a ici, c’est qu’au-delà du club, nous avons mis en place une Ligue de Saint-Barthélémy il y a douze ans maintenant. Cette stature nous permet de mettre en place la formation d’éducateurs, ayant au moins une ceinture noire. Ainsi l’année dernière nous avons pu en former trois. Ils sont malheureusement repartis en métropole, mais cela montre que nous pouvons nous suffire dès lors que certains de nos meilleurs éléments se formeront à éduquer les plus jeunes. Nous avons également la mainmise sur les passages de ceinture. Cependant ces « examens », dans un souci d’équité, doivent être effectués devant un jury composé de trois personnes, dont moi-même et deux en provenant de Guadeloupe ou de Martinique. Il est clair que leur venue est trop compliquée à mettre en place par les temps qui courent.

CG : C’est pareil pour les compétitions, que nous pouvons organiser en tant que Ligue. Seulement le tatami est trop petit ici, alors nous avions l’habitude de délocaliser dans la région… Les déplacements étant limités, on s’oriente plutôt sur une année de transition, plus en loisir. Et c’est dommage car nous avons une belle renommée, nous avons toujours eu de bons résultats lors de compétitions aux États-Unis, Puerto Rico, aux championnats de France et même de Belgique dont nous avons formé un ou deux membres. Aussi nous espérons toujours que la situation s’améliorera d’ici février et pouvoir faire venir notre ami, Mikaël Meloul (champion du Monde en 1993 et d’Europe en 1996) dans le cadre d’un stage, toujours très apprécié par nos adhérents.

 

Journal de Saint-Barth N°1398 du 18/11/2020

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