Une quinzaine d’enfants ont participé au stage de pétanque animé par Bruno le Boursicaud.

Bruno le Boursicaud, champion de pétanque et de partage

Invité par l’Amical bouliste de Saint-Barth, Bruno le Boursicaud était à Saint-Barthélemy la semaine dernière pour animer un stage de pétanque pour enfants et adultes. L’occasion d’en savoir plus sur le parcours et les objectifs de cet homme de 43 ans, passionné et disponible.

 

Ça ressemble à quoi le début de carrière d’un homme, 7 fois champions du Monde en pétanque ?
Ça a commencé en me rendant compte que je ne touchais pas une bille au football déjà ! À côté de chez moi, à Saint-Nazaire, je jouais donc dans le club du coin entre mes 6 et mes 12 ans. J’étais franchement bon à rien. Et derrière le stade il y avait ce terrain de pétanque. C’était attrayant, le bruit, les rires... j’ai alors demandé à mon père si je pouvais essayer et il a été d’accord. Avec du recul c’est dingue, s’il n’y a pas ce terrain, peut être que ma destinée aurait été autre...

Ainsi tu t’inscris dans ce club de pétanque à l’âge de 13 ans, et comment se passe l’apprentissage ?
Dès les premières semaines les éducateurs m’ont mis en confiance. J’avais apparemment les bonnes attitudes, la bonne posture, que j’avais les aptitudes pour bien jouer quoi. Ensuite c’est allé assez vite... Quatre années plus tard je devenais vice-champion de France en triplette dans la catégorie junior.

Tu passes ensuite à l’âge adulte, est-ce bien plus dur ou tu as eu tout de suite des facilités à gagner ?
Avant d’atteindre les meilleurs il faut passer par les championnats départementaux, puis régionaux... Tu n’arrives pas tout de suite comme un arriviste, il faut faire ses preuves c’est le jeu. J’ai passé ces épreuves et en 2002 je monte au Mans où l’on devient champion de France en doublette avec Bruno Rocher avant de le devenir en triplette avec Julien Lamour en 2003. On reprend ce titre en doublette en 2005 avec Bruno après avoir échoué en finale l’année d’avant. En même temps cette année-là, on avait gagné bien plus...

Le premier titre de Champion du Monde ?
Un objectif, un rêve... tu revois le terrain de pétanque évoqué quand tu es petit. Tu revois ton père te dire oui, et tu vois tes parents les larmes aux yeux. Tu réalises les sacrifices que tu as fait, qu’ils ont fait. De là où je viens, on est très famille, je sais ce que je leur dois c’est évident.

Les titres s’enchaînent, aussi bien aux mondiaux qu’aux masters, et puis tu arrêtes tout en 2016 (bien qu’il participe aux jeux méditerranéens en 2018). Pourquoi stopper aussi subitement ?
J’ai atteint mes objectifs ! (Il affiche un large sourire) Du moins en tant que joueur. J’ai eu la chance d’être champion du Monde, d’Europe, de France... Il n’y a pas de Jeux Olympiques, c’est le seul titre qui me manque. Si la discipline est choisie, que la Fédération m’appelle, bien sûr que cela me titillera. Mais j’ai acquis tout ce dont j’ai pu rêver, il était temps de passer à autre chose, quelque chose de plus pragmatique, qui me ressemble plus...

Tu disais que tu étais très famille, à te voir ici partager avec les enfants et les adultes, c’est cela qui te ressemble ?
Tout à fait ! C’est une discipline où, je l’aborde volontiers, les émoluments ne sont pas conséquents en dehors des sponsors et des partenariats. Je préfère travailler au sein d’un club, faire profiter les autres de mon expérience et de mon diplôme d’Etat et être payer par leurs sourires. C’est le plus beau des salaires. A l’année je m’occupe de joueurs en situation de handicap (mental et moteur). Et je vais vous dire.... ce sont loin d’être de mauvais joueurs ! Comme je disais, je viens d’une communauté où le partage est important, où l’on ne laisse personne de côté, en marge. Ces personnes-là, de les voir progresser, sportivement et surtout socialement, c’est juste magnifique. De les voir heureux de gagner, de lever les yeux lorsque l’on s’adresse à eux, d’avoir de vraies bonnes poignées de main, c’est une récompense émotionnelle forte !

Dès lors, est-ce que tu as des objectifs avec des équipes à entraîner ?
Bien sûr ! J’ai différentes idées. D’une part, pourquoi pas coacher une équipe issue d’une nation émergente comme le Japon ou la Chine... c’est un beau challenge sur le papier. Et bien sûr avec une équipe UNSS handisport, en France, d’autre part. Bâtir une team, avec des personnes en situation de handicap pour aller aux Jeux Paralympiques par exemple. Ce serait le Graal sincèrement. Donner pour qu’on me le rende au centuple, une chose qu’ils feront, c’est certain.

Et pourquoi pas une sélection olympique Saint-Barth ?
Ah je serai là souvent de toute façon alors pourquoi pas ! Le niveau ici est en pleine progression comme j’ai pu le constater et je suis sûr qu’il en sera de même lors de mon retour fin mars. L’ambiance est toujours amicale ici et en cela je me dois de remercier celle de Saint-Barthélemy, ainsi que le garage GTA, l’hôtel le Christopher et Home Must pour leur accueil chaleureux et leur soutien envers le club dirigé par Laurent Bisbau.

Journal de Saint-Barth N°1411 du 18/02/2021

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