L’Argentine remporte la 13e Saint-Barth Cata-Cup

Les marins engagés sur cette treizième édition de la Saint-Barth Cata-Cup l’avaient promis, la bataille pour la victoire serait acharnée. De fait, ce n’est que lors de l’ultime manche de l’épreuve que les vainqueurs ont pu être désignés. Et, surprise, ce ne sont pas les Belges Patrick Demesmaeker et Olivier Gagliani, en tête au classement au moment du départ le dimanche 21 novembre, qui ont posé les pieds sur la plus haute marche du podium. Ce sont les Argentins Cruz Gonzalez Smith et Mariano Heuser (SBDE) qui, au terme d’une dernière navigation audacieuse et volontaire, ont remporté la victoire. Derrière eux, Gurvan Bontemps et Benjamin Amiot (Stickerman) ont bataillé jusqu’au bout pour s’emparer de la deuxième place au général.

« On a dû pousser fort! »
« La journée a été compliquée car on savait que le résultat de l’unique manche du jour serait déterminant, a déclaré Cruz Gonzales Smith. Il y avait clairement un peu de pression en partant sur l’eau ce matin (dimanche 21 novembre) et on l’a vite senti sur la ligne de départ. De notre côté, on est parti moyennement et on a enroulé la première marque en 8e ou 10e position. Après ça, on s’est battu comme des diables pour revenir au score, surtout que Gurvan Bontemps et Benjamin Amiot (Stickerman) étaient parfaitement bien placés, en 2e position. » Avec son coéquipier, il a enclenché la surmultipliée et opéré un retour en force aux avant-postes. « On est bien remonté grâce à une bonne vitesse au portant mais aussi grâce à de bons choix de placements, notamment du côté de l’île Fourchue, affirme le skipper argentin. Après le passage du Mancel, on avait repris les commandes de la flotte mais on est tombé dans un trou de vent et on a vraiment dû pousser fort pour garder notre leadership. Les gars de Stickerman nous ont vraiment mis sous pression. On a fait en sorte de minimiser les risques et les a contrôlés jusqu’à l’arrivée. »
Après deux podiums en 2017 et 2019 (2e et 3e) puis une 5e place en 2018, les marins argentins visaient clairement la victoire cette année. « C’est chose faite et cela vient clôturer de la plus belle manière qui soit notre belle saison en F18 », a ajouté le Sud-Américain pour qui 2021 aura presque été l’année parfaite avec un titre de vice-champion du monde, un titre de champion national ou encore une deuxième place au championnat Américain. « On est vraiment super contents de gagner cette St. Barth Cata-Cup qui nous résistait jusque-là et on l’est d’autant plus que le match a vraiment été serré du début à la fin », assure Cruz Gonzalez Smith qui s’impose avec deux tout petits points d’avance sur la paire Gurvan Bontemps – Benjamin Amiot et cinq sur le duo Patrick Demesmaeker – Olivier Gagliani.

Les maudits !
Pour Gurvan Bontemps et Benjamin Amiot (Stickerman), une promesse de victoire leur glisse encore entre les doigts. Deuxièmes en 2016 et en 2019, ils ont également accroché le podium en 2018 (3e). Maudits? Juste dépassés par de audacieux Argentins. « En partant pour cette dernière manche, on savait qu’on ne pouvait pas terminer au-delà de la troisième place, qu’on était assuré de finir sur le podium dans tous les cas dans la mesure où notre plus mauvaise performance cette semaine était une place de 6e, raconte Benjamin Amiot. On bénéficiait donc d’un joker et notre stratégie était claire : attaquer ! » De fait, les équipiers de Stickerman se sont d’emblée installés dans le groupe de tête lors de l’ultime régate. Avant de voir les Argentins revenir comme des avions, sous spi, grâce notamment à un choix de route judicieux au plus près de l’île Fourchue.
« Ils ont profité de plus de vent et ils sont ainsi repassés en tête, constate Benjamin. Au près, ensuite, il n’y a malheureusement pas eu d’options fortes à jouer et nous n’avons pas été en capacité de les reprendre. Surtout qu’ils ont joué le jeu du marquage et qu’en plus il aurait fallu que l’on réussisse à intercaler un bateau entre eux et nous pour espérer l’emporter. » Pas de regret, donc, mais une folle envie de remettre le couvert en 2022. « On aurait bien aimé que cette fois soit la bonne mais on a passé une semaine extraordinaire à Saint-Barth, se réjouit Benjamin. On a profité de conditions de navigation incroyables, y compris lors de cette dernière journée, avec une bonne douzaine de nœuds de vent. On s’est régalé et, pour le titre, il n’y a qu’une solution qui s’impose : revenir ! ». Le rendez-vous est donc pris.

Pas de triplé belge
Du côté du couple belge, la déception d’une dernière manche si mal entamée qu’elle leur a coûté la victoire s’est vite estompée. Patrick Demesmaeker et Olivier Gagliani (Les Perles De St Barth – BatiVRD) avaient pourtant toutes les raisons de s’arracher les cheveux à l’arrivée. Premiers au classement provisoire établi après les cinq premières courses, les Belges avaient une opportunité rêvée d’inscrire une nouvelle fois leurs noms au palmarès de l’épreuve. Les deux compères ont malheureusement enregistré leur plus mauvais résultat de la semaine lors de la dernière course. « On n’a pas pris un départ de dingue car on s’est vite fait couvrir par les Argentins qui se trouvaient à notre vent, regrette Olivier Gagliani. Pour s’en dégager, on a tricoté au milieu du plan d’eau où on a trouvé de la molle. De ce fait, on est passé en 21e position à la première marque. On a fait un bon coup à Boulanger en allant raser la côte pour jouer les effets de site, ce qu’on n’a cependant pas eu la présence d’esprit de faire juste avant à Toc Vers et à Chevreau. Cela nous a permis de recoller au paquet, mais pas suffisamment. On a tenté des choses jusque dans les dernières longueurs mais on est forcément un peu tristes car on aurait vraiment aimé aller chercher ce troisième titre (2015 et 2018, ndlr). Cela étant dit, on est malgré tout conscients que signer un 5e podium, vu le niveau de la course, c’est quelque-chose de bien. » Les deux hommes promettent d’ores et déjà de figurer pour la douzième fois sur la liste des prétendants lors de la prochaine édition.
Une édition mouvementée
Dès l’entame de l’épreuve, la treizième Saint-Barth Cata-Cup s’est avérée des plus intenses. Les 65 équipages en lice ont, en effet, démarré l’épreuve dans des conditions toniques, avec entre 18 et 20 nœuds de vent très rafaleux sur une mer formée. Des conditions techniques qui ont naturellement favorisé les gros bras mais qui ont aussi régulièrement redistribué les cartes et brassé la flotte. Pour preuve, à l’issue des deux premières courses disputées, le duo Gurvan Bontemps – Benjamin Amiot (Stickerman) a remporté le prix «Design Affairs-001» et s’est installé du même coup en tête du classement général provisoire. Sans avoir gagné une manche!
Lors de la deuxième journée, le vendredi, les deux manches ont encore réservé des surprises. La première entre la baie de Saint-Jean et l’île Coco puis la seconde entre Toc Vers et l’île Boulanger. Comme la veille, le match a été très disputé et les Argentins et les Américains se sont partagé les premières places. Todd Riccardi et Dalton Tebo (Tradewind Aviation) puis Cruz Gonzalez Smith et Mariano Heuser (SBDE) ayant chacun remporté une manche. Les derniers se sont toutefois montrés plus réguliers que leurs adversaires, ce qui leur a permis non seulement de remporter le Prix « Eden Rock villa Rental » mais aussi de se hisser de la sixième à la première place au classement général. Les prémices d’une victoire.
L’avant dernière journée était réservé au fameux Tour de l’île. Une manche comptant double donc forcément déterminante au classement. Si les grands perdants du jour ont été Orion Martin et Charles Gate (Nikki Beach St Barth) qui ont rétrogradé de la 3e à 7e place au général, les grands gagnants ont assurément été Patrick Demesmaeker et Olivier Gagliani (Les Perles de St Barth – BatiVRD). Vainqueurs de cette grande course les Belges ont pu se hisser du même coup à la première place. Malheureusement pour eux, on connaît la fin de l’histoire.
  

Journal de Saint-Barth N°1448 du 25/11/2021

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