Hôpitaux sous tutelle : « Absolument rien ne change pour les patients, ni pour le personnel »

Deux administrateurs nommés par l’ARS prennent la tête du groupement hospitalier des îles du Nord pour six mois. Ils devront établir un diagnostic précis des problèmes des deux établissements et proposer des solutions. Valérie Denux, directrice générale de l’ARS Guadeloupe Saint-Martin Saint-Barth, rassure : rien ne change pour les patients ni pour le personnel.


Vous avez annoncé la mise sous tutelle des hôpitaux de Saint-Martin et Saint-Barthélemy à compter du 8 avril. En quoi cela consiste ?
Nous parlons d’une mise sous administration provisoire, plutôt que d’une mise sous tutelle. Cela signifie que l’établissement ne remplit pas certains critères. On demande alors à ce que les dirigeants en place cessent leur activité au profit d’administratifs nommés, dans notre cas pour une durée de six mois. Ce sont des personnes qualifiées qui sont par ailleurs dirigeants d’hôpitaux, et vont venir travailler sur les dysfonctionnements, notamment financiers, mais aussi sur la sécurité sanitaire, le respect des procédures, l’amélioration des performances… C’est l’hôpital de Saint-Martin qui est surtout concerné, mais celui de Saint-Barthélemy aussi.

Quel est le problème ?
Principalement financier. On a un déficit de l’ordre de 6 millions d’euros pour l’établissement de Saint-Martin. Cette année, on a injecté 2 millions d’euros, ce qui n’est pas rien. On a aussi soutenu l’hôpital de Saint-Barthélemy, dont le déficit se creuse à 600.000 euros. Ce sont des déficits de cumul, mais la trajectoire n’est pas la bonne. D’où l’intérêt de nommer des gens qui n’ont pas les mains dans le cambouis, capables de prendre de la hauteur sur la situation.

C’est aussi l’occasion de mettre en place le GHT (groupement hospitalier territorial), qui a été entériné en 2016 mais ne s’est pas vraiment concrétisé depuis.


Qu’est-ce que le GHT, regroupement des deux hôpitaux des îles du Nord, doit apporter ?
Sa vocation première est de fixer des parcours de santé pour les patients. Pour telle pathologie, on établit une prise en charge à Saint-Barth jusqu’à un certain point, puis un transfert vers Saint-Martin ou la Guadeloupe… Il faut faire les choses de la manière la plus cadrée possible, que l’on sache immédiatement à qui adresser le patient. La mise en place du GHT doit améliorer le suivi des patients, ainsi que la performance des établissements puisqu’il permet certaines mutualisations. Il faut que les hôpitaux se parlent.

Les difficultés financières des hôpitaux De Bruyn et Louis-Constant-Fleming sont-elles récentes ? A quoi sont-elles dues ?
Elles ne datent pas d’hier, elles ont une dizaine d’années. Il y a eu des études, des rapports, des audits… Des choses ont été faites, mais cela n’a pas été suffisant. On a des éléments de diagnostic, mais on demande aux administrateurs d’établir le leur de l’intérieur. Le regard est différent selon que l’on vient quinze jours pour une étude ou au quotidien pendant six mois.


Les deux directeurs du groupement hospitalier ont été écartés par l’ARS. Est-ce une sanction ?
Non, ils héritent d’une situation, et il y a eu Irma… Ils avaient la tête dans le guidon. Ils ont bien compris ma décision, nous en avons parlé, tous deux envisageaient de toute façon de changer de poste dans les mois qui viennent.


Placer un hôpital sous administration provisoire, est-ce une décision fréquente ?
Oui, relativement fréquente. La Guyane finit son administration provisoire au mois d’avril. Il y en a de temps à autres en métropole. C’est un temps de pause dans la gouvernance. On fait fonctionner la base, et on prend du recul.


Existe-t-il déjà des pistes pour remettre les hôpitaux des îles du Nord sur les rails ?
Il y en a plusieurs : l’optimisation des blocs, la gouvernance commune du Smur… Cette dernière a permis d’obtenir 500.000 euros pour le Smur de Saint-Barth. Les équipes de territoire pourront mener des gardes ensemble. Ce sera aussi important sur les Evasan, on est en train de travailler sur le marché. Ça ne veut pas dire que dans six mois, tout sera réglé. Mais d’ici deux ou trois ans, on devrait constater les premiers changements.


Est-ce que quelque chose change pour le personnel et pour les patients ?
Absolument rien ne change pour les patients, et rien non plus pour le personnel, en terme d’emploi. Il y aura peut-être des réorganisations d’ici deux ou trois ans, mais bien sûr dans un but d’amélioration.


Vous avez annoncé fin mars la mise en place du Pôle Médico Social des îles du Nord. De quoi s’agit-il ?
Les services médico-sociaux doivent être améliorés sur les deux territoires. L’Ehpad de Saint-Martin doit être reconstruit. A Saint-Barthélemy, l’Ehpad fonctionne bien, mais nous aurons une réflexion sur les besoins pour l’avenir, que ce soit pour l’établissement ou en matière de soins à domicile. Nous manquons de prise en charge des personnes handicapées, c’est ce à quoi devra répondre l’IME (institut médico-éducatif, ndlr), qui comportera une antenne à Saint-Barthélemy. L’île n’est pas oubliée.


JSB 1322

















Journal de Saint-Barth N°1322 du 04/04/2019

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