Port du masque à l’école : les autorités inflexibles

Alors que certains parents d’école primaire se mobilisent contre le port du masque dans les établissements dès 6 ans, le rectorat et la préfecture leur font savoir qu’ils ne modifieront pas les règles pour l’instant.

 

Devant la porte de l’école Saint-Joseph, à Lorient, lundi matin, une petite fille s’agrippe à sa maman : « Je veux aller à l’école mais je ne veux pas porter le masque ». Ce jour-là, certains parents ont décidé de protester contre le port du masque obligatoire à l’école pour les enfants dès 6 ans. Ils y amènent leurs enfants non-masqués dans l’espoir qu’ils soient acceptés. Mais la directrice, Marie-Jo Maës, refuse systématiquement les enfants sans masque. Elle se tient à l’entrée et propose des masques en tissu. « La règle s’applique à tous, dit-elle, ceux qui refusent de s’y plier peuvent faire le choix de la scolarisation à domicile ». Selon elle, « ceux qui protestent aujourd’hui sont les mêmes qui faisaient porter le masque à leurs enfants au retour du confinement ».
Ce jour-là, la petite fille qui ne souhaitait pas se rendre en classe est dispensée par sa maman. « Je ne peux pas me permettre de risquer une radiation sachant que c’est difficile d’avoir une place à l’école et que je travaille mais je voulais quand même donner mon avis aujourd’hui, car les enfants ne sont ni malades, ni contagieux. »

Hortense, 8 ans, déclare qu’elle « ça ne la dérange pas ». Si sa mère reconnaît que « c’est mieux sans » elle accepte la nouvelle mesure. Parmi les parents que nous rencontrons devant le portail, une majorité n’est pas vraiment favorable au port du masque pour les enfants mais se résigne face aux nouvelles règles sanitaires.

« On ne peut pas se dire qu’il n’y a pas de risque, insiste la directrice. Il y a eu pas mal de cas au collège et des fratries sont dans l’école. Le masque est une barrière supplémentaire, pour les élèves et pour les enseignants. » Sur les 128 élèves de primaire que compte l’école, elle estime à « une quinzaine » les enfants absents lundi dans le cadre du mouvement de protestation. Nous n’avons pas pu nous procurer les chiffres pour les deux autres écoles primaires de l’île.
Mardi matin, entre 30 et 50 parents ont manifesté devant la préfecture à Saint-Martin contre l’obligation du masque pour les enfants, selon nos confrères de Soualiga Post. A Saint-Barthélemy, une manifestation est prévue vendredi à 7h30 à l’entrée de Gustavia.  Mais on connaît déjà la réponse du préfet des îles du Nord.

Selon le Soualiga Post, le préfet Serge Gouteyron et le vice-recteur Michel Sanz ont reçu une délégation de manifestants de Saint-Martin. Le préfet leur a expliqué que le décret ne pouvait pas être aménagé localement. Il a aussi justifié le port du masque pour les enfants par la circulation active du variant anglais du Covid-19. En conférence de presse un peu plus tard, la rectrice de l’académie de Guadeloupe, Christine Gangloff-Ziegler, a expliqué que huit cas de Covid-19 avaient été détectés dans des établissements scolaires de Saint-Barthélemy. Elle a à ce titre insisté sur l’importance de ne pas scolariser des enfants qui présenteraient des symptômes du Covid-19. « Les parents qui ne souhaitent pas faire porter le masque à leurs enfants pourront être reçus par le rectorat ou le vice-rectorat qui leur présentera les modalités de l’instruction à domicile, pour faire leur choix selon leur préférence », a-t-elle tranché.
    Pauline Sauthier

Journal de Saint-Barth N°1413 du 04/03/2021

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