Port du masque à l’école : « On va essayer de tenir bon »

Désormais, le port du masque de catégorie 1 (plus protecteur) est obligatoire dès 6 ans dans toutes les écoles de l’académie de Guadeloupe. Y compris à Saint-Barth, donc. Certains parents refusent cette nouvelle mesure et proposent des alternatives.

 

Ils l’ont appris juste avant la fin des vacances. A compter de la rentrée du lundi 22 février, le port du masque chirurgical ou en tissu de catégorie 1 est devenu obligatoire pour les enfants dès six ans. Certains parents ont décidé de refuser. « Il en va de leur intégrité physique, souligne la mère d’un enfant de CP à l’école primaire de Gustavia. Cela peut aussi poser des problèmes dans leur apprentissage. » Reçus par la directrice de l’établissement qui doit faire remonter leurs doléances au rectorat, les parents d’élèves de cette école espèrent pouvoir éviter le plus longtemps possible que leurs enfants ne soient masqués. « Nous sommes arrivées à l’école ce matin et ma fille m’a dit "tu as vu maman, ils ont tous un masque". ça génère de l’inquiétude chez les enfants qui jusqu’à présent étaient encore préservés. L’école ce n’est pas l’hôpital », renchérit une autre mère.
Car si en métropole, le masque est obligatoire chez les enfants de six ans depuis début novembre, jusqu’à récemment, l’académie de Guadeloupe faisait exception. Seuls les élèves à partir du collège étaient concernés. « On n’est pas en métropole, ici il n’y a pas de couvre-feu, les restaurants sont ouverts», justifie un père. «On n’est pas non plus en Guadeloupe, où l’épidémie augmente ».
« On a le sentiment que nos enfants trinquent à cause de la gestion hypocrite de la saison touristique, où l’épidémie a explosé. Maintenant que les frontières sont fermées on oblige nos enfants à porter le masque ? ça n’a pas de sens », renchérit la maman de l’élève en CP. Estimant que ni les maîtresse, ni les enfants ne seront formés à porter un masque correctement, sans le toucher et potentiellement le contaminer, les parents de l’école primaire de Gustavia proposent des alternatives, comme l’installation de purificateurs d’air.
A Saint-Martin et en Guadeloupe, les parents d’élèves se sont eux aussi mobilisés contre le port du masque pour les plus jeunes. Une pétition a recueilli plus de 1.100 signatures sur les îles du Nord. Face à la fronde des parents d’élèves, le rectorat a accepté de mettre en place la mesure de façon plus progressive. Elle devrait concerner tous les enfants d’ici le premier mars.
« Face au variant anglais les jeunes sont beaucoup plus touchés, les enfants aussi », a justifié mercredi Valérie Denux, directrice de l’ARS Guadeloupe en conférence de presse. « Il y a eu deux évacuations sanitaires depuis Saint-Martin pour des suspicions de syndrome de Kawasaki. C’est un élément médical important. »

La maladie de Kawasaki, qui reste très rare, est caractérisée notamment par une fièvre prolongée, une conjonctivite, une inflammation des muqueuses. Elle concerne les enfants âgés de 1 à 8 ans et la majorité des cas récents étaient positif au Covid-19.

Lors de cette conférence de presse, la rectrice s’est très peu exprimée et n’a pas répondu aux parents qui espéraient que la mesure ne soit qu’un test, temporaire.
« On va essayer de tenir bon», dit une mère d’élève. «Mais on pourrait aller jusqu’à la déscolarisation, c’est un cas de force majeure.»

 

Journal de Saint-Barth N°1412 du 25/02/2021

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