Le préfet de Saint-Martin et Saint-Barthélemy a dévoilé le bilan de la lutte contre l’insécurité de l’année 2025. Un bilan qualifié d’« encourageant » par le procureur général Éric Maurel, présent aux côtés du préfet Cyrille Le Vely. Lors de la conférence de presse organisée à Saint-Martin, des données chiffrées concernant les deux îles ont été évoquées.
A Saint-Barthélemy, 729 faits de délinquance générale ont été recensés, contre 736 en 2024. Les atteintes aux biens sont en diminution de 15%, les accidents corporels en baisse de 4%. En revanche, des cas supplémentaires de violences intrafamiliales ont été enregistrés, sur des femmes et sur des enfants. Quant aux atteintes aux personnes, il est indiqué que le taux d’élucidation des affaires est de 78%, donc très largement supérieur à la « cible nationale » qui s’élève à 45%.
A Saint-Martin, 3.245 faits de délinquance générale ont été dénombrés en 2025, contre 3.358 en 2024. Les tentatives d’homicides sont officiellement en baisse de 80% et les vols à main armée en diminution de 30% par rapport à l’année précédente. Les atteintes aux biens (-14%), aux personnes (-10%), tout comme les violences intrafamiliales (-12%) et les accidents corporels (-7%) s’affichent à la baisse.
Drogue : mettre en cause les consommateurs
Le procureur général Éric Maurel a insisté sur l’efficacité du travail engagé par la gendarmerie et la police. « J’arrive de Guadeloupe et je vois qu’il se passe plein de chose, a-t-il déclaré. Les gendarmes et les policiers sont pro-actifs et ne subissent pas. » Pour le préfet Le Vely, il est indispensable que Saint-Martin et Saint-Barthélemy « continuent à être des îles sûres », pour les habitants comme pour les touristes.
Un accent particulier a été mis sur la lutte contre le narcotrafic. Le représentant de l’État a ainsi souhaité faire passer « un message » aux consommateurs. « A chaque fois que quelqu’un achète de la drogue, il entretient cette activité criminelle, a déclaré Cyrille Le Vely. Il faut mettre de plus en plus en cause les consommateurs. Et si l’on veut changer d’échelle, il va falloir s’appuyer sur nos moyens techniques. » Et sur une coopération régionale accrue. Sur ce point, le procureur Maurel assure : « Beaucoup de choses vont bouger. » Il rappelle les annonces qui ont été prononcées par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, lors de son passage en fin d’année 2025. La création d’un tribunal de plein exercice, la construction d’une maison d’arrêt… « Mais les élections arrivent et ce qui a été annoncé peut-être défait, lance le procureur général. Il faut donc que les élus continuent de mettre la pression pour que cela se fasse. Penser que c’est gagné serait une erreur. »
Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment, 4,2 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis en 2025, soit seize fois plus qu’en 2024. Plus de 25.000 dollars et 54.000 euros ont été saisis ou retenus pour blanchiment douanier. Il a aussi été relevé un manquement aux obligations déclaratives de capitaux en échappée pour 11,5 millions d’euros.
