Les poux sont de retour !

Comme chaque année, une recrudescence de ces nuisibles attaque le cuir chevelu des bambins… et pas seulement. Entre les insecticides et les solutions naturelles, les familles luttent contre les poux.

 

Casse-tête pour les parents, les poux sont vecteurs de stress et de démangeaisons insupportables. « Mon fils attrape des poux environ trois fois par an à l’école ou lors d’activités extrascolaire », raconte Charly, père d’Aaron, scolarisé en CM1. « C’est difficile car nous sommes plaisanciers ; nous devons à chaque fois traiter les cabines, les mousses, le linge… Sans accès à une machine à laver, nous subissons. » Seule solution, Charly « achète des sprays pour désinsectiser l’habitat, des lotions en pharmacie pour traiter les cheveux afros d’Aaron, et j’essaie régulièrement des techniques naturelles, comme la mayonnaise maison en cataplasme, l’huile essentielle de lavande sur la nuque… Mais les poux sont résistants. »

La directrice de l’école maternelle de Gustavia Sylvie Pollien en sait quelque chose ; elle voit chaque année les poux réapparaître. « En début d’année, nous informons les parents des risques de transmission et des gestes de prévention : attacher les cheveux des enfants, vérifier leurs têtes chaque jour, laver les draps à 60°, nettoyer le siège auto… Il est aussi judicieux de dépister l’entourage, au risque d’une propagation éclair. » Dès qu’un parent constate la présence de poux chez son enfant, l’alerte doit être donnée immédiatement. « Un tiers d’une classe peut être infecté en même temps par ces parasites. Nous insistons sur la responsabilité des parents. Il faut informer le cadre scolaire dès la détection, afin que l’on puisse traiter rapidement et prévenir les autres familles. Evidemment, les poux ne sont pas une raison d’exclusion, mais nous demandons aux parents de venir chercher leur enfant et le soigner. »

 

Les crânes sains les attirent

Il existe différents types de poux ; ceux des écoles sont les poux de tête. Ces minuscules insectes mesurent jusqu’à trois millimètres, et les femelles peuvent pondre dans la chevelure quatre à dix lentes par jour. Lorsque la lente éclos, une larve sort : la nymphe. Elle va muer trois fois en dix jours, avant de devenir un pou adulte. Les poux ne sont pas vecteurs de maladie ni un signe de malpropreté, au contraire : les crânes sains les attirent. Tout le monde peut en attraper, enfants comme adultes, la transmission étant essentiellement interhumaine.

 

Pas de traitement miracle à en croire Thalie, pharmacienne à Gustavia. « Mais utilisés correctement, les produits peuvent tout de même être efficaces, nous avons de bons retours sur certaines lotions comme le Duo LP Pro. Il est important de laisser agir toute une nuit et renouveler six jours après. » Un traitement coûte autour de 30 ou 35 euros, et l’officine en vend une centaine chaque année. «Il est indispensable de traiter l’entourage s’il est porteur de poux, mais si ce n’est pas le cas, mieux vaut ne pas appliquer de traitement préventif, car ces produits ne sont pas anodins. » Les recettes de grand-mère et soins naturels ont le vent en poupe et attirent de nombreux clients. «Nous vendons des préparations à base d’huile de coco, d’huile essentielle de lavande, de tea-tree et de romarin. L’eau de lavande se révèle aussi efficace. »


 JSB 1360



Journal de Saint-Barth N°1360 du 30/01/2020

L'année chiffrée des élus
Art Week
Nouveaux avions pour Air Antilles