Dr Gilles Alayrangues

Port du masque, tests, isolement des malades : la gestion de l’après 11 mai sera décisive

Si tout se passe comme prévu, à partir du 11 mai, la vie commencera à reprendre, a fortiori sur notre île où la circulation du virus est circonscrite. Les frontières devront aussi, un jour ou l’autre, rouvrir. Médecin urgentiste à l’hôpital De Bruyn, Gilles Alayrangues distingue deux leviers principaux pour gérer au mieux la possible recirculation du virus : identifier au plus vite les porteurs en multipliant les tests rapides, et généraliser le port du masque.

 

«Nous en sommes à 38 jours de confinement. C’est un effort inédit, qui nous a permis d’arriver à une situation très favorable à Saint-Barthélemy », se félicite le Dr Alayrangues, urgentiste de l’hôpital. « Ce confinement nous a permis de nous mettre à niveau. Nous n’y sommes pas encore tout à fait, mais nous avons des médicaments, des respirateurs, une organisation ; les gestes barrière sont intégrés. » Le confinement a permis de circonscrire l’épidémie, et la reprise de l’activité est aussi attendue qu’elle comporte des risques. « Nous allons devoir nous montrer extrêmement vigilants et réactifs. On parle de déconfinement, mais ce n’est pas pour cela qu’on va retrouver une vie normale, comme avant, dès demain. L’ensemble des généralistes, spécialistes, infirmiers, tout le personnel médical, va devoir s’attacher à repérer les patients potentiellement porteurs. » A compter du 11 mai,  le défi sera la réactivité. Au moindre signe (toux, fièvre), le patient devra être testé pour que des mesures, a minima d’isolement, soient prises. Immédiatement, son entourage pourra aussi être soumis à dépistage. « Nous n’en sommes pas à viser l’immunité de 50 % de la population, nous en sommes à repérer les premiers cas, la première recirculation du virus », insiste le Dr Alayrangues. Si l’île semble aujourd’hui débarrassée du Covid-19, la réouverture des frontières, la reprise du trafic aérien, arrivera un jour ou l’autre. Pas trop tard, étant donné que l’île ne vit que du tourisme, et parce que l’interdiction des voyages d’agrément, grosse privation de liberté, ne peut pas durer trop longtemps. « Il me paraît parfaitement éthique, pour les entrants sur un territoire comme le nôtre, vierge du virus, de se prêter à un test à son arrivée. »

Le masque « deviendra vite indispensable »
Outre cette politique de tests rapides et accessibles au plus grand nombre, Gilles Alayrangues appuie sur un second point : le port du masque au quotidien devra entrer dans nos habitudes. « Cela deviendra vite indispensable, c’est la prochaine étape. » Pas besoin d’un masque de chirurgien et encore moins FFP2, réservés aux équipes médicales qui sont proches de patients potentiellement infectés ; le masque “maison” en tissu suffit, selon lui, puisque son principal atout est de stopper l’émanation de postillons et gouttelettes microscopiques qui diffusent le virus.  « Chacun a une part de responsabilité. On n’a pas fait si mal jusqu’à présent face à ce virus, mais il ne faut pas baisser la garde », conclut le médecin.

 

Journal de Saint-Barth N°1373 du 29/04/2020

Vers un déconfinement anticipé
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L'après 11 mai