Tous les acteurs de la sécurité de l’île réunis hier

Hier se tenaient à Saint-Barthélemy les Assises de la sécurité intérieure, voulues par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, dans chaque département, dans le cadre de la rédaction d’un “livre blanc de la sécurité intérieure”. Circulation, vidéosurveillance, aléas climatiques, faux taxis, drogues... La délinquance est très limitée sur l’île, et les autorités souhaitent que ça continue.


Hier matin, la salle du conseil territorial accueillait tous les acteurs concernés dans le cadre des premières Assises de la sécurité intérieure de l’île, organisées par la préfecture des Îles du Nord. Collectivité, gendarmes, police territoriale, sapeurs pompiers, CESCE, directions du port et de l’aéroport, sociétés de sécurité privée, Croix-Rouge, association des hôteliers… Le but étant de balayer toutes les problématiques locales de sécurité pour agir de façon coordonnée.

Premier thème abordé, la sécurité routière, pour laquelle les autorités ont lancé diverses actions depuis 2018. Ensuite, les questions des entrées à l’aéroport, et surtout au port, ont été soulevées. Si l’immigration illégale n’est pas un problème majeur à Saint-Barthélemy, la visibilité sur les personnes qui entrent sur l’île par la mer peut être améliorée.

Autre sujet, la vidéosurveillance. La Collectivité a déployé depuis 2016 un réseau de caméras sur l’île, et entend en implanter d’autres notamment pour lutter contre les dépôts sauvages d’ordure. Ce qui nécessitera une nouvelle autorisation de la préfecture. Par ailleurs, de nombreux systèmes de vidéoprotection privés sont installés sur l’île ; un gendarme référent a commencé un recensement de ces caméras, puisque là aussi, chacune doit être déclarée en préfecture. De plus, il est important de rappeler qu’en France, la Cnil encadre strictement l’usage de la vidéosurveillance, notamment pour les privés qui ont recours à des sociétés américaines, pas forcément au fait des normes françaises.

Alerte en cas
d’aléa climatique
Troisièmement, les systèmes d’alerte de la population en cas de catastrophe naturelle. Les récents séismes à Porto Rico le montrent une nouvelle fois : un événement peut se produire à n’importe quel moment. La Collectivité et la préfecture entendent concevoir un plan plus précis d’alerte, à base de sirènes et messages vocaux, mais aussi en utilisant les SMS ou le broadcast cell. Un Comité de pilotage a été créé hier pour affiner la question, et devrait se réunir dès février.

Plusieurs taxis illégaux
Ensuite, la question du transport de personnes a été soulevée. En effet, plusieurs procédures sont en cours contre des personnes ayant exercé illégalement la profession de taxi. Les autorités augmenteront leur vigilance sur ce sujet.

L’interdiction de la cigarette dans les lieux publics de convivialité, d’actualité (lire page 3), a aussi été soulevée. Certains rappelant que la tolérance en vigueur à Saint-Barthélemy est aussi un atout en terme d’attractivité. Néanmoins, les discothèques, en particulier, feront l’objet de contrôles inopinés, qui permettront aussi de vérifier l’éventuelle vente d’alcool à des mineurs, voire de drogue.

Question drogue, justement, les participants se sont félicités d’une amélioration sur les ventes sur la voie publique, notamment dans la rue du Général-de-Gaulle et dans la rue Lafayette, à Gustavia. Aller plus loin paraît délicat : les interventions dans des lieux privés sont bien plus difficiles à mettre en place que sur la voie publique. Il en va de même pour la prostitution, sujet également évoqué.

Enfin, la question du regroupement systématique de personnes au pied de l’Agence territoriale de l’environnement, et des yachts de luxe, a fait parler. La Collectivité a fait récemment installer du mobilier anti-SDF, qui ne semble pas spécialement chasser l’attroupement. Le sujet est là aussi délicat, car à part leur reprocher ponctuellement des états d’ivresse manifeste sur la voie publique, ou encore le fait de dormir à la belle étoile, ce qui est interdit à Saint-Barth, les moyens d’action restent limités.




Journal de Saint-Barth N°1359 du 23/01/2020

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