Alfred Brin : « Je suis favorable à l’instauration d’un contrôle technique pour les deux-roues »

Création d’un contrôle technique pour les deux-roues, radars pédagogiques, densité de la circulation… Tour d’horizon des sujets route avec Alfred Brin, conseiller exécutif et président de la commission transports – circulation – sécurité routière, qui organise la Semaine de la sécurité routière du 25 au 30 novembre.

 

Pour sa seconde édition, vous amplifiez l’événement en organisant cette fois une semaine complète dédiée à la sécurité routière. Elle vise principalement les jeunes de l’île, les collégiens. Comment comptez-vous les toucher ?

Le “Forum de la Sécurité Routière” se transforme pour devenir “La semaine de la sécurité routière” avec une amplification des interventions dans les écoles. L’ensemble des établissements scolaires sont parties prenantes avec des interventions correspondant aux différentes classes.

Une piste routière éducative, l’une des animations populaires du premier forum, sera rééditée, et sera animée par l’auto-école Dorvilma ainsi que la police territoriale, dans les écoles primaires. Des interventions en classe sont également prévues par la BPDJ (brigade de prévention de la délinquance juvénile, ndlr) et le STIS (Service territorial d’incendie et de secours, ndlr).

 

Le collège s’associe également pleinement à cette semaine de la sécurité routière. Ce sont d’ailleurs les élèves du collège avec leur professeur d’arts plastiques qui ont réalisé les dessins qui constituent l’affiche de cette année. Les interventions en classe par la BPDJ et le STIS seront renforcées au collège et accompagnées par l’association Les Liaisons Dangereuses dont certains membres sont spécialisés dans la prévention et la sécurité routière.

D’autres activités sont également prévues au collège comme les parcours à vision altérée, un simulateur de deux-roues ou encore une démonstration de désincarcération.  

L’intérêt est de permettre aux acteurs de la sécurité routière d’aller directement à la rencontre des jeunes et de pouvoir réaliser une sensibilisation sur les comportements à risques.

 

 

Comment comptez-vous sensibiliser les autres publics aux dangers de la route (adultes résidents, touristes, saisonniers) ?

Cette semaine de la sécurité routière se terminera le samedi 30 novembre par des ateliers qui se dérouleront sur le parking de la morgue à Saint-Jean, et qui seront ouverts à toute la population.

Certains ateliers de la semaine seront repris, comme la démonstration de désincarcération réalisée par le STIS et accompagné par la troupe Saint-Barth Artists, ou encore la piste de vision altérée.

Cette année nous avons souhaité aller encore plus loin avec l’objectif de faire prendre conscience que même à une faible vitesse, l’impact d’un choc peut être violent.

Un cascadeur professionnel interviendra et réalisera une démonstration d’un choc frontal.

Nous avons également voulu démontrer que la dextérité de la conduite d’une moto n’est pas synonyme de vitesse mais bien au contraire c’est avoir la capacité de la maîtrise du véhicule à vitesse lente. Une démonstration de gymkhana sera réalisée par des professionnels.

La semaine dans les écoles doit aussi permettre de toucher les parents. Quant aux saisonniers, la gendarmerie et le STIS interviennent directement dans les hôtels et restaurants dès le début de la saison pour faire prendre conscience des risques particuliers de la conduite à Saint-Barth.

Nous invitons l’ensemble de la population à venir participer à cet événement.

 

 

La commission que vous présidez a fait installer il y a quelques mois des radars pédagogiques le long des routes de Saint-Barthélemy. Que révèlent-ils sur le respect des limitations de vitesse ? Ce dispositif est-il efficace ?

La Collectivité a mis en place plusieurs radars pédagogiques sur l’île. Ce ne sont pas des radars automatiques qui verbalisent les excès de vitesse. Nous sommes dans la prévention.

Outre le coté pédagogique, ces radars sont également destinés à recueillir des informations et fournir des statistiques qui sont transmises au service de la police et de la gendarmerie. Ils permettent également d’être une aide à la prise de décision.

 

Il est encore trop tôt pour en tirer des enseignements. Il faut plus de recul pour extraire des statistiques significatives. Les travaux par exemple influent beaucoup sur le trafic recensé en un point ou sur la vitesse. Je pense néanmoins que cela réveille la vigilance chez beaucoup de conducteurs. Même si les limitations ne sont pas strictement observées, un dépassement de 5km/h reste préférable à un dépassement de 20km/h. Le radar sert à briser ce que j’appelle la conduite par habitude.

 

 

Vous travaillez également sur la mise en place d’un contrôle technique pour les deux-roues. Où en est ce projet ?

En métropole, la mise en place du contrôle technique pour les deux roues est constamment repoussée depuis plusieurs années. Saint-Barthélemy a la compétence en la matière et peut effectivement décider de mettre en place un contrôle technique spécifique pour les deux roues. Cette idée a été évoquée dans le cadre de réunion de travail. J’y suis pour ma part assez favorable, sachant que l’île comporte un grand nombre de deux-roues et qu’aucun contrôle n’est obligatoire lors de la revente de ces véhicules. C’est une idée qui mérite cependant une certaine réflexion en termes de points de contrôle, d’entreprises agréées et formées pour réaliser ces contrôles.

 

 

La Collectivité, avec les forces de l’ordre et la justice, a renforcé depuis 2018 la répression contre les contrevenants, notamment avec la destruction des véhicules non-assurés, trafiqués ou en mauvais état. Ces mesures ont-elles eu une incidence sur le nombre d’accidents ou d’infractions ?

La consommation d’alcool et de stupéfiant ainsi que la vitesse sont les principales causes des accidents sur nos routes. Les véhicules trafiqués pour augmenter la vitesse ou encore les véhicules en mauvais état sont également des causes d’accidents et peuvent être des éléments aggravants lors d’un accident. La prévention comme les contrôles routiers sont des moyens mis en place pour faire diminuer les comportements à risques. Il est donc très difficile d’évaluer l’impact réel, car il s’agit d’accidents évités.

 

Je profite pour rappeler que lorsque, lors d’un contrôle routier, vous avez une amende ou encore une suspension de permis, c’est peut-être un accident évité et même votre vie qui vient d’être sauvée. Il n’en reste pas moins que chaque contrôle routier révèle une très forte proportion de conduites en état alcoolique ou sous l’emprise de stupéfiants. La gendarmerie et la police territoriale y sont confrontées tous les jours et vous en parleraient mieux que moi. Cela reste le point noir, indiscutablement.

 

 

Outre le nombre élevé d’accidents sur l’île, la densité de la circulation est l’un des points noirs de la vie quotidienne des habitants, ainsi que des vacances des touristes. Combien l’île compte-t-elle de véhicules immatriculés aujourd’hui ? Quelles actions ont déjà été entreprises, et quel est le programme de la Collectivité pour améliorer la situation ?

Le territoire de la Collectivité compte environ 14.800 véhicules dont 7.220 véhicules particulier, 2.020 camionnettes, 4.148 deux-roues, 827 quadricycles et 241 camions de plus de 3,5T.

Nous allons rentrer dans la période des fêtes de fin d’année. Cette période où les travaux routiers sont mis en sommeil est très attendue par les professionnels du tourisme. En contrepartie nous entrons dans une période de l’accroissement du trafic routier. Il est conseillé à tout un chacun de redoubler de vigilance sur nos routes, de faire des sorties groupées avec un seul véhicule et de nommer un “Sam” -du slogan de la campagne contre l’alcool au volant “Celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas”- ou encore de favoriser l’appel à un taxi pour le retour. J’invite également à ceux qui le peuvent à faire du covoiturage.

Pendant la phase des travaux, les problèmes de circulations sont démultipliés. Mais une fois achevée, la création de ronds-points, de zones de stationnement ou de zones de croisement améliore la situation. La sortie de Gustavia par exemple a fait couler beaucoup d’encre, mais on commence à en voir les résultats positifs. Nous allons continuer à agir dans ce sens, mais tout ne peut pas se faire en deux ans. La fin des travaux pour la haute saison devrait soulager la situation.


JSB 1351

Journal de Saint-Barth N°1351 du 21/11/2019

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