Les médecins libéraux ont recensé 68 cas suspects en six semaines

Difficile, vu le nombre de tests réalisés (trente à cinquante à Saint-Barth depuis le début de l’épidémie, dont six positifs) et l’inconnu des patients asymptomatiques, de savoir à quel degré le coronavirus circule dans l’île. La quinzaine de médecins libéraux tient un tableau de bord du nombre de patients chez qui ils ont suspecté une contamination au Covid-19, sans que le test ne soit effectué puisque les symptômes ne présentaient pas de gravité. Depuis début mars et les premiers cas révélés dans l’île, ils ont décompté 68 cas suspects.

Les médecins de l’île ont reçu, notamment la deuxième quinzaine de mars, de nombreux appels d’habitants se plaignant de symptômes du coronavirus. Indice d’une propagation, mais peut-être aussi d’un effet de peur. A force d’en entendre parler H24, on somatise…

Ce chiffre de 68 cas suspects est bien sûr à prendre avec précaution. Mais il est un indicateur sur la circulation du virus à Saint-Barth. L’essentiel, c’est surtout que l’île n’a pas connu de cas grave de la maladie. Il faut aussi dire que les facteurs de comorbidité (diabète, obésité, hypertension) sont moins répandus sur notre île qu’en Guadeloupe, par exemple ; déjà, chaque hiver lors des épidémies de grippe saisonnière, la mortalité est faible à Saint-Barthélemy par rapport à d’autres territoires.

Un certain nombre de patients se sont aussi fait dépister de la dengue, présente sur l’île, dont certains symptômes sont similaires à ceux du Covid-19, notamment la fièvre, les courbatures, la grosse fatigue. C’est la présence d’une toux sèche qui doit inquiéter quant au virus.

La semaine dernière, les appels se sont raréfiés. Les résidents confinés se déplacent peu et les libéraux voient leurs cabinets désertés. Ils tiennent à rassurer leurs patients, et notamment ceux qui, malgré une maladie chronique nécessitant un suivi, rechignent à se rendre chez leur médecin traitant. Ils rappellent qu’ils portent des équipements de protection, et que toutes les précautions sont prises lors des consultations.

 

Santé Publique France en compte 36 en quinze jours

Santé Publique France a publié vendredi 10 avril le premier bulletin épidémiologique consacré au Covid-19 pour la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barth. L’objectif est d’estimer la circulation du virus sur ces territoires, grâce aux données des hôpitaux et des médecins de ville dits « sentinelles ».

Ces derniers ont recensé le nombre de patients ayant présenté des IRA (infections respiratoires aigues), mais qui n’ont pas fait l’objet de tests de dépistage du Covid-19. Pour ce qui concerne notre île, sur les deux dernières semaines (du 23 mars au 5 avril), trente-six de ces cas suspects ont été comptés.

Ce bulletin précise que l’Institut Pasteur de Guadeloupe a réalisé depuis le début de la crise 1.134 tests de dépistage, mais ne détaille pas ce chiffre île par île. 15,5% de ces tests étaient positifs.