Le Covid-19 immobilise l’île

Un mot d’ordre : “Restez chez vous”. En une semaine, la crise autour du Covid-19 s’est dégradée considérablement. Comme toute la France, la quasi-totalité de l’île est confinée à son domicile jusqu’au 31 mars, au moins.

 

Le confinement, Saint-Barthélemy en a l’habitude, dans des circonstances différentes. Celui-ci devra se maintenir au moins jusqu’au 31 mars. Les rues désertes ou presque pendant quinze jours, les commerces fermés, et les gendarmes qui contrôlent chaque véhicule qu’ils croisent. Pour ceux qui ne seraient pas munis de leur attestation sur l’honneur*, et éventuellement des documents professionnels qui l’accompagnent, l’amende s’élève à 135 euros. Les réunions amicales et familiales sont interdites, ainsi que le sport en groupe. 

 

Beaucoup ont râlé dès lundi, voyant que le BTP, lui ne s’arrêtait pas. Première chose: l’autorisation de poursuivre les chantiers n’est pas propre à Saint-Barthélemy, c’est une décision de l’Etat français, qui laisse à chaque chef d’entreprise la décision. Sur notre île, ce secteur regroupe plus de 20% des actifs. Hier, le Président de la Collectivité a signé un arrêté interdisant les travaux bruyants (brise-roches hydraulique et marteaux piqueurs) durant toute la durée du confinement. Certaines sociétés avaient déjà décidé d’elles-mêmes de stopper l’activité. Même chose pour les quincailleries. Elles sont officiellement autorisées à rester ouvertes, mais elles ont décidé de ne plus accueillir de public, quitte à mettre en place un service pour les urgences, voire une sorte de drive.

Catastrophe pour les restaurateurs, les hôteliers, les commerçants. L’hébergement touristique est autorisé, mais les visiteurs ont fui dans leur immense majorité, même si hier encore, il restait des touristes sur l’île. Ces secteurs représentent 28,5% de l’emploi privé, et les commerces, dont la plupart sont fermés, 20%. Beaucoup de restaurateurs proposent néanmoins des repas à emporter.

La Poste reste ouverte le matin à Gustavia mais ne distribue le courrier qu’un jour sur deux, la Collectivité et la préfecture sont fermées au public, les églises n’accueillent plus les fidèles, les écoles sont vides, le stade est inaccessible…

 

Même traitement qu’en métropole

Après avoir temporisé plusieurs fois les directives nationales la semaine dernière pour les adapter à l’outre-mer, créant une cacophonie autour des mesures de protection contre le Covid-19, les autorités se sont accordées : foyer épidémique ou pas, plus de dérogation pour les Antilles.

La situation en France a réellement basculé vendredi matin, avec une accélération fulgurante du nombre de cas. Aujourd’hui, on constate que l’évolution européenne du Covid-19 se duplique en Guadeloupe et en Martinique. Des cas locaux de contamination se déclarent, dont certains sont graves. Une femme est décédée du Covid-19 en Martinique dimanche, plusieurs patients sont hospitalisés. La progression du virus en Guadeloupe est exponentielle, elle se poursuit en Martinique, les premiers cas ont été déclarés à Saint-Martin.

 

Quant à Saint-Barth, qui aurait dû aujourd’hui admirer la première régate en mer de la Bucket, elle est confinée, immobile. A ce jour, le virus n’est pas en circulation sur l’île. Les seuls cas constatés ont été importés, c’est à dire que les personnes ont été contaminées à l’extérieur.

Néanmoins, Saint-Barthélemy est suspendue aux bulletins quotidiens de l’ARS, espérant que les mesures aient été prises à temps, avant que le virus n’ait pu se propager au sein de la population.

 

(*) Exemplaires à votre disposition en page 7 du journal. Vous pouvez aussi les recopier sur papier libre.


JSB 1367





Journal de Saint-Barth N°1367 du 19/03/2020

Coronavirus et confinement
Conseil territorial