Plus de 300 personnes défilent dans les rues de Gustavia

Contre l’obligation vaccinale, contre le «passe sanitaire », contre toute injonction émanant du gouvernement en cette période de crise sanitaire. Mais aussi et surtout « pour la liberté ». Tels sont les slogans lancés et brandis samedi 18 septembre par les centaines de manifestants qui ont marché dans les rues de Gustavia.
Plus de 300 personnes (350 voire 400 selon certains participants) ont répondu à l’appel du Collectif Santé de Saint-Barth.

«Nos corps, nos choix»
Si l’objectif principal de la manifestation a été d’apporter un soutien aux professionnels de santé qui refusent de se soumettre à l’obligation vaccinale, l’événement a donc également été l’occasion pour de nombreux marcheurs d’exprimer leur farouche opposition aux directives sanitaires de l’Etat.
Après s’être rassemblés devant la halle aux poissons vers 16h15, les marcheurs ont pris la direction de l’hôtel de la Collectivité. Sur les pancartes portées à bout de bras par des manifestants, il est possible de lire « Nos corps, nos choix », « Non au pass sanitaire », « On est pas des cobayes, touchez pas aux enfants » ou encore « 2020 applaudis, 2021 licenciés, 2022 sans eux ? ». Si le propos et le fond de la protestation ne changent pas, l’ampleur de la mobilisation est tout autre que la semaine précédente.

La parole aux soignants
Sous les fenêtres closes de la Collectivité, les participants envahissent le parvis. Les professionnels de santé qui refusent de soumettre à l’obligation vaccinale sont évidemment au centre des attentions. De fait, c’est une membre active du Collectif qui prend la parole. Infirmière libérale mais aussi conseillère territoriale, Corinne Gréaux Fébrissy évoque avec émotion sa situation. « Je suis diplômée depuis 28 ans et j’exerce sur l’île depuis 23 ans, déclare-t-elle face à la foule de manifestants. Mes patients sont souvent des membres plus ou moins lointains de ma famille. Je les soigne avec toute mon application et mon attention. Depuis 23 ans, on a surmonté de nombreux obstacles avec mes collègues et aujourd’hui nos supérieurs hiérarchiques nous proposent d’abandonner nos postes, sans solution pour notre patientèle, et nous menacent de nous radier si nous ne nous soumettons pas. »
Autre figure du Collectif, Céline Baud, kinésithérapeute, estime qu’il « faudrait que le préfet et l’ARS se mettent d’accord » sur la date des contrôles et dénonce une discordance supposée entre le représentant de l’Etat à Saint-Martin et Saint-Barth et la directrice de l’Agence régionale de santé. « Des personnels sont arrivés pour l’Ehpad, mais pour les libéraux ils ne savent toujours pas comment ils nous remplaceront, affirme la praticienne. De toute façon, on se battra. » Et de lancer : « Quand on sait que c’est la Collectivité qui a acheté la machine pour faire les tests PCR parce que l’Etat n’avait pas les moyens de payer, je pense que la Collectivité mériterait d’avoir la compétence Santé. »
Plus en retrait, une poignée de soignants écoutent les interventions et se nourrissent du soutien des manifestants. Toutefois, c’est bien l’incertitude quant à leur avenir qui occupe leur esprit. Ainsi, une infirmière au sein de la HAD (hospitalisation à domicile), gérée par la clinique Choisy, confie : « Je suis en congés pour un mois. C’est la dernière alternative qu’il me restait. A mon retour, je ferai le point avec la direction. Mais si je reste sur ma position, je serai suspendue. Je vis la situation au jour le jour. » A ses côtés, une consœur insiste : « On fait tout pour rester positive, pour les patients, pour qu’ils ne ressentent pas tout cela. » Sur une vingtaine de salariés de la HAD, seules deux soignantes sont sous la menace d’une éventuelle suspension.
Il est un peu plus de 18 heures lorsque le rassemblement prend fin. Avec, pour tous, la satisfaction d’être parvenu à mobiliser bon nombre de partisans.

 

Journal de Saint-Barth N°1439 du 23/09/2021

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