Le contrôle vaccinal calqué sur la « méthode nationale »

Le début des contrôles a été fixé au 15 septembre, puis annoncé pour le lundi 20. En réalité, ils débutent à peine et le processus va certainement prendre du temps. Néanmoins, il va être méticuleusement appliqué par l’Agence régionale de santé (ARS), qui entend vérifier que chaque professionnel de santé de Saint-Barthélemy se plie à l’obligation vaccinale contre le virus du Covid-19.
Pour ce faire, la directrice de l’ARS, Valérie Denux, explique que c’est tout simplement « la méthode nationale » qui va être mise en application sur l’île. « Nous allons déjà vérifier que tous les directeurs d’établissements sont vaccinés, indique-t-elle. Une vérification qui vaut aussi pour les officines de santé comme les pharmacies. Ensuite, les directeurs auront la tâche de demander des justificatifs de vaccinations à leurs agents. L’ARS procèdera aux derniers contrôles. » Pour les salariés des établissements publics ou privés, la démarche est donc relativement simple. En revanche, qu’en est-il pour les praticiens libéraux?

Des courriers et des sanctions
Pour cette catégorie de professionnels, c’est l’ARS qui s’occupe directement d’effectuer les contrôles. En partenariat immédiat avec l’assurance maladie. « C’est elle qui nous transmet les fichiers du schéma vaccinal, précise Valérie Denux. A ce stade, nous leur demandons (aux praticiens, ndlr) s’ils ont débuté leur schéma vaccinal. Si ce n’est pas le cas, on va leur écrire pour savoir s’il s’agit d’une erreur dans le traitement de leur dossier, ce qui est possible. On va alors leur demander de nous fournir des documents, notamment pour justifier d’un rétablissement du Covid ou encore pour certifier d’une contre-indication permanente au vaccin. »
Les vérifications effectuées, deux cas de figure sont alors possibles : le processus de vaccination est bon ou il ne l’est pas. « Dans ce cas, souligne la directrice de l’ARS, on écrira à la personne concernée pour qu’elle suspende son activité jusqu’à régularisation. Trente jours plus tard, nous procéderons à une autre vérification. Si la situation n’a pas évolué, nous aurons la possibilité d’appliquer une suspension. »

« Il faut respecter la loi »
Une éventualité extrême qui pourrait donc se concrétiser très prochainement. Si de telles décisions sont prises, Valérie Denux affirme que «des solutions alternatives seront trouvées pour assurer une continuité des soins auprès des patients ». Elle évoque l’exemple de la fermeture d’un cabinet de médecin ou la suspension d’une infirmière libérale et avance : «Nous pourrons notamment orienter les patients vers des consultations à l’hôpital. On travaillera pour offrir la meilleure prise en charge possible à la population. »
Toutefois, la directrice de l’Agence régionale de santé affiche sa sérénité. « Les taux de vaccination au sein de l’hôpital et de l’Ehpad sont de 85% et 92%, précise-t-elle. Par conséquent, les non vaccinés sont à la marge. » Quant aux discours de « résistance » martelés par celles et ceux qui refusent de se soumettre à l’obligation vaccinale, elle confie en être « complètement atterrée ». Elle lance : « La vaccination est un moyen supplémentaire de protection pour les soignants et les patients. On peut évidemment manifester ses opinions mais il faut remettre les choses à leur place : c’est la loi et il faut la respecter. Pourquoi ne le serait-elle pas à Saint-Barth ? »
Pour les professionnels les plus réfractaires à l’obligation vaccinale, il semble que se profile un long bras de fer avec l’Etat.
  

Journal de Saint-Barth N°1439 du 23/09/2021

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