« Le coronavirus ne circule pas sur l’île, mais il faut s’attendre à d’autres cas »

Valérie Denux, directrice générale de l’ARS, est venue vendredi dernier sur notre île. Elle a rencontré les professionnels de santé puis tenu une conférence de presse avec le représentant de la préfecture, Olivier Basset, et le président de la Collectivité, Bruno Magras, sur le coronavirus.


Première chose, le bilan de situation, inchangé depuis bientôt deux semaines puisqu’après les trois premiers cas de Covid-19 révélés à Saint-Barth, aucun autre n’a été découvert. Les Îles du Nord sont toutefois passées en phase 2 du risque épidémique, c’est à dire que maintenant que le virus est apparu sur le territoire, il faut circonscrire au maximum son développement. Pour cela, « il faut rappeler les mesures barrière, qui sont bêtes comme chou mais efficaces », insiste Valérie Denux, directrice générale de l’ARS. Se laver les mains fréquemment, éternuer dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique, cesser les poignées de main et les bises. « Un patient qui a le coronavirus infecte en moyenne trois personnes. En respectant ces gestes, on descend à moins d’une personne.» « Je vois encore des gens s’embrasser, se serrer la main ; il faut que chacun se responsabilise. La lutte contre ce virus, c’est l’affaire de tous», renchérit le représentant de la préfète à Saint-Barthélemy, Olivier Basset. Valérie Denux tient à rassurer : «On peut être proche d’une personne infectée et ne pas être contaminé, la preuve avec l’épouse du premier patient. » En effet, celle-ci a été testée négative au Covid-19. Une bonne nouvelle qui a néanmoins surpris, alors pour plus de sureté, une seconde analyse a été effectuée, négative également.

 

De son côté, la Collectivité a refait son stock de masques de protection, réservés aux personnels soignants, qui sont en contacts très rapprochés avec les patients, et aux malades eux-mêmes. En effet, Valérie Denux a rappelé que le port du masque était vain pour se protéger du virus. La Com a demandé aux écoles de limiter les sorties scolaires, et la préfecture a conseillé aux associations sportives de reporter leurs déplacements. Certaines ont décidé d’elles-mêmes de suspendre les entraînements, comme le jujitsu ou le judo. La Com a vidé et réservé le centre d’hébergement de Saint-Jean, au cas où il faudrait isoler des patients n’ayant pas la possibilité de se confiner, notamment des touristes. Des consignes particulières de prudence ont été dispensées à l’Ehpad Louis-Vialenc, les personnes âgées étant les plus fragiles.

La semaine dernière, le gouvernement a indiqué que le passage de la France au stade 3 de l’épidémie était inexorable. Cette phase implique que les cas les plus légers seront confinés à leurs domiciles, pour ne pas inonder les personnels de santé ; et que des mesures de restrictions plus drastiques, comme la fermeture d’écoles, pourront être décidées. C’est déjà le cas dans les régions les plus touchées, en Alsace, dans l’Oise ou encore en Corse. Cependant si le gouvernement enclenche la phase 3, les Antilles ne suivront pas forcément, vu la distance. Les ARS de Guadeloupe, Martinique et Guyane prendront leurs décisions individuellement, avec les préfectures, selon le développement du coronavirus au niveau régional.

 

« A ce jour, à ma connaissance, le virus n’est pas en circulation sur les îles du Nord », assure Valérie Denux. « Mais il faut être réaliste ; au vu du développement du Covid-19 dans le monde, il faut s’attendre à de nouveaux cas, probablement importés. » La prudence reste donc de mise : les autorités n’ont pas hésité à refouler un paquebot de croisière sur lequel deux personnes présentaient des symptômes grippaux, dimanche (lire par ci-contre).

La non-propagation du virus à partir des premiers cas détectés à Saint-Barthélemy est rassurante. D’ailleurs, l’ARS Guadeloupe a cessé ses points d’information quotidiens sur le Covid-19. Toutefois le coronavirus progresse partout dans le monde, et dans les Antilles, avec un nouveau cas détecté en Martinique mardi, et cinq en République Dominicaine. Les gestes préventifs doivent donc continuer de s’appliquer, à Saint-Barthélemy comme ailleurs.

 

____________________________________________________

Le patient confiné à Saint-Barth « a eu le bon réflexe »

Valérie Denux a tenu à saluer vendredi le comportement du quadragénaire confiné chez lui à Saint-Barthélemy. Il a suivi la procédure après avoir ressenti les premiers symptômes du coronavirus, c’est à dire appeler le 15 plutôt que de se déplacer au risque de contaminer d’autres personnes. C’est également lui qui a prévenu les autorités de la possibilité que ses parents soient infectés, ce qui a permis de les stopper avant qu’ils n’entrent dans l’avion, à Sint-Maarten.

Toujours à l’hôpital, les parents vont bien et sont asymptomatiques. L’un des deux a été testé négatif hier, l’autre est toujours contaminé. « Ils ont du mal à accepter la situation d’être confinés dans une chambre alors qu’ils ne se sentent pas malades, et on peut les comprendre », commente Valérie Denux. Quand ils ont quitté l’Oise, où ils ont probablement été contaminés, le département n’était pas encore considéré comme une zone à risque. Le patient de Saint-Barth est suivi quotidiennement au niveau médical, son état s’améliore bien qu’il ait été de nouveau testé positif hier. La Collectivité lui apporte chaque jour ce dont il a besoin. «J’espère que les autres patients auront le même comportement », félicite Valérie Denux.

Il faudra que les analyses reviennent négatives deux fois de suite pour que leur confinement soit levé.

La semaine dernière, la rumeur courait à Saint-Martin, racontant que les deux parents s’étaient enfuis de l’hôpital Louis-Constant-Fleming. Rumeur évidemment infondée.


 

JSB 1366