Les mouvements de bateaux inquiètent, des mesures spécifiques pour les plaisanciers

(Article mis à jour le 8 avril 2020)


Nicole Gréaux, première vice-présidente, a évoqué le sujet au conseil territorial. Certains habitants ont aussi fait part de leur inquiétude. Qu’en est-il des bateaux qui vont et viennent autour de l’île ? La préfecture a pris, en lien avec la direction du port, des mesures spécifiques pour les gens de la mer.

 

à Saint-Barthélemy, ni le port ni la gendarmerie ne disposent de moyens pour contrôler les bateaux qui entreraient sur l’île. Nos eaux sont surveillées par la brigade nautique de Saint-Martin qui vient régulièrement (elle était présente ce week-end, et a amené du matériel médical par la même occasion).
« Nous devons être très attentifs à ces débarquements de jour comme de nuit. J’ai moi-même appelé la police et la gendarmerie à maintes reprises hier », expliquait Nicole Gréaux, première vice-présidente, au conseil territorial de samedi 4 avril. Cependant, les propriétaires de bateaux disposent de mesures spécifiques, validées par la préfecture à la demande de la direction du port de Gustavia. Tout d’abord, les pêcheurs professionnels sont en droit d’exercer normalement leur métier, partout en mer, et de se fournir en carburant où ils le souhaitent. Ils doivent pouvoir justifier de leur profession en cas de contrôle.

 

Entretien, carburant, eau

Les plaisanciers, qu’il s’agisse des 150 personnes vivant au mouillage, ou des 165 résidents à terre qui possèdent un navire, peuvent demander à la Capitainerie une attestation spécifique. En plus de l’attestation officielle du gouvernement, celle du port comporte plusieurs cases à cocher : “entretiens exclusifs”, “déposer les poubelles”, “approvisionnement indispensable (eau-carburant)” et enfin “urgence médicale”. Les usagers de ce document doivent dans tous les cas inscrire leur horaire de sortie et respecter un délai de deux heures maximum.
L’objectif est de faciliter la vie des résidents des voiliers en particulier, mais aussi des propriétaires de bateaux en général. Ceux-ci sont en droit, s’ils disposent des deux attestations de sortie dûment remplies, de lever l’ancre afin de se mettre à quai pour faire le plein d’eau, de carburant, et revenir. Cela signifie aussi qu’ils peuvent faire un petit tour en mer pour faire tourner leurs moteurs, a visée d’entretien. Mais attention, à condition de rester en zone portuaire. Les directives nationales interdisent la navigation de plaisance. Des verbalisations pourront être appliquées au jugé des forces de l’ordre, par exemple si le bateau navigue avec quatre personnes à son bord.

Jusqu’à mardi, les habitants flottants n’avaient pas le droit de se baigner, conformément à l’arrêté du préfet Gustin, au risque d’être amendés. L’arrêté du préfet de Guadeloupe a été abrogé hier, et la Collectivité en a pris un qui interdit la baignade, sauf pour les habitants de bateaux, s’ils restent à proximité de leur embarcation. Pour eux, la levée de cette interdiction qu’ils comprenaient mal sera un soulagement. Le confinement peut être particulièrement difficile dans de petits bateaux dont certains sont légèrement pourvus en termes de sanitaires, et où l’accès à internet est compliqué. Ce couple qui résident sur un voilier à Gustavia en atteste : « Nous nous sentons coincés, nos 11 mètres de bateau à quatre sont devenus invivables. Nous avons une connexion internet médiocre pour suivre le programme scolaire en ligne, et nos enfants commencent à réellement trouver le temps long ! »

Journal de Saint-Barth N°1370 du 08/04/2020

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