La vidéo a « circulé » à grande vitesse sur les réseaux. Comme le veut l’époque. Sur les images, un appareil de la compagnie Tradewind franchit le col de la Tourmente en phase d’atterrissage. Une manœuvre qui semble être effectuée sur une trajectoire et à une hauteur plus basse qu’à l’habitude. Quoi qu’il en soit, une personne filme la scène, face à l’appareil, sans doute avec un téléphone. Jusqu’à ce que ce dernier soit, d’évidence, percuté par l’une des roues du train d’atterrissage.
Dans un premier temps, il peut sembler que les images de cet incident proviennent d’une création réalisée par le biais d’une intelligence artificielle. Il n’en est rien. Le directeur de l’aéroport de Saint-Barthélemy, Fabrice Danet, explique : « L’événement date du 19 janvier. Il ne s’agit pas d’un « fake ». La FAA (Federal Aviation Administration) et le BEA (Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile) ont d’ores et déjà été saisis. Une enquête est en cours. »
La personne qui a filmé la scène et dont le téléphone a été heurté par le train de l’avion a été projetée au sol mais n’a pas été blessée. Si la journée au cours de laquelle s’est produit l’incident a été marquée par un fort épisode venteux, souligne le directeur de l’aéroport, la principale difficulté est le positionnement du piéton dans une zone des plus dangereuses.
« Ce genre d’incident s’est déjà produit par le passé, rappelle Fabrice Danet. Les gens n’ont pas à se trouver là au moment des atterrissages. Ces personnes se mettent en danger et les autres aussi. Il ne faudra pas s’étonner si la DGAC (Direction générale de l’aviation civile, ndlr) finit par siffler la fin de la récréation et demande l’installation de feux avec des hauteurs limites de passage au niveau du col, des haut-parleurs etc. Il existe le même problème à Juliana (l’aéroport de Sint Maarten, ndlr). Pendant la festive, on a même vu une poussette se faire souffler sur la plage. »
L’incident relance le débat sur les questions de sécurité qui entourent la phase d’atterrissage au-dessus de la Tourmente. Des aménagements ont été entrepris depuis quelques années pour inciter les touristes à ne pas attendre le passage des avions sur le giratoire. Un point de vue construit à grands frais par la Collectivité sur le massif qui surplombe le carrefour et la piste, et plus récemment des places de parkings le long de la route de l’Œuf. Deux dispositifs qui ne parviennent pas à détourner les visiteurs de leur envie principale : prendre des photographies spectaculaires. Aussi, pour prévenir un éventuel accident grave, le directeur de l’aéroport a soumis une série de recommandations au président de la Collectivité.
Tout d’abord, la prise d’un arrêté interdisant la circulation et le stationnement des piétons dans l’axe de piste au niveau du col de la Tourmente ainsi que sur la plage durant les horaires d’activité de l’aéroport, assorti d’une amende en cas d’infraction.
Ensuite, le renforcement du caractère dissuasif de la zone sensible par la pose d’une glissière de sécurité routière, ainsi que par un marquage au sol et une signalétique renforcée, incluant une information en anglais.
Fabrice Danet suggère également l’aménagement d’un trottoir du côté opposé à l’aéroport, le long de la butte rocheuse où se situe le point de vue à 180 degrés, ainsi que la création d’un stationnement adapté. Il propose aussi de supprimer le passage piétons permettant aux visiteurs de traverser la chaussée pour se positionner dans l’axe d’approche des avions.
Pour la partie technique, il évoque l’installation de deux caméras au col pour la vidéoprotection de l’approche des aéronefs, du survol du col et de l’atterrissage. Mais aussi la mise en place d’un haut-parleur à vocation dissuasive (sur le modèle de celui installé en bout de piste, côté plage).
