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Un protocole sanitaire maison au port de plaisance de Gustavia

Quelques yachts ont déjà jeté l’ancre à Saint-Barthélemy, et les réservations, quoique timides, arrivent pour la haute saison. Alors que la préfecture a précisé les règlementations dans un arrêté publié le 26 octobre, le port de Gustavia a mis en place son propre protocole sanitaire.

Le monde maritime a souvent été mis de côté au fil des mois écoulés et des règlementations de la crise sanitaire. Alors que la Caraïbe espère une haute saison la plus normale possible, le port de Gustavia, par le biais de son directeur Ernest Brin, a mis au point un protocole maison propre à Saint-Barthélemy.

Tests PCR obligatoires
Il est déjà en application depuis un mois, sur la base d’un accord informel entre la Collectivité, le port et les services de la préfecture.
Voici la procédure : les grands voiliers ou yachts souhaitant venir à Saint-Barthélemy sont encouragés à recourir aux services d’un agent maritime, pour faciliter les démarches et la transmission d’informations sur les mesures en vigueur sur notre île. L’agent maritime et/ou le capitaine s’engagent avant d’arriver, dans un courrier signé, à respecter les mesures restrictives en cours à Saint-Barth : port du masque, gestes barrière, rassemblements, etc. L’équipage et les passagers doivent présenter un test PCR négatif réalisé dans les trois jours avant l’arrivée au port. S’ils ne sont pas en mesure de fournir ce document, ils seront confinés à bord et pourront se faire dépister sur place, soit sur rendez-vous spécifique au laboratoire, soit grâce au déplacement, à bord, d’un professionnel de santé pour réaliser les prélèvements. En cas de test positif, si le bateau est à quai, il dispose de deux heures pour se mettre au mouillage et doit placer tout le monde en quarantaine.

Réservations en demi-teinte
Depuis début octobre on constate l’arrivée de yachts, prépositionnés avec leur équipage, dans la zone portuaire de Saint-Barthélemy. Comment se portent les réservations ? « On en a un peu, mais ça ne se bouscule pas au portillon. On sera en dessous d’une saison normale », répond Ernest Brin, directeur du port. « La saison s’annonce difficile même si on sent une volonté des clients des yachts de venir.»

Durant le mois écoulé plusieurs bateaux se sont pliés sans difficulté à ce protocole propre au port de plaisance de Saint-Barthélemy. Le milieu maritime est réputé strict, et les yachts appliquent en interne des procédures drastiques pour limiter les risques. Par exemple, sur un navire de luxe habitué de notre île : un document de deux pages stipule toute une série de gestes obligatoires, comme la désinfection des barrières de la passerelle à heure fixe quatre fois par jour (10h15, 12h30, 15h30 et 17 heures), ou encore l’approvisionnement avec nettoyage au gel hydroalcoolique de tous les emballages…

La préfecture doit donner son autorisation
Parallèlement à ces formalités propres à Saint-Barth, la préfecture a publié un arrêté relatif à la navigation dans les eaux des Îles du Nord, le 26 octobre. Il diffère légèrement des règles édictées à Saint-Barthélemy, même s’il laisse de la marge de manœuvre aux « règlements pris par les autorités portuaires de Galisbay et Gustavia ».

La préfecture oblige tout bateau ne venant pas de France, de pays d’Union européenne ou de pays dits sûrs (lire encadré), à demander une autorisation au Cross AG ou à la direction de la Mer avant d’entrer dans les eaux territoriales. Sans cette autorisation, qui doit être sollicité 24 heures avant l’arrivée et accompagnée d’un test PCR négatif à J-3, les navires ne sont pas autorisés à faire escale à Saint-Barth ni à Saint-Martin.

Cette disposition inquiète à Saint-Barthélemy, parce que les motifs d’acceptation ou de refus de l’autorisation préfectorale ne sont pas mentionnés. Ainsi, le 26 août, un navire battant pavillon américain avait été sanctionné et interdit de Saint-Barth pour « absence de motifs impérieux » (JSB 1387). Une étrangeté puisque les touristes de toutes nationalités peuvent venir -et viennent- à Saint-Barthélemy depuis des mois, par avion, sans avoir à justifier d’un quelconque motif : ils sont en vacances. Sans parler de l’éventuelle difficulté à obtenir la fameuse autorisation de la part de l’administration dans les temps, notamment le week-end. Enfin, en mer entre les îles de la Caraïbe, on imagine qu’il est compliqué de réaliser un test PCR dans le délai imparti ; il est donc plus facile de proposer aux marins et aux passagers l’option de l’effectuer sur place, étant donné que le respect d’une quarantaine à bord d’un bateau ne pose pas de difficulté. 

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La liste française des pays sûrs

La liste des pays sûrs ou au contraire à risque est consultable dans l’arrêté ministériel du “10 juillet 2020 identifiant les zones de circulation de l'infection du virus SARS-CoV-2” . Actuellement l’ensemble des pays du monde sont considérés comme zone à risque, à l’exception des Etats membres de l’Union Européenne  (hors Guyane et Mayotte), et des pays suivants : Andorre, Australie, Canada, Corée du sud, Géorgie, Islande, Japon, Lichtenstein, Monaco, Norvège, Nouvelle-Zélande,  Royaume-Uni, Rwanda, Saint-Marin, Saint-Siège, Suisse, Thaïlande, Tunisie, Uruguay.

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Première victoire pour la croisière aux Etats-Unis

Le CDC (Center for disease control and prevention) comptait interdire l’activité croisière jusqu’en février, cela avait été retoqué par la Maison Blanche au profit d’une date butoir fixée au 31 octobre. L’organisme a finalement dégagé un peu l’horizon de ce secteur en acceptant la reprise des croisières dans quelques semaines, sous conditions. Les professionnels devront prouver que leurs protocoles Covid sont en place et sont efficaces, et signer des accords avec des établissements de santé à terre en cas de malade à bord. Des experts planchent pour mettre sur pied des règles sanitaires les plus drastiques possibles. Les plus grosses compagnies, comme Carnival ou Royal Caribbean, ont annulé toutes les croisières au moins jusqu’au mois de décembre.

 

 

Journal de Saint-Barth N°1396 du 04/11/2020

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