Le Covid ne doit pas faire oublier la dengue

L’Anses alerte sur un dommage collatéral de l’action contre le coronavirus : il a mis à mal la lutte contre la prolifération de la dengue, alors que l’épidémie se renforce dans les Antilles, et que la maladie circule de plus en plus à Saint-Barthélemy.

 

La lutte contre le Covid-19 et notamment les mesures de confinement, ont mis un coup d’arrêt dans les outre-mer à la lutte contre la prolifération de la dengue, tant chez les habitants que de la part des professionnels. Saisie sur la question par la Direction générale de la Santé, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) alerte : il ne faut pas relâcher ses efforts contre la dengue, dans les territoires en phase épidémique (comme la Guadeloupe) ou pré-épidémique (comme Saint-Barthélemy). L’institution recommande de poursuivre la lutte anti-vectorielle (pulvérisations, campagnes de communication, nettoyage des lieux de ponte. « Le confinement instauré le 17 mars dans l’ensemble des territoires français a freiné voire stoppé la mise en œuvre de ces actions. Dans le même temps, l’augmentation des “dépôts sauvages”, due aux opérations de nettoyage des foyers confinés, à la fermeture des déchetteries les premières semaines du confinement et aux perturbations de la collecte des déchets, a également contribué à une multiplication des gîtes larvaires de moustiques », indique l’Anses. « Dans ce contexte, et en pleine période épidémique de dengue, l’arrêt des opérations de lutte anti-vectorielle pourrait avoir des conséquences sanitaires graves : augmentation du nombre de cas de dengue, engorgement des services hospitaliers, survenue possible de cas de co-infections dengue/Covid-19, diminution de la déclaration des cas de dengue… » Elle préconise «la reprise des actions habituellement prévues », tant que ces actions n’impliquent pas des rassemblements de personnes, et que les gestes barrière sont respectés.


Dans son bulletin épidémiologique du 21 mai, Santé Publique France constatait la  recrudescence des cas de dengue à Saint-Barthélemy, et identifiait deux foyers, à Saline et à Grand-Cul-de-Sac.
Durant la semaine du 11 au 17 mai, 35 cas évocateurs de la dengue ont été décomptés par les médecins de l’île. Cela porte le nombre de cas suspectés d’avoir la dengue à 320 depuis décembre, dont 35% sur les deux premières  semaines de mai. Depuis début décembre, 110 de ces cas ont été confirmés par une prise de sang, dont 42 entre le 20 avril et le 17 mai. Depuis début décembre, vingt-deux personnes se sont rendues aux urgences de l’hôpital De Bruyn pour des symptômes liés à la dengue, dont près de la moitié est âgée de moins de 15 ans. La semaine dernière, Nicole Gréaux, vice-présidente en charge de la santé, a fait parvenir aux artisans et chefs d’entreprise un courrier pour leur demander de veiller à ce que leurs chantiers ne participent pas à la prolifération des moustiques.

 

Journal de Saint-Barth N°1377 du 27/05/2020

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