Conférence de presse préfecture de Saint-Martin ARS 19 août 2020.

La préfecture sous pression pour rouvrir la frontière à Saint-Martin

A Saint-Martin, de plus en plus de voix s’élèvent pour que la frontière entre parties française et hollandaise rouvre. La préfecture des Îles du Nord répond et maintient sa ligne.

 

Fermée jusqu’au 15 septembre, sauf motif impérieux. La préfète Sylvie Feucher maintient les contrôles aux frontières, malgré les appels de différents acteurs du territoire à revoir sa position. Elle s’en est expliquée dans un communiqué de presse cosigné avec l’ARS Guadeloupe Saint-Martin Saint-Barth : « L’inflation des cas de Covid depuis près de deux mois (153 cas actifs à la date du 4 septembre) impacte considérablement le centre hospitalier Louis-Constant-Fleming et l’activité du personnel soignant. 15 patients porteurs du virus sont hospitalisés. En trois semaines, trois patients supplémentaires sont décédés du Covid-19, portant le nombre total à sept depuis le 1er mars. Une partie significative des lits de réanimation en Guadeloupe est occupée par des personnes originaires de Saint-Martin », écrivent les deux institutions.
Elle ajoutent que le personnel de l’hôpital de Saint-Martin est sous tension, notamment pour toute son activité hors Covid, d’autant que onze soignants ont été contaminés (quatre sont en quarantaine aujourd’hui). Pour la préfecture et l’ARS, la priorité est de protéger les habitants en limitant les mouvements de population.

Ce communiqué fait suite à une tribune signée par quinze médecins (dont Jean-François Bartoli, radiologue établi à Saint-Barth, ou encore Yves Journo, cardiologue qui intervient à l’hôpital De Bruyn), qui alertaient la préfète sur le risque de maintenir la frontière fermée et s’agaçaient d’un manque de concertation. Tribune qui par ailleurs contenait des inexactitudes que la préfecture et l’ARS n’ont pas manqué de souligner.

Avant eux Daniel Gibbs, président de la Collectivité saint-martinoise, avait aussi fait plusieurs propositions pour la réouverture de la frontière, évoquant la souffrance des entreprises du tourisme, la difficulté des enfants de la partie hollandaise qui sont scolarisés côté français, etc. Il a indiqué qu’il comptait demander à l’Etat une dérogation afin de pouvoir accueillir des citoyens Américains sur son territoire (actuellement les Etatsuniens n’ont pas le droit d’entrer dans l’espace Schengen, dont Saint-Barth ne fait pas partie). Hier, il a obtenu gain de cause par rapport aux enfants de Sint-Maarten scolarisés à Saint-Martin : ils bénéficieront d’un traitement à part pour faciliter les choses aux familles.

Quelques jours plus tôt les CCI (chambres de commerce et d’industrie) de Saint-Martin et Sint-Maarten avaient également interpellé les autorités françaises sur l’impact économique de la fermeture de cette frontière, qui avant le Covid avait toujours été plus théorique qu’autre chose.

Journal de Saint-Barth N°1388 du 09/09/2020

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