Alerte sur la présence inopinée de drones dans l’espace aérien

Deux rapports ont été dressés dimanche 23 février par des pilotes d’avion qui ont constaté la présence de drones au-dessus de Saline et de Flamands. L’occasion de rappeler que l’usage de ces engins est très règlementé.

 

Un premier drone détecté à 10 heures au dessus de la plage de Flamands ; un second remarqué à 11 h 25 survolant le quartier des Salines. L’aéroport de Saint-Barthélemy a reçu deux rapports de la part de pilotes le même jour, dimanche 23 février. « C’est la première fois qu’on a des réclamations sur la fréquence émanant des pilotes», indique Fabrice Danet, directeur de l’aéroport, qui souhaite lancer un appel à la prudence à l’adresse des usagers de drones. L’utilisation de ces engins volants est très réglementée, d’autant plus qu’à Saint-Barthélemy, les avions volent bas à l’approche de l’île.

 

Règles strictes

L’ensemble du territoire est classé en zone d’agglomération, ce qui signifie que les conditions à respecter pour piloter un drone sont drastiques. Chaque vol de drone doit normalement être déclaré cinq jours avant à la préfecture, sachant que selon les cas de figure, des démarches auprès de l’aviation civile peuvent être imposées. L’appareil peut s’élever jusqu’à 150 mètres d’altitude, sauf consignes contraires des autorités. Il doit toujours rester à vue du pilote et à moins de 100 mètres de distance, et ne doit voler que de jour. Enfin, il est interdit de survoler un tiers ou une habitation, en raison du droit à la vie privée : une distance de 10 à 30 mètres doit être respectée. Vu la densité de population à Saint-Barthélemy, c’est forcément compliqué ! L’engin doit peser au maximum 8 kilos. Enfin, le pilote du drone doit être titulaire d’un certificat d’aptitude et d’une déclaration d’activité. Beaucoup de prérequis que fort peu de particuliers respectent. « C’est très contraignant », admet Yannis Delvas, de Saint-Barth FlyCam. Son entreprise travaille principalement pour les architectes, qui souhaitent des vues aériennes de leurs chantiers de construction, et pour les agences de location de villa. Selon la situation du lieu à photographier, outre le plan de vol et les demandes d’autorisations, Yannis fait le tour du voisinage au préalable. Lorsqu’il a acheté son premier drone en 2013, il a passé en candidat libre le certificat d’aptitude théorique aéronautique («c’est le même que pour les pilotes d’ULM, un peu plus compliqué que le code de la route ») et a effectué un stage d’une semaine en métropole, « huit heures par jour à piloter un drone ». Les propriétaires de drones paraissent de plus en plus conscients de leurs obligations, lorsqu’ils les utilisent à visée commerciale en tout cas : sur les trois dernières années, les services de l’aéroport de Saint-Barthélemy ont été sollicités par trois professionnels qui cherchaient à régulariser leur activité.En cas de violation des règles de sécurité, d’atteinte à la vie privée, voire de mise en danger de la vie d’autrui, les peines encourues peuvent être très sévères : de 15.000 à 75.000 euros d’amende et un an de prison.

Après plusieurs cas de paralysie d’aéroports en Europe, notamment à Londres, en raison de la présence de drones en vol à proximité, et une multitude d’incidents (1.400 recensés sur le Vieux Continent en 2016), l’Agence européenne de la sécurité aérienne travaille sur un durcissement de la réglementation, et sur des outils de neutralisation de ces engins.

 

 

Dix commandements

Le ministère de la Transition écologique et solidaire, également en charge des transports et donc de la question des drones, a dressé une liste des dix règles à respecter pour les utilisateurs de drones de loisirs.

1)   Je ne survole pas les personnes

2)   Je respecte les hauteurs maximales de vol

3)   Je ne perds jamais mon drone de vue et je ne l’utilise pas de nuit

4)   Je n’utilise pas mon drone au dessus de l’espace public en zone d’agglomération (c’est le cas sur toute l’île de Saint-Barth)

5)   Je n’utilise pas mon drone à proximité des aérodromes (soit un vaste secteur sur notre île)

6)   Je ne survole pas de sites sensibles ou protégés

7)   Je respecte la vie privée des autres

8)   Je ne diffuse pas mes prises de vues sans l’accord des personnes concernées et je n’en fais pas une utilisation commerciale

9)   Je vérifie dans quelles conditions je suis assuré pour la pratique de cette activité

10) En cas de doute, je me renseigne !

 

©CC Flickr/Andrew Turner




Journal de Saint-Barth N°1364 du 27/02/2020

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