Olivier Véran Jean Castex le 11 août.

Pourquoi notre île est classée “zone rouge” de circulation du virus

Saint-Barthélemy a été classée “zone de circulation active du virus” jeudi 27 août, parce que l’épidémie bondit à Saint-Martin et en Guadeloupe et que nos territoires, très proches, font partie d’un même bloc administratif et sanitaire. L’île compte aujourd’hui 5 porteurs actifs de Covid-19.

Du 25 au 28 août, deux nouvelles personnes porteuses du Covid-19 ont été dépistées à Saint-Barthélemy. Parallèlement plusieurs guérisons ont été attestées, l’île comporte donc à ce jour cinq cas actifs de Covid, tous confinés, pour un total de dix-huit cas depuis le début de l’épidémie.
Ce n’est pas énorme en volume et la population se sent plutôt préservée. Surprise, donc, quand le ministre Olivier Véran a annoncé, jeudi 27 août, le placement de l’île en zone rouge, au même titre que Saint-Martin et la Guadeloupe. Tout simplement parce que ces trois territoires sont regroupés au sein d’une seule et même région administrative, sous la houlette de l’ARS Guadeloupe Saint-Martin Saint-Barthélemy.
Or, si à Saint-Barthélemy, «les indicateurs de surveillance indiquent une faible circulation du virus sur le territoire » selon le dernier bulletin épidémiologique de Santé Publique France, daté du 28 août, la situation est bien plus inquiétante à Saint-Martin et en Guadeloupe.
Là-bas tous les indicateurs explosent, surtout chez nos voisins saint-martinois : taux d’incidence de 153,9 pour 100.000 habitants (le seuil d’alerte est à 50 pour 100.000), taux de positivité de 12,6% (le seuil d’alerte est à 10%). Ce dernier est le plus élevé de France.
A Saint-Barthélemy, le taux de positivité reste très faible en comparaison, à 0,4% ; et le taux d’incidence de 10,2 pour 100.000 habitants est à peine supérieur au seuil de vigilance.

Le service réanimation
sous tension

La proximité de Saint-Barth avec ces territoires très touchés nécessite de maintenir une vigilance, malgré la circulation modérée du virus sur notre île. De plus, toujours au 28 août, Santé Publique France indique que « le service de réanimation du CHU de Guadeloupe est sous tension avec 10 patients hospitalisés ». Là, les habitants de notre île sont directement concernés puisqu’ils dépendent de l’hôpital de Pointe-à-Pitre. Lundi, deux septuagénaires sont décédés du Covid à l’hôpital.

En Guadeloupe, masque partout, danse interdite, alcool limité
Le classement en zone rouge permet aux préfets de prendre des mesures plus drastiques pour lutter contre l’épidémie. Ce que le préfet de Guadeloupe Alexandre Rochatte (qui a été annoncé guéri du Covid-19 la semaine dernière) s’est empressé de faire pour l’île papillon, qui recense plus de 1.260 cas cumulés depuis le début de l’épidémie. Détectés grâce à des campagnes de dépistage gratuites dans les communes, ces cas sont principalement des jeunes.
Pour limiter l’apparition de nouveaux clusters, Alexandre Rochatte a interdit la pratique de la danse (sauf pour les écoles de danse), la vente d’alcool à emporter et la consommation d’alcool sur la voie publique de 20 heures à 6 heures. Il a également imposé le port du masque partout, depuis lundi 31 août, pour les plus de 11 ans.

Pas de nouvelle mesure dans les Îles du Nord
Ces mesures ne concernent pas les Îles du Nord pour le moment. Celles-ci disposent d’une latitude par rapport à l’archipel guadeloupéen, donnée par la préfecture de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Sylvie Feucher a annoncé qu’elle ne prendrait pas de telles mesures pour nos îles pour l’instant, rappelant dans un communiqué les règles actuelles : « Déclaration en préfecture des rassemblements de plus de 10 personnes ; fermeture des bars et des restaurants à minuit ; port du masque obligatoire dans l’ensemble des commerces ; limitation des conditions d’entrée par voie maritime ; contrôles temporaires des accès à Saint-Martin. » La frontière terrestre entre partie hollandaise et partie française restera infranchissable, sauf motif impérieux, jusqu’au 15 septembre.
A Sint-Maarten le gouvernement recense environ 260 cas actifs aujourd’hui. Ce qui porte le total à près de 400 cas actifs sur l’île voisine.
La préfète de Saint-Martin et Saint-Barth expliquait dans nos colonnes, la semaine dernière, n’être pas partisane pour le moment du masque obligatoire en extérieur, jugeant que la mesure serait difficile à appliquer, et qu’il est aisé dans nos contrées de respecter la distanciation sociale à l’extérieur.

Les tests intra-Antilles
pas à l’ordre du jour

A Saint-Barthélemy, beaucoup demandent aujourd’hui à ce que l’obligation du test PCR négatif à J-3 soit élargie aux visiteurs en provenance de Saint-Martin et Guadeloupe, voire de Martinique. Mais outre la question de la réciprocité, une telle mesure serait à ce jour intenable par rapport la capacité de dépistage des laboratoires sur les territoires, qui travaillent tous d’ores et déjà à flux tendus.

Journal de Saint-Barth N°1387 du 02/09/2020

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