Dumont d'Urville quitte les eaux de Saint-Barth

Le Dumont D’Urville en escale à Gustavia

Dernier des quatre bâtiments de soutien et d’assistance outre-mer commandés par la Marine nationale, le Dumont D’Urville s’est amarré dans le port de Gustavia en fin de semaine dernière. Rencontre avec son commandant, le capitaine de corvette Florent d’Autichamp.

Impossible, même pour le plus distrait des passants, de ne pas remarquer son imposante stature surplombant le quai d’honneur du port de Gustavia. En effet, pendant trois jours, le Dumont D’Urville a fait escale à Saint-Barthélemy. Dernier né des quatre bâtiments de soutien et d’assistance Outre-mer de la Marine nationale, le navire long de 65 mètres sillonnait les eaux territoriales dans le cadre d’une mission de police des pêches. L’une de ses multiples fonctions, comme le souligne avec enthousiasme son commandant.
Capitaine de corvette, Florent d’Autichamp a le privilège de commander le Dumont D’Urville. « Un véritable couteau suisse, s’amuse-t-il. Avant, il était désigné comme un bâtiment multifonctions. Nous pouvons effectuer du transport de fret (le bâtiment a délivré 50 tonnes de denrées diverses au Guatemala après le passage d’un ouragan en novembre 2020, ndlr), de véhicules, on dispose d’une petite unité qui nous permet d’accéder à des endroits inaccessibles. On a aussi les moyens d’intervenir contre le narcotrafic mais aussi de faire de la lutte anti-pollution. » Tout cela au milieu d’une multitude d’îles et de réglementations.

Un équipage féminisé
Le port d’attache du bâtiment est Fort-de-France, en Martinique. Mais depuis le mois d’avril 2020 et sa mise en service en pleine capacité opérationnelle - la fin de sa période de rodage, en somme - le Dumont D’Urville ne cesse de patrouiller dans les eaux caribéennes. Pour ce faire, il dispose de deux équipages qui se relaient tous les quatre mois. « Cela permet d’avoir un juste équilibre », se félicite le commandant, qui souligne une féminisation de ses équipages : « En règle générale, nous comptons 10 à 20% de femmes à bord. Si l’équipage B est féminisé depuis plus d’un an et demi, le nôtre l’est depuis quelques mois. »
Si la capacité d’accueil du bâtiment est de soixante personnes, il compte 24 membres d’équipage permanents. Ce qui semble peu pour un tel navire. Le commandant D’Autichamp explique : « Le bâtiment est très moderne. Il est optimisé car nous disposons de nombreux automates. Par conséquent, tous les membres de l’équipage sont impliqués dans la moindre activité. ».
Âgé d’à peine 37 ans, le capitaine de corvette mesure sa chance de commander un tel bateau. Particulièrement après avoir suivi un parcours quelque peu atypique. « Oui, j’ai eu la chance qu’il soit varié mais opérationnel », résume-t-il. Deux années dans un sous-marin d’attaque, un service sur une frégate anti sous-marine, un autre sur le porte-avion Charles-de-Gaulle... Et après un déploiement dans l’Océan indien, le voilà désormais chargé de la surveillance des eaux territoriales françaises dans la Caraïbe. A bord d’un « couteau suisse » des plus impressionnants.

 

 

Le Dumont D’Urville (A624), bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer

Long de 65 mètres, le bâtiment est large de 14 mètres. Il déplace 2.500 tonnes. Il est armé de deux mitrailleuses de 12.7 mm. Il est capable d’accueillir l’équivalent de six conteneurs de vingt pieds sur sa plage arrière. Son tirant d’eau est de 4,2 mètres et son tirant d’air de 27 mètres.
Il a été conçu dans le seul but de faire respecter la souveraineté de l’Etat français sur ses espaces maritimes éloignés de l’Hexagone. Lutte contre la piraterie, surveillance du trafic commercial, police des pêches, contrôle des trafics illicites et sauvetage en mer sont ses missions principales. Ses capacités logistiques en font également un atout pour le ravitaillement de territoires et l’intervention en cas de catastrophe naturelle.

Journal de Saint-Barth N°1425 du 27/05/2021

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